DES DIVERSES FORMATIONS DONT SE COMPOSE LA
CROUTE DU GLOBE.
Après avoir rapporté les conjectures les plus probables sur la formation de notre planète et les causes qui ont donne h sa surface sa configuration actuelle; après avoir exposé aussi l'état de nos connaissances sur les phénomènes volcaniques et la distribution de la chaleur dans la terre et dans l'atmosphère, il s'agit de pénétrer de nouveau dans l'intérieur de son enveloppe, pour connaître la nature des diverses parties dont elle se compose, afin de rattacher, s'il est possible, les phénomènes anciens à ceux qui se passent de nos jours; il est nécessaire pour cela de préciser les faits plus que je ne l'ai fait précédemment. Néanmoins je n'ai nullement l'intention de décrire géologiquement toutes les formations et de faire ressortir toutes les différences qui existent entre elles, de manière à donner une description géologique complète. Je me bornerai à exposer les principales formations groupées dans un ordre méthodique, en m'attachant particulièrement aux faits qui peuvent nous éclairer sur les causes de leur production. Ainsi je m'abstiendrai de décrire les grandes commotions purement physiques. L'observateur qui se rend compte de la formation , de la constitution et delà nature de tous les terrains, reconnaît sur-le-champ que Ton peut les partager en deux classes relativement à la dernière révolution du globe : terrains antidiluviens, terrains postdikmetts.
46o DES DIVERSES FORMATIONS DU GLOBE.
Les premiers Se divisent en terrains de transport d'alluvions ou terrains meubles , et les autres en terrains tertiaires, secondaires, intermédiaires ou de transition, primitifs et volcaniques. Il reconnaît encore que les formations calcaires des terrains tertiaires, secondaires et de transition, reposent ordinairement sur des grès : c'est un caractère distiuctif des roches formées par dépôt ou sédiment, qu'il est important de noter, parce qu'il annonce que les parties les plus grossières dans chaque formation se sont précipitées les premières.
Les formations diverses qui composent ces terrains se partagent encore en deux grandes classes, en terrains stratifiés ou à couches, dont la structure, compacte ou grossière, annonce des dépots qui se sont opérés lentement ou avec violence , et en terrains qui, ne présentant aucune stratification, sont le résultat dune cristallisation aqueuse ou ignée. Ceux-ci sont souvent épanchés à la surface des premiers, par l'effet d'un soulèvement qui a déterminé la rupture de quelques points par lesquels la matière s'est fait jour.
Je ferai encore remarquer que, depuis les temps historiques les plus reculés, on n'a aucun exemple de grands phénomènes géologiques, tels que des soulèvements de chaînes de montagnes, des formations de masses étendues de granité, de calcaire saccharoïde, de calcaire compacte, quoique cependant on ait des exemples de formations de calcaire plus ou moins semblable à ce dernier dans l'Océan Pacifique. Les formations de ce genre n'ont eu lieu qu'en petit et sont en général le résultat* de forces agissant lentement. On conçoit effectivement, comme je l'ai déjà dit, que la croûte du globe, ayant acquis une certaine épaisseur, offre plus de résistance à l'action des feux souterrains et s'oppose à des soulèvements et à ces grandes ruptures par lesquelles s'échappaient jadis ces torrents de matière en fusion qui constituent une partie de nos terrains anciens. I^a sur* face de la terre éprouve donc maintenant uu état de repos et de tranquillité qui diffère totalement de l'état de