‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 4)Chapitre 54 sur 119 · TAT DU GL^*E A ** FORMATION · texte numérisé non relu

TAT DU GL^*E A ** FORMATION

diverses formations dont se compose la croûte du globe, même dans les terrains les plus modernes, auxquels on a donné le nom de diluviens. L'exposé que nous venons de présenter montre que la nature n'a pas toujours agi avec violence, et qu'elle a procédé avec lenteur toutes les fois que la surface du globe n'a pas été bouleversée par des commotions intérieures.

Quelle est la nature des forces qui ont produit ces actions lentes, auxquelles nous devons un si grand nombre de corps? est-elle purement chimique ou électro-chimique ? c'est là une des grandes questions géologiques dont on doit essayer de chercher la solution; nous n'adoptons aucune idée systématique sur la cause première de la formation des corps, puisque nous nous demandons quelle est la nature des forces qui ont présidé à leur constitution. La discussion des faits jettera quelque jour sur ce sujet important.

Les dépôts dont se compose l'enveloppe superficielle dcnotre globe ne sont pas toujours formés des mêmes substances, et ne renferment pas constamment des débris de corps organisés de même espèce. La première conséquence que Ion peut tirer de ces faits fondamentaux, est, qu'aux différentes époques de leur formation, letat de la surface du globe et la constitution de l'atmosphère n'étaient pas semblables: l'un et l'autre ont changé successivement. Cette observation est importante à noter, si l'on vent chercher à expliquer les altérations qu'ont éprouvées entre chaque révolution les substances qui étaient déjà déposées dans les filons, ou dans d'autres localités. Peut-être en reprenant la question d'une manière inverse, sera-t-il possible un jour de remonter de ces altérations, quand elles auront été bien constatées, aux causes qui les ont produites, c'est-à-dire à l'état de l'atmosphère et de la surface du globe aux diverses époques où elles ont eu lieu. Ces recherches que nous nous bornons à indiquer rentrent dans le domaine de l'électro-chimie, et quoiqu'elles présentent de grands

difficultés , on ne doit pas désespérer cependant de le» voir infructueuses.

D'un autre côté, les eaux ne se sont pas toujours retirées lentement, comme la formation des terrains tle sédiment semble l'indiquer, car les cataclysmes qui ont amené le soulèvement des montagnes, ont dû déplacer les mers et les rejeter dans de nouveaux bassins.

La présence, dans les glaces du Nord, des cadavres de grands quadrupèdes dont l'espèce n'existe plus, et qui ont été préservés de toute putréfaction depuis un nombre considérable de siècles, est une des preuves que l'on peut donner du déplacement des eaux sur la surface du globe.

Cette même surface, avons- nous dit, à différentes époques a été recouverte d'une riche végétation, qui a dû former un humus, dont, en effet, on retrouve encore des traces dans le petit nombre de localités où il n'a pas été détruit par des révolutions subséquentes.

D'un autre côté, l'eau de la mer se trouvant en contact avec un grand nombre de substances, qui étaient exposées avant à l'influence d'une atmosphère dont nous ne connaissons pas la composition, a dû réagir sur elles et donner naissance à de nouveaux produits.

Tout nous prouve que les masses qui forment les plus hautes montagnes ont été primitivement dans un état liquide ou gazeux, attendu que Ton trouve partout des traces de cristallisation qui ne se rencontrent qire dans les substances qui ont été dissoutes par la chaleur ou par un liquide. Il est possible cependant d'obtenir des composés cristallisés, sans que leurs éléments aient été à l'état liquide ou gazeux , comme nous avons déjà eu l'occasion de le voir.

On dit avec raison que la nature n'agit plus maintenant comme elle agissait jadis ; mais aussi les circonstances ne sont plus les mêmes : la température était beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est aujourd'hui; l'atmosphère renfermait très-probablement alors des éléments gazeux qui n'y sont plus maintenant; il se trouvait aussi dans ks

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