CHAPITRE SIXIEME. 5a i
charbon appartient à tous les corps poreux; néanmoins elle n'est pas la même pour tous. Les dimensions des pores entrent pour beaucoup dans la propriété absorbante; ainsi le charbon de liège, qui en a de très-grands, ne peut rien absorber. Diverses expériences portent à croire que ce phénomène est en grande partie mécanique.
M. de Saussure a reconnu que le graphite, en raison de sa densité, ne condense rien, que l'écume de mer, le schiste happant de Ménilmontant, l'asbeste, etc., dont on a retiré l'air avec la machine pneumatique, absorbent plusieurs fois leur volume de gaz.
Quand on opère dans des mélanges de gaz, chacun d'eux est absorbé en raison de son attraction pour les corps poreux. On a remarqué que certains gaz sont plus condensés , quand ils se trouvent ensemble que séparés. Nous citerons pour exemple l'hydrogène et Foxigène, l'acide carbonique et l'oxigène. On ne peut attribuer cet effet à une combinaison, car les deux premiers sont expulsés par la chaleur, sans que l'on aperçoive aucune trace d'eau. Il n'erç est pas de même de l'hydrogène sulfuré et de l'oxigène , car il résulte de leur absorption de l'eau et un dépôt de soufre. Je ferai encore remarquer que, lorsqu'un liquide mouille un solide, il y a dégagement de chaleur (i). Ce phénomène montre qu'à l'instant où s'exerce l'action capillaire, il se passe dans les molécules des corps un 'ébranlement analogue à celui que l'on remarque dans les combinaisons. Les effets électriques observés dans les mêmes circonstances conduisent à la même conséquence. M. Pouillet, qui s'est occupé de cette question , a soumis successivement à l'expérience, parmi les substances végétales, le charbon, l'amidon, le bois, les écorces, etc., et, parmi les substances animales, la soie, la laine, l'éponge, les cheveux, les tendons, etc.; la température n'a jamais été inoindre de deux degrés, et elle s'est élevée
(i) Annal, de Ch. et de Phys.,/. xx, p. 41.
£a a de l'action chwique j&es corps poreux.
jusqu'à dix degrés avec l'amidon , la racine de réglisse pulvérisée, etc. Ayant cherché à déterminer l'espèce de combinaison que l'eau forme avec les corps organisés, il a trouvé que la quantité d'eau absorbée n'est ni congelée dans leur intérieur, ni combinée chimiquement avec leurs éléments. Enfin il a conclu de ses observations, que les effets capillaires et ceux dç l'ahsprption $ont dus à la même cause.
M. Dobœreiner a donné une plus gtande extension aux propriétés absorbantes des corps ppreux. Lorsque ceux-ci sont métalliques, il a découvert qu'une éponge de platine devient incandescente lorsqu'on la plaeeàl'endroit où l'hydrogène qui s'échappe dun réservoir se trouve intimement mêlé avec l'air.
MM. Dulong et Thénard (i), qui ont étudié cette propriété, ont reconnu les faits suivants ; Si l'on plonge une éponge de platine dans un mélange de deux partie d'hydrogène et d'une d'oxigène, il y a détonation, et s'il s'y trouve un gaze étranger, tel que l'azote, la combinaison s'effectue lentement, la température s'élève peu à peu, et l'on voit bientôt l'eau se condenser sur la cloche.
L'éponge de platine, fortement calcinée, perd la propriété de devenir incaudescente dans le mélange détonnant, mais elle possède encore la propriété de produire lentement la combinaison des deux gaz.
Une feuille de platine très-mince, enroulée sur un cylindre de verre, ne produit aucun effet dans le mélange détonnant, tandis qu'elle agit, lorsqu'elle est chiffonnée, comme une bourre de fusil.
Les fils et les laines de platine, dont l'action est nulle à la température ordinaire, agissent lorsqu'on l'élève à deux ou trois cents degrés. D'autres corps produisent les mêmes effets par l'élévation de la température.
L'oxide de carbone et l'oxigène se combinent ensemble, et le gaze nilreux est décomposé par l'hydrogène,
(i) Annal, de Cb« et de Phys,, t. xxiu, p. 44o,