INFL. DU MAGNÉT. SUR LES ACTIONS CH1M
M. Ampère tout récemment a avancé que les effets chimiques que l'on a attribués, dans quelques cas, à Tac* tion des aimants, pourraient bien provenir des courants que ces mêmes aimants développent par influence. Il a fait l'application de son principe à la décomposition de l'eau que Fresnel avait cru un instant avoir produite avec des aimants. Il dit que les courants par induction étant instantanés, ne peuvent produire de décompositions; mais les variations d'intensité du magnétisme des barreaux, qui ont lieu en raison des changements continuels de température, peuvent produire un effet semblable à celui que l'on obtient quand l'on approche et que l'on éloigne successivement un aimant des fils de métal Voilà comment il explique la continuité du courant et celle de l'action chimique qu'il produit.
JVforichini avait annoncé que la portion violette du spectre était capable d'aimanter une aiguille d'acier; mais jusqu'ici les expériences que l'on a faites pour constater ce fait ont été souvent contradictoires. Le procédé employé par le physicien italien consiste à prendre une aiguille à coudre sans magnétisme, dont on enveloppe une moitié avec du papier, et à exposer ensuite la portion découverte aux rayons violets; l'aiguille acquiert le magnétisme.
Mne Sommerville ( i) en 1 826 , en présence de Wollaston, répéta l'expérience avec succès. M. Zantédeschi(a) obtint les mêmes résultats.
M. Christie (3) admit aussi que les rayons solaires possèdent la propriété magnétique, après qu'il eut fait osciller des aiguilles aimantées à l'ombre, au soleil ou dans des rayons colorés; mais on ne voit pas que ce physicien ait tenu compte des effets produits par les différences de température.
(0 Annal, de Ch. et de Phys., t. xxxi, p. 393.
(1) Bibl. univ., t. xii, p. 64.
(3) Idem, t. xxxiv, p. 191 et t. xli, p. 5a.
3e PÉRIODE, CHAPITRE SECOND.
M. Bai
vienne, a anno
; la lu-
mière blanche directe du soleil peut aimanter l'acier, quand l'aiguille qui est soumise à son action présente des places alternativement brillantes et oxidées.
D'autres physiciens n'ont obtenu aucun résultat. Je citerai particulièrement MM. Ries et Moser (2), qui ont trouvé qu'en prenant toutes les précautions possibles pour se garantir de l'action du globe, on ne pouvait jamais parvenir à aimanter une aiguille d'acier.
M. Barlocci (3) annonça également que l'on pouvait faire naître des contractions dans la grenouille en mettant en contact deux disques, dont l'un , communiquant avec les muscles de l'animal, était placé dans les rayons rouges, et l'autre, placé sur les nerfs, se trouvait dans les rayons violets. Mais il est probable que l'observateur n'a pas tenu compte, dans cette expérience, des impuretés qui se trouvent sur les surfaces des métaux, et qui sont suffisantes, comme nous l'avons vu, pour exciter la grenouille. S'il se fût mis en garde contre cette cause (Terreur, il aurait été conduit à une autre conséquence que celle qu'il a tirée de ses expériences.
Je ne dois pas oublier de parler d'un phénomène singulier qui a été découvert, il y a quelques années, par M. I.ebaillif (4), et qu'on n'a pas encore pu expliquer. On suppose qu'il a une origine électro-magnétique. Ce phénomène est l'action répulsive qu'éprouvent les pôles d'une aiguille aimantée, délicatement suspendue, de la part de petits morceaux d'antimoine et de bismuth qui en sont placés à peu de distance.
M. Auguste Delarive a avancé l'idée que cette répulsion pourrait bien être due au développement des courants par influence produits dans ces deux métaux par le magnétisme de l'aiguille aimantée, d'où résulterait
) Annal, de Ch. et de Phjs.
il Idem , t. stu , p. 3o4.
ij Bibl. Univ., t. sin, p. 11.