INFLUENCE DE LA CHALEUR SUR LE MAGNBT
dans ses premières observations, pour déterminer la force magnétique des différents points d'un barreau aimanté. Il a vu qu'elle faisait, n'étant sollicitée que par le magnétisme terrestre, 5o oscillations en a68f'. Un tableau renferme l'ensemble des oscillations. Ce même barreau, ayant été chauffé jusqu'à 8o° et remis dans l'appareil après le refroidissement, la force avait diminué considérablement.
Ces observations font voir que la perte du magnétisme occasionée par la chaleur n'est pas uniforme dans toute la longueur du barreau, mais qu'elle est plus considérable vers l'extrémité que sur le milieu.
Nous avons déjà vu, à la fin de la dernière période , toutes les tentatives qu'on avait faites pour former des aimants artificiels doués d'une grande énergie , mais les résultats obtenus par les anciens physiciens ne sont rien en comparaison de ceux qui ont été trouvés dans ces derniers temps. Le procédé consiste à enrouler autour d'une lame de fer recourbée en fer à cheval un fil de métal recouvert de soie, dans lequel on fait passer un courant électrique provenant d'un couple voltaïque d'une dimension ordinaire; le fer à cheval acquiert alors une aimantation assez forte. Cette aimantation devient énergique et capable de porter des masses de fer pesant jusqu'à deux mille livres quand on augmente les dimensions du disque et celles du fer à cheval.
Il paraît que ces appareils, auxquels on a donné le nom d'aimants électro-dynamiques, ont été construits pour la première fois en 1 828, par M. Watkins, artiste anglais, sur l'invitation de M. Lardner, professeur à l'Université de Londres. Plus tard, M. Moll à Bruxelles, les professeurs Webster et Hare, MM. Henry et Ten Eyck aux Etats-Unis, se sont occupés aussi de cette question.
M. Moll ( 1 ) a répété à l'Institut des Pays-Bas une expérience de ce genre qui avait été faite d'abord par M. Stur-
(1) .\nnal. de Ch. et de Phys., t. l, p. 3a 4.
3e PÉRIODE, CHAPITRE SECOWD. 3y7
geon de Woolwich. Il avait pris un baquet de cuivré rouge, dans lequel plongeait une plaque de zinc. Lés fils conducteurs qui partaient du cuivre et du zinc étaient de cuivre rouge et plongeaient dans de petits vases de bois remplis de mercure bien pur. 11 avait fait préparer d'avance un morceau de fer doux anglais, ayant la forme d'un fer à cheval , aux pôles duquel était adapté un contre-poids. Autour de ce fer était enroulé en hélice un fil de cuivre rouge. Les deux extrémités du fil qui l'entourait furent mises dans les petits vases où pion* geaient aussi les deux fils conducteurs de l'électricité voltaïque. Au moment du contact , l'aimant artificiel fut capable de porter vingt-cinq kilogrammes , et, avec des précautions on parvint à lui en faire porter trente-huit. Cet état magnétique cessa dès l'instant que le courant ne circula plus. Il a reconnu que l'aimant porte le plus au moment où l'on établit le contact des fils conducteurs avec l'élément voltaïque. Si l'on augmente successivement la charge et qu'elle tombe, la charge suivante ne peut jamais revenir aussi grande. M. Moll, d'après le conseil de M. Vanbeck, fit construire un fer à cheval en cuivre, exactement semblable au fer employé, mais il ne parvint pas à lui communiquer de la force.
Un barreau d'acier courbé en fer à cheval, et aimanté d'avance, fut soumis à son tour à l'action des courants électriques, mais sans aucun résultat. Cet aimant ne porta jamais que cinq livres pendant l'expérience et après, comme il l'avait fait d'abord.
M. Quetelet (i) s'est livré à des recherches sur les degrés successifs de force magnétique qn'une aiguille d'acier reçoit pendant les frictions multiples qui servent à l'aimanter. Il s'est attaché particulièrement à découvrir ce qui se passe dans la distribution des forces magnétiques pendant l'aimantation, après un nombre donné de frictions. Ce travail lui a présenté des difficultés nom*
(1) Annal, de Ch. et de Phys. , t. lui, p. 24$.
