CHAPITRE QUATRIÈME. (fit
tourmente qui a produit les granités, les gneiss et les schistes, et a soulevé les grandes chaînes de montagnes. Quand je dis un état de repos, je ne prétends pas que la nature inorganique soit inerte; elle agit, mais d'une manière lente et successive, dépendante d'une température moins élevée que celle qui régnait autour du globe dans les premiers âges du monde et de plusieurs causes que je ne puis mentionner ici.
Je commencerai par exposer les terrains postdiluviens, qui se présentent à nous quand nous voulons pénétrer dans la terre.
§ Ier. Terrains d'allusion et d * alterrissement.
Les terrains les plus nouveaux sont des dépôts ou des alluvions, qui se forment encore de nos jours à la surface du globe et qui contiennent des débris de végétaux et d animaux actuellement existants et à peine altérés, ainsi que des restes d'ustensiles à l'usage de l'homme. On trouve dans cette formation : de l'humus ou terre végétale, des tourbes herbacées et ligneuses; des alluvions limoneuses, marneuses ou sablonneuses, desquelles s'exhalent souvent des émanations putrides; des alluvions caillouteuses que l'on rencontre dans les vallées et sur les bords des cours d'eau; des concrétions cal' caires, qui comprennent les stalactites, les pisolithes, les travertins modernes. Les formations siliceuses de cette époque sont rares. Elles proviennent eu général des vapeurs d'eau sortant des cratères ou de jets d'eau bouillante, comme en Islande, recouvrant tout le terrain qui borde l'ouverture d'où ils s'échappent, d'une couche étendue et épaisse de silex concrétionné.
On a découvert dans les anciens conduits des sources du Mont d'Or, des rognons tuberculeux qui ont beaucoup d'analogie avec les silex.
M. Berthier (i) a trouvé qu'ils étaient formés de
(i) Annal, des Mines, 1822.
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silice, d'oxide de fer, de carbonates de soude et de chaux.
§ II. Des eaux minérales et des corps combustibles.
Les eaux minérales apportent de l'intérieur sur la surface, des sels et des acides dont elles se chargent en traversant diverses roches et qu'elles retiennent en dis* solution ou abandonnent suivant leur solubilité. .
Le sel marin se trouve en dissolution non-seulement dans les eaux de la mer, mais encore dans celles d'un grand nombre de lacs. On a remarqué que ceux-ci se trouvent en général à peu de distance des terrains àalifères, qui probablement leur fournissent le sel contenu dans leurs eaux; elles renferment aufesi souvent du sulfate de soude. Le carbonate de soude et le borax existent dans les eaux; de certains lacs. L'alun sefïleurit à la surface ou dans les fissures de certaines roches aluminêuses. Le nitrate de soucie se trouve, au Pérou dans le district d'Atacama, en couches minces près de la surface du sol et recouvert d'alluvions modernes. Les nitrates de potasse,' de chaux et de magnésie, existent dans des lacs ainsi que dans les plaines sableuses de Hongrie, de l'Ukraine, de la Podolie, du littoral de la mer Caspienne, de la Perse, de l'Egypte, etc., dans les puits creusés dans ces terrains ainsi que dans les grandes villes. Les puits de Stockholm contiennent une grande quantité de nitre. Le nitrate de potasse se forme sur les vieux murs, les murailles des écuries et des cours, etc., etc. Le sulfate de magnésie se rencontre en efïlorescences sur certaines roches calcaires ou certains schistes pyriteux, et les sulfates de cuivre et de fer dans les galeries où l'on exploite des pyrites de cuivre et de fer. Enfin le sulfate et le carbonate de chaux sont dissous par les eaux qui renferment de l'acide carbonique, puis déposés ensuite sur le sol, quand elles ont perdu cet acide.
L'acide sulfureux se trouve dans les terrains volcaniques; l'acide hydrosulfurique est un des gaz qui se dé-