CHAPITRE IV
. Du dégagement de l'électricité par frottement dtms Pair raréfié et dans le vide.
L 1 346. La question du dégagement de 1 électricité dans lir raréfié et dans le vide occupe les physiciens depuis IDgtemps ; comme on l'a reprise dans ces derniers temps, m, que les résultats auxquels ou est parvenu sont les Mmes, à quelques différences près, que ceux qu'on ■ait obtenus anciennement, j'ai pensé que l'on verrait ^c intérêt le precis de tout ce qui a été fait à cet [ard.
Hauksbée est un des premiers qui se sont occupés de ■genre de recherches; puisGray a publié, en l'j^a, un ^vail sur le même sujet dans les Transactions philoso- BÎques. Ce dernier a observé que des corps éleclrîsés faces dans le vide de la machine pneumatique attirent Lie à la même distance que dans l'air, les corps i qu'on leur présente. L'expérience fut faite avec ! boule de verre creuse, de deux pouces et demi de' mètre, laquelle ayant élé frottée fut suspendue dans 1 récipient vide d'air au moyen d'un fil de soie passant us la boîte à cuir de ce récipient. Cette boule attirait is feuilles de clinquant placées sur la platine de la malune pneumatique, à la même distance, que le récipient t vide ou plein d'air. Le soufre, la gomme laque, la réjne et la cire blanche présentèrent les mêmes effets.
Dufay, qui s'est occupé du même sujet , a fait usage Igalement d'un récipient ouvert par en haut et muni boîte à cuir. Une tige de métal traversait la loîte et entrait dans le récipient. Cette tige portait à son «trémité inféiieure une vis à laquelle était adaptée une boule de succin, de verre ou de toute autre substance. L'extrémité supérieure de la tige était garnie d'une petite poulie que l'on mettait en mouvement au moyen d'un archet. Dans l'intérieur du récipient se trouvait une pince garnie d'étoffe ou de toute autre substance, qui embrassait £t serrait le corps soumis au frottement. Des fils suspendus V, 7." partie. 4
5o DU DÉGAG. DE l'ÉïSCT, PAR KROTT. DANS T.' AIR, ETC.
dans le récipient indiquaient, en se portant vers m corps, si CCS demifirG étaient électrisés ou non éteo* tri ses,
Dufay trouva que dans le vide fait à trois lignes, les eot'i>9 cités plus batit jouissaient de la propriété d'attirer comme dans l'air , après avoir été frottes,
Boyle couGrnia ce fait.
1347. On peut objecter à ces résultats que le» corpi soumis à l'expérience, étant mauvais rotuluclenrs, releuarient l'électricité que le frottement leur avait donDM, in d ép eu da minent de 1» pression de l'air atmosphérifiiw. Telle est, au surplus, la manière dont on a envisagé jli»* c|ii'ici ce plténoinène; mais nous verrons plus loin t\ue l'objeclion n'est pas fondée, et que le phénomèrie doit Être considéré sons un point de vue plus g«înéral,
Dufay ayant soumiiià l'expérience une boule solide de cristal de rocbe , en prenant pour frottoir une feuille de papier, trouva que les effets n'étaient pas aussi sensibin dans le vitle que dans l'air, mais que sa vertu se rétablissait lorsqu'on faisait rentrer l'air. Ce pbysicien a cru devoir conclure de ce résultat, et d'autres (|ue je ne i-apporle pas ici, quelescorpsqui donnent dfi l'électricité résineiwe, tels que le suecin, la gomme copat, etc., l'acquièrent dans toutes aortes de milieux , tandis que les corps vitreux ne prennent que peu d'électricité dans le vide, quoiqu'ils la conserventdanscevidelorsqu'ilsl'ontacquisedaHsrair.Je feiai remarquer qu'il pciit très -bien se faire que )a vapeuf d'eau qui s'attacbe plus facilement aux substances vitreuses qu'aux substances résineuses, quand elle se précipite en misant le vide, soit la cause de la difféi-ence des eiïds observés.
i34â. Passons maintenant aux expériences qui ont clé feitrs postéi'ieurement,ainsi que dans ces derniers teiBpl, sur le dégagement de l'électricité dans le vide.
