CHAPITRE QUATRIÈME. 4&I
Je ne ferai qu'indiquer ces roches, attendu que la discussion dans laquelle je serais obligé d'entrer pour établir leurs différents classements, m'éloignerait trop du but que je me propose.
Les porphyres, comme on sait, sont des roches dont la pâte est remplie de cristaux , de nodules ou de fragments de cristaux ; leur mode de formation est moins cristallin que celui des granités. On en trouve dans plusieurs terrains ; leurs filous traversent même quelquefois les gneiss; on ne peut pas induire de là que les porphyres soient d'une formation antérieure, car. on ne connaît pas de terrains de porphyre sous un terrain de gneiss bien caractérisé. On trouve disséminés dans ces roches, des grenats, dex l'amphibole, de l'épidote, du calcaire spathique en petites lames , des pyrites en nodules, de l'agate, du jaspe, et en filons du quartz, du sulfate de baryte, du fer hydraté, du fer oligiste, des minerais de manganèse et de mercure.
Les euphotides sont des roches composées de jade et de diallage; elles n'ont aucune tendance à la stratification, de sorte que leur structure est massive. Elles ne renferment pas de filons. Les minéraux qu'on y rencontre sont ou disséminés ou en veines nombreuses.
Les roches serpentineuses sont à base de talc; l'euphotide y est associé. On y trouve très-fréquemment des cristaux de fer oxidulé, de la diallage, des grenats, du fer chromé, etc. Souvent elles sont enveloppées de toutes parts par la chaux carbonatée.
La dolomie ou double carbonate de chaux et de magnésie se trouve dans les terrains secondaires, dans des positions peu régulières, et dans les terrains anciens ; sa texture est souvent grenue, par suite d'une désagrégation. Elle est ordinairement accompagnée de corindons, de tourmalines, de trémolites, etc..
La chaux sulfatée anhydre, et celle qui renferme de l'eau, se trouvent en couches ou en amas considérables dans diverses formations , et en particulier dans le grès bigarré.
4fa DES TERRAttft V&ttiàJf, àttC Wt MODE RITES.
§ VIII. Des terrains volcaniques anciens et modernes.
Il reste à décrire succinctement les roches dont l'origine ignée est encore mieux caractérisée que dans la plupart des terrains de première formation : ce sont Celles des terrains volcaniques tant anciens que modernes. Elles n'ont aucune stratification, et quelques-unes ont une texture poreuse, marque évidente d'une fusion; elles ne portent non plus aucun indice de formation mécanique ou sédiment euse> et tout annonce une fusion ignée suivie d'un refroidissement lent ou rapide. Leur nature est généralement pyroxénique, argilo*ferrugineuse, quelquefois amphibolique, souvent feld-spathique, mais jamais calcaire. Leur couleur dominante est le noir, le gris foncé, et le brun rongeât re ferrugineux.
On a divisé les volcans en volcans en activité, et en volcans éteints.
Desmarest, en 1779, qui le premier nous a feit connaître les volcans éteints de l'Auvergne, a partagé ceux*ci en trois époques : la première comprend les volcans les plus anciens présentant des pics sans cratères, sans laves ni coulées; les roches qu'ils ont produites sont composées de laves porphyroïdes, rudes quelquefois au toucher.
La seconde époque comprend les terrains à montagnes coniques, avec ou sans cratères conservés, ayant donné des coulées de lave très étendues, qui ont quelquefois beaucoup de capacité, mais ne présentent plus de scories. Le caractère des coulées anciennes est d'avoir leur continuité interrompue par des vallées qui les ont coupéeë. Les laves de celte formation se rapportent aui basaltes.
La troisième époque comprend les terrains volcaniques les plus modernes, éteints ou en activité» La continuité des laves n'a pas été interrompue.
M. Brengniart, qui a décrit avec beaucoup de soin les terrains volcaniques, les a partagés en deux grandes
(Maître fctJÀtttiÈMfe. ' £§|
divisions ou périodes: terrains pyrôgènes de là période saturnienne ou vulcàniques antidilu viens, et terratni pyrogènes de la période jovienne ou Vulcàniques postdiluviens.
Il reconnaît également dans ces terrains trois groupes de roches dominantes, groupe Irachitique, groupe trapéen , et groupe lavique. Je n'entrepreiidfài pas de décrire les diverses roches qui Composent chacun de ces groupes, je dirai seulement quelques mots de celles qui* servent de type aux espèces.
Les géologues regardent , en général , les trachitës comme les roches volcaniques les plus anciennes, et ttë se reproduisant plus de nos jours dans les volcans maintenant en activité. Cependant les tnasses sorties de téitfè à Santorin et à Methana étaient des masses trachitiques.
Les terrains trachitiques sont quelquefois stratifiés, mais ils sont divisés en prismes irréguliérs par des fissures h peu près verticales. Les minéraux qu'on y rencontre y sont disséminés ou en veinules; c'est le gîte le plus ordinaire des opales, des alunites et des minerais! aurifères.
Le groupe trapéen ou basaltique. Les roches qui s'y rapportent présentent des divisions nettes très- variées , qui fournissent des prismes à plusieurs pans; elles sont à base de pyroxèue. On y trouve un grand nombre dé minéraux formés par voie de cristallisation , parrtii lésquels on distingue le pyrokènë, h* péridot, le feld-spath, le fer titane, famphigène, la mésotype et tous les minéraux de la même famille; des quartz de diverses variétés, le sulfate de baryte, l'arragonite, le calcaire, le cuivre natif, le bitume, etc.
Le groupe lavique. Toutes les roches qui s'y rapportent ont le caractère des laves où de roches fondues, par faction des volcans. Elles n'offrent aucun indice de stratification, et ne présentent que rarement des fissures. Les roches sont en coulées qui affectent la forme de celles que produisent encore nos volcans. Dans ces roches ou trouve du feld-spath , de l'amphibole, du pyroxèue,