CHAPITRE PREMIER. a
4** Quand deux électromoteurs de force différente sont plongés dans un même liquide, sans y être en contact, le plus faible prend l'électricité opposée à celle du plus fort, et devient par conséquent négative.
5° La partie de 1 electromoteur solide la plus faible possède également l'électricité contraire à celle de la partie immergée.
6® L'énergie électromotrice d'un liquide dépend de sa faculté d'acquérir, par la présence de deux électromoteurs solides dissemblables , un état en vertu duquel il cède plus ou moins facilement ses électricités contraires aux mêmes électromoteurs. Tous les liquides mauvais conducteurs possèdent en général cette faculté; mais elle n'appartient ni aux liquides parfaitement isolants, tels que les^huiles grasses, etc., ni aux liquides très-bons conducteurs, tels que le mercure et les métaux liquéfiés. L'énergie électromotrice d'un liquide ne dépend cependant pas uniquement de son pouvoir conducteur, mais en outre, à ce qu'il paraît, de plusieurs autres conditions non encore suffisamment connues.
7^ Les effets électromoleurs de deux métaux, formant avec un liquide un circuit fermé, résultent du dégagement et de la recomposition continue des électricités contraires dans le liquide. Ces effets sont excités par la relation électromotrice des deux électromoteurs inégaux envers le liquide; ils sont favorisés par la relation électromotrice de 1 electromoteur le plus fort envers le plus faible, et sont accélérés par le contact immédiat des deux électromoteurs, en tant qu'ils sont de bons conducteurs pour l'électricité.
8^ Les changements chimiques dans la pile sont à la vérité liés à la recomposition, au moyen des corps solides qui la composent, des électricités mises en jeu; mais il n'existe pas, entre ces phénomènes, de dépendances de causes et d'effets,
9** Dans une réunion de piles élémentaires ( pile de Volta), les électricités contraires se neutralisent com-
3o OBSERV. REtiT. A VTUP. SOUV. THÉOR. DB COKTACT.
plétement par les corps solides fie chaque élément, ctll n'y a pas de transmission d'électricité d'un élément i l'autre.
Je ne pousserai pas plus loin l'examen de la tliéorie<le M. Rarsten, attendu que les détails dans lesquels je suis entré suffisent pour montrer que les bases sur lesquelles elle repose sont inadmissibles dans l'état aclu^ de la science. Je n'en ai parlé avec détails qu'en ralsoa de l'importance que quelques personnes ont voulu lui donner, pour défendre la théorie de Volta.
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0ES KPPBTS DE GOHTAGT QUI PRODUISEITT LA PASSIVITE W! FER ET DE QUELQUES AUTRES SUBSTANCES.
i33a. Dans la première partie du V^ volume (1026, etc.) , j'ai fait connaître les propriétés anomales du fer plongé dans l'acide nitrique, en raison des rapports qui peuvent exister entre ces propriétés et les effets de contact; je dis qui peu^^erU exister, parce que nous ne connaissons pas encore au juste la cause d'où dépend le phénomène. Je vais continuer maintenant à exposer les observations faites depuis par M. Schœnbeiu , qui s'oc* cupe d'une manière toute spéciale de cette classe de faits^ Commençons par les effets qui concernent l'action que le fer combiné voltaïquement avec le peroxide de plomb ou d'argent , exerce sur le sulfate de cuivre*
On prend un fil de fer, dont l'une des extrémités est recouverte de peroxide de plomb ou d'argent, suivant le procédé électro- chimique. Représentons par a l'extré-» mité recouverte, et par b l'extrémité naturelle. Quand on plonge l'extrémité a dans une solution de sulfate de cuivre, il ne s'y précipite pas de cuivre, même sur les parties du fil qui ne sont pas recouvertes de peroxide et qui plongent dans le liquide; il ne se précipite pas également sur b quand on y plonge cette extrémité.
Voyons ce qui arrive quand aet b communiquent vol* taïqucment par l'intermédiaire du fil d'i^n multiplicateur. On plonge d'abord a, puis l'extrémité é; ce dernier devient passif à l'égard du sulfate de cuivre, mais il
DF5EFF. DU CONT.QUl PROD. LA PASSIV., ETC.
s'établit im courant continu qui va du fer rendu passif à l'extrcmîté a , à travers le liquide, absolument comme si ie bout rendu passif ctnit attaqué.
Si l'on a uufilde fer, communiquant par l'une deset exlrémlles avec le pôle positif d'une pile, et qu'on le plonge par l'autre dans une dissolution de sulfate de cuivre , en fermant le circuit ensuite, il ne se dépose aucune trace de cuivre sur le fer, tandis qu'il se di^gage de l'oxigène; en iulerrompant le circuit, le cuivre se précipite. 11 résulte de là, suivant M. Scbœnbein, que la passivité du fer est due ;i l'existence d'un courant \a\taïque. Cela peut f tre dans ce cas-ci , mais non dans \ts cas ordinaires, où l'on est plutôt porté à croire que l'effet est du même ordre que celui que nous présente le zinc amalgamé, dont les propriétés vont nous occuper bienlôl de nouveau.
Quand on fait communiquer ensemble deux vases reiiy plis d'une dissolution de cuivre, au moyen de siphwis remplis d'acide nitrique de i,35, ou de raèclies d'asbcsle imbibi'es de la même solution, ou avec des fils d'or on deplatine, on observe les résultats suivauls: si l'on plonge d'aboi-d l'extrémité n dans l'un, puis l'exlréniité b daiB l'autre, cette dei-nière ne devient jamais passive; maÎB h la comînunication est établie avec du fer, du zlac, i devient inaclif. Le cuivre se comporte comme le fer. Pïlur interpréter ces différents effets, il faut tenir compte de la résistance qu'éprouve le courant à traverser le conducteur métallique qui unit les deux dissolutions. Si le conducteur est un métal non oxidabic, le courant passe moins facilement que lorsqu'il est oxidable, et alors il ne doit pas tendre à rendre le passif i, comme dans la dernier cas. Cette observation s'applique au fait suivant :
Les deux vases étant réunis par le fll d'épreuve, si l'on plonge d'abord un& des extrémités d'un 111 de fer à l'état ordinaire, dans le vase où se trouve b, puis l'autre dans le second vase, la première devient active et la seconde passive.