‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 121 sur 231 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

333. Voyons maintenant les observations qu'on a Faites pour montrer qu'il y a des courants voltaïques produits indépendamment de toute action cliiinique.

On sait que l'acier combiné voltaïquement avec du platine peut rester plongé pendant des années dans une solution de potasse sans s'oxîder. On sait aussi que du fer plongé dans de l'eau pure et privée d'air n'éprouve aucune espèce d'altération. Il en est de même à l'égard du zinc, de l'étain et du plomb.

Suivant M. Schoenbein, et d'après l'opinion de plusieurs physiciens, il faut voir dans la tendance de deux substances à se combiner chimiquement une cause de perturbation dans l'équilibre électrique de leurs particules. Ainsi, quand le fer et l'eau parfaitement pure sont mis en contact , l'effort du mêlai pour se combiner avec l'oxigène doit produire dans les circonstances favorables un courant semblable a celui qui a lieu dans l'oxidation. Les expériences suivantes, d'après lui , sont favorables à cette théorie. Ayant laissé pendant quelque temps un fil de fer dans de l'eau pure en ébullillon, pour enlever tout l'air qui pouvait y adhérer, il le plongea ensuite dans de l'eau distillée qui avait bouilli, et le fit communiquer au moyen d'un fil de platine avec l'une des extrémités du fil d'un galvanomètre; faisant ensuite communiquer un second fil de platine avec l'autre extrémité du fil et l'eau, on eut un courant qui allait du fer au second lîl de platine à travers le liquide. La déviation fut de 4o°. On pouvait craindre que le courant observé fût produit par l'oxidation des parties du fer qui se trouvaient sur la limite commune de l'air et de l'eau ; pour éviter cette cause d'erreur, il fit plonger eu entier ce métal dans l'eau et le résultat fut le même. En ajoutant de la potasse à l'eau, la conductibilité du liquide ainsi que la force du courant furent augmentées. Les expériences ont été faites également avec du zinc, du cadmium, du plomb, de l'étain^ du mercure et de l'argent, métaux qui n'agissent pas sensiblement sur l'eau à la température ordinaire, et on a toujours obtenu les mêmes effets. M. Schœnbein s'est V. ^"partie. 3

34 I>CS EFF. DU CONT. QUI PEOD. LA PASSIV. , ETd

adressé ensuite cette question : Pourquoi le fer uni vol — taïquement au platine ne s'oxide-t-il pas lorsqu'on le plon^^ dans une solution de potasse? Il a cherché ensuite à proumjver que, contrairement à Thypothèse de M. Delarive,a mx courantse produit alors et va du fer au platine, à traves^s la dissolution de potasse. Puis il ajoute que c'est un bk^^t bien connu , que des courants de très-faible intensité pe lavent passer à travers des électrolytes sans les décomposer et sans oxider le fer, et qu'en admettant même qu'une petite portion de l'eau soit décomposée par l'effet du courant, il n'en résulte pas quel'oxigène devenu libre doive se combiner avec le fer positif, attendu que lorsque le fer remplit les fonctions d electropositif, il peut rester cbimiquement indifférent à l'égard de l'oxîgène. Telle est l'opinion de M. Scliœnbein sur la production de courants voltaïques, indépendamment de toute action chimique. Je prendrai la liberté dé lui faire remarquer que l'état de polarisation de deux lames de platine qui ont servi à faire passer le plus faible courant possible dans une solution saline , ne peut jamais s'effectuer sans un dépôt d'éléments surles lames et par suite sans qu'il en résulte une décomposition électro-chimique; dès lors on ne peut admettre, comme il le dit, que des courants de très-faible intensité puissent passer à travers des électrolytes sans les décomposer. Quant à son observation , qi^e lors même qu'une petite portion d'eau serait décomposée, il n'en résulte pas que l'oxigtee devenu libre se combine avec le fer, elle est extrêmement juste; mais il peut se faire aussi que cet oxigèoe réagisse sur l'eau et donne lieu à un courant secondaire; au surplus, dans tous les cas il y a action chimique.

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