878 AIMAHTÀTIOU D'UlfB AIGUILLÉ I^ACIER.
breuses, attendu qu'il est très-difficile d'eîiiployer des frictions toujours parfaitement semblables. Il à employé à cet effet la méthode d'aimantation connue sotte le nom de contact séparé. Il a mesuré ensuite la force de l'aiguille après chaque friction, en comptant la durée de 100 oscillations horizontales avec deux chronomètres. Ces expériences ont été faites dans un lieu où la température était à peu près constante. Il a dohné successivement à l'aiguille jusqu'à 3o doubles frictions, et à chacune d'elles il a déterminé la force que l'aiguille avait acquise.
Il a représenté la loi des accroissements de l'intensité magnétique au moyen d'une formule dont il a modifié la forme de l'exposant. Je ne puis entrer ici dans l'examen de cette formule et des observations qu'il à faites pour eu déterminer numériquement les éléments. Je me bornerai à rapporter les principaux résultats auxquels il est parvenu :
i° Quand on aimante à saturation, par la méthode du contact séparé , une aiguille ou un barreau qui n'avait point encore reçu l'aimantation, la force magnétique acquise est un maximum par rapport aux fortes qu'où pourrait donner à cette même aiguille ou à ce même barreau par des renversements subséquents des pôles.
20 La force magnétique que peut acquérir l'aiguille devient de plus en plus faible à mesure que les renversements de pôles se multiplient.
Les séries de frictions qui tendent à ramener les pôles dans leur état primitif sont plus efficaces que les autres.
3° dette différence entre les forces qu'acquiert l'aiguille, après le renversement successif des pôles * va continuellement en s'affaiblissant , et converge ver9 une limite.
Elle dépend en général de la grandeur de l'aiguille par rapport à celle des barreaux glissants, ainsi que de la force de coercion.
4e On ne donne point à une aiguille toute la fùfC* magnétique qu'elle peut acquérir, si les frictions n'ont
3* H&lODË, CÎÎÀPlTflfl filEdONlit * 3^
pas lieu sur toute là surface; ceci devient surtout Sénat- Lie dans le renversement des pôles.
5° Les barreaux glissants donnent j toutes choses égales, aux barreaux de même dimension qu'eux; une fbffcè magnétique égale à celle qu'ils possèdent, et dans léfe barreaux de dimension différente, lès forces acquises sont comme les cubes des dimensions homologues.
La dernière partie de cet énoncé est établie dépHià long-temps par les expériences de Coulôttib;
6° Quand on frictionne des barreaux aimantés avec d'autres barreaux plus faibles qu'eux j la force des premiers diminue au lieu d'augmenter, et il paraît que la force deviendrait celle que ces derniers barreaux seraient susceptibles de donner aux premiers par l'aimantation directe.
7° La relation qui existe entre les forces que reçoit une aiguille ou un barreau par des frictions successive^, et le nombre de ces frictions, petit être exprimée paît» une formule exponentielle contenant trois constantes.
Une seule de ces trois constantes paraît changer de valeur avec la grandeur des barreaux qu'on ainiàhte, dû moins tant que ces barreaux conservent une grandeur qui n'excède pas celle des barreaux glissants, et qu'ils sont de même qualité d'acier.
Ainsi l'on connaît d'avance les degrés successifs dé force que va prendre un barreau à chaque friction, si l'on a déterminé préalablement la loi de ces àccroifcsfr* ments, pour les mêmes barreaux glissants, et pour uff autre barreau quelconque qui doit servir de module. Si le barreau qu'on frictionne avait un commencement d'ai« mantation, il faudrait calculer d'abord le nombre de frictions auxquelles correspond cette force, afin de pàii* voir assigner le rang des frictions subséquentes et ht grandeur des forces magnétiques correspondantes. *•
8° Quand les barreaux glissants sont plus gratitb fjtië le barreau qu'on aimante, dès la première friction complète , la force du magnétisme est à très-peu près moitié