CHAPITRE QUATRIÈME
une quantité de gaz acide carbonique égale au volume de l'eau ; telles sont celles deSeltz, dePyrmont,etc. Celles d'Aix-la-Chapelle contiennent en outre de l'hydrogène sulfuré, du sulfure de sodium avec du bicarbonate de soude.
Il paraît certain que, lorsque ces eaux traversent les fissures des roches, elles dissolvent des substances qui les composent, en d'autant plus grande quantité que la température est plus élevée. Elles nous apportent, outre les substances ci-dessus mentionnées , dès matières extractives dont on ne connaît pas encore l'origine, mais dont on peut se rendre compte de la formation en raison de la présence de l'azote dans plusieurs eaux minérales^
M. Berzelius (i) fait observer que les substances transportées par les eaux minérales ont été enlevées à de grandes distances, attendu qu'il en sort, dans diverses sources, une quantité si prodigieuse', qu'il serait impossible qu'elle provînt des alentours de là source. Il rapporte, à ce sujet, qu'il coule annuellement avec l'eau de Carlsbad 746,884 livres de' carbonate de soude - et i,i 3^,9^3 livres de sulfate de soude, sans compter les autres substances qui accompagnent ces deux sels. Cette grande quantité de sel n'a pu être enlevée aux roches qu'à des distances plus ou moins grandes de la surface de la terre. Il est donc à peu près démontré qu'il existe une action chimique constante de la part des eaux thermales dans l'intérieur de la terre sur les différentes roches qu'elles rencontrent. C'est ce motif qui m'a engagé à étudier l'action des eaux minérales sur les roches, recherches auxquelles j'ai encore été conduit par l'étude des actions lentes, qui rentrent jusqu'à un certain point dans le domaine de l'électro-chimie et dont je donnerai une idée plus loin. -
Les eaux de source en général contiennent , comme
(1) Traité de Chimie, t. j, pag. 44^.
466 DES EAUX MIlréR. Et DES CORPS GOMBUST.
nous l'avons déjà vu, une certaine quantité d'acide carbonique, à l'aide de laquelle elles tiennent eii dissolution différents sels terreux et des oxides de fer et de manganèse qu'elles déposent aussitôt qu'elles ont eu le contact de l'air. Ces dépôts donnent naissance à des tufs. Il résulte delà que les eaux des fleuves et des ruisseaux, à part les matières organiques qui peuvent s'y trouver, sont plus épurées que celles des sources.
L'eau de mer, en raison de sa composition, peut être considérée comme une eau minérale, puisqu'elle tient eu dissolution 3 ou 4 pour cent de son poids de matières salines formées de chlorure de sodium, qui s'j trouve pour environ a | , de chlorure de calcium et de magnésium, de sulfate de soude et même de chlorure et de sulfate de potasse, comme M. Wollaston l'a observé. On n'y a trouvé jusqu'ici aucune trace de nitrate; quant au carbonate de chaux qui s'y trouve, on suppose qu'il sert aux mollusques pour la formation de leur coquille.
La cause de la salure de la mer n'est pas connue; on la rapporte à l'existence de vastes mines de sel gemme qui se trouvent dans le fond des mers. La salure varie en raison de la proximité des fleuves. Ou a remarqué que, dans les golfes, tels que la mer Baltique et la mer Noire, elle est moins forte que dans le grand Océan. Dans la Méditerranée c'est le contraire. Dans les régions polaires elle est moins forte que dans les pays équatoriaux;mais elle y augmente avec la profondeur, de sorte qu'à quelques pieds au-dessous de la surface, elle est la même que partout ailleurs.
On doit à M. Boussingault (i) des considérations intéressantes sur les eaux thermales des Cordillères, qui jettent quelque jour sur la cause de leur température et celle des substances qu'elles tiennent en dissolution. Les faits qu'il a observés sur plusieurs points des Cordillères,
(i) Annal, de Ch. et de Phys., t. lu, p. 181.