l.avoisier avait disposé un appareil pour traiter à fond la question du dégagement d'électricilé dans le vide, mais une mort prématurée, que les sciences déplorerotti 4 JMnfi» , ne lui a pas permis d'en faire usage, Cet V,
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CHAPJTBE IV. 5l
reil, qui se trouve aujourd'hui dans les collections de l'Académie des sciences, se compose d'une grande cage en verre, d'un seul morceau, sous laquelle se trouve une machine électrique ordinaire , munie de tous ses accessoires. Le plateau est dans une position horizontale, "aîusi que les coussins. L'axe, qui est vertical, passe dans une hoîte à cuir et est terminé à sou extrémité supérieure par une manivelle destinée à le mettre en mouvement. A la partie supériRure de la cage , et attenant à l'axe, se trouve une grande virole en cuivre, communiquant avec les coussins de la machine élec- Irique; quand on tourne la manivelle, on touche la virole pour donner écoulement à l'électricité négative. Deux ouvertures sont pratiquées à cette cage ; à l'une est fixé, au moyen d'une virole en cuivre, un tube de verre recourbé de plus de trente pouces , qui plonge dans un bain de mercure; à l'autre est adapté im bouchon de liège, dans lequel passe une tige de métal en communication avec le conducteur de la machine électrique, Eniin,la cage est placée sur une platine qui, au moyen de tubes de communication, peut être mise en rapport avec une machine pneumatique et des récipients qui renferment différents gaz.
On commence par taire fonctionner la machine dans l'air, en tournant avec la même vitesse, et l'on juge de )a tension de l'électricité dégagée au moyen d'un électromètre placé à peu de distance de la tige de communication. On faii: ensuite le vide et l'on voit quelle est la tension. Je me borne ici à donner la description de cet appareil, qui peut servir àfaire un grand nombre de recherches.
1 349. J'arrive maintenant aux expériences qui ont été lites dans ces derniers temps sur le dégagement de l'é-
itricité et sur sa conservation dans le vide. Gîtie question, je le répète, quoique d'un grand intérêt, a peu attiré jusqu'ici l'attention des physiciens. L'idée que l'on s'est faite de la manière dont l'éleclricité est retenue à la sur-
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les corps, a détourné les espi-its de
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52 Dit DEGAG. DE L ELECT. P\R FROTT. DAHS L AIR, ETC.
cheidies. La théorie admise jusqu'ici suppose <|u'il existe deux fluides impondérables, émincniinent élastiques, dont les molécules de cliacun d'eux jouissent de la propriété de se repousser en raison inverse du carré de la distance, et d'attirer celles de l'autre, suivautlamême loi. Cette même théorie, par suite des résultats de l'analyse, admet que l'électricité n'est retenue à la surface des corps que par la résistance que l'air lui oppose pour l'cuipêcher de se dissiper. On conçoit qu'avec une semblable théorie, qui parait reposer sui' des hases inébranlables, on devait faire peu d'attention à des faits qui étaient en opposition avec les résultats de l'analyse mathématique. Ces faits pouvaient tenir, disait-on, à des causes inaperçues (juï ne pouvaient infiriper en rien les lois obtenues. Passons maintenant aux expériences. Wollaston, comme nous l'avons déjà vu (i), après lui plusieurs physiciens, ïl eu particulier M. Peclet, ont cherché s'il était possible de faire fonctionner la machine électrique ordinaire, munie de coussins enduits d'amalgame ou d'or massif, dans le vide, dans l'air ou dans difïéi-euts gaz. Wollaston essaya de prouver que le dégagement de l'électricilê, en général, est dû à une oxidatJon. Il établit à cet eflétuu petit cylindre avec ses coussins enduits d'un amalganie très-oxidable de zinc ou d'étain , et ses conducteurs, dans un récipient tellement disposé, qu'il pouvait enlever à volonté l'air qu'il renfermait et le remplacer par un autre ou par un gaz. Après avoir essayé le degré d'énergie de l'appareil dans l'air, il substitua à ce dernier du gaz aeide carbonique, et trouva que tout développement d'électii" cité était suspendu. Les signes d'électricité reparaissaient aussitôt que l'on introduisait de l'air dans -le vase. Il trouva encore qu'eu enduisant les coussins avec un anrtlgame d'argent ou de platine, qui n'est pas susceptible de s'oxider, on ne pouvait jamais obtenir d'électricilt De là il conclut que le dégagement de rélectrici;fl
(i) Tome II, [liig. 76,