C(I.\PITRE IV
H'igiiiale de l'empreinte, tandis qi>e d'autres élJiient rongées cl déformées,
M. John Davy attribue cette différence à Ih rapidité plus ou moins grande de la canse minéralisante.
Ce chimiste se demande comment ont été formés les cristaux , particulièrement ceux qui recouvraient le casque et qui adhéraient au dépôt calcaire. Il ne pense pas qu'ils aient été déposés par une solution.
Nous ajouterons à ces observations d'autres qui nous sont propres, qui pourront servir à jeter quelque jour sur un grand nombie de prodnils qui se forment par cémentation. Nous possédons des médailles grecques et romaines, jadis en bronze, changées entièrement en protoxide, sans que leurs forraesaient été modifiées; seulement leur volume est plus coTisidérable, la texture est excessivement serrée, et rien ne peut faire supposer qu'une soLution ait pu s'introduire de l'extérieur à l'intérieur, pour transporter de l'oxigène au cuivre et enlever l'étain avec lequel il était combiné. Quelques-unes de ces médailles renferment des cavités, tapissées de cristaux de protoxide d'une grande netlelé. D'autres, qui sont transformées eh protoxide, présentent dans quelques par- |!s des petits tubercules et même des cristaux de cuivre rbonaté vert (malachite) et de cuivre carbonate bleu côté des premiers. En^ii sur d'autres médailles on iserve du cuivre noir, ayant un aspect cristallin. Nous possédons aussi une lampe anti(|ue, recouverte une couche de carbonate de cuivre et de carbonate de chaux sous laquelle se trouvent, comme sur le casque antique de M. Davy, des cristaux de protoxide de la plus grande beauté, ayant un millimètre de côté.
Les monnaies changées entièrement en protoxide ne permettent pas de douter un seul instant que l'oxigène n'ait été transporté de l'extérieur à l'intérieur, par un effet semblable à celui qui produit la cémentation. Ce phénomène ne peut être que le résultat d'un mouvement 'moléculaire, puisque l'on ne peut supposer qu'une dislolutiou ait pénétré dans l'inlériiur.
54 ALTÉnATrOttS DD CDIVBE.
Nous avons déjà exprimé notre opiniqn sur la manière dont nous concevons la cémentation, en lui attribuant une origine électrique(io6i), ainsi nousn'}' reviendrons pas.
Quant à la présence des cristaux de protoxide de cuivre sous la croule, composée de substances diverses, qui recouvrent quelques objets antiques en bronze, et qui tapissent les peliles géodes que l'on trouve dans l'intérieur des médailles, on ne peut guère attribuer leur formation au mouvement moléculaire dont nous venons de parler.
Les notions que nous possédons sur les circonstances de leur production nous mettent à même de concevoir comment ils se trouvent déposés sur les objets antiques : la croûte qui recouvre ces objets une fols formée, le liquide placé au-dessous, ne communiquant que difficilement avec celui qui est à l'extérieur, a dû se saturer davantage de sels de cuivre. I)'un autre coté, les portions sur lesquelles il ne s'est pas formé d'incrustation ont continué h être soumises à l'action des agents extérieurs. Il est résulté de là que lelectricité négative provenant de cette dernièra action a été repoussée dans l'intérieur, de manière que la portion située sous la croûte qui n'était pas soumise à une action aussi forte que celle qui était à l'estérieur, est devenue le pôle négatif d'un couple voltaîque qui a réngi sur la dissolution enchâssée. Suivant l'intensité de celte action et le degré de concentration de la solutîou, on aura eu des cristaux de protoxide de cuivre ou de cuivre à l'état métallique.
!Nous ferons remarquer que les allérations qu'éprou» vent, en général, les médailles dépendent de ta naturfi des terrains dans lesquels elles ont longtemps séjourné. Tous les antiquaires savent que dans les terrains volcaniques elles sont vert-éuieraude; c'est le sous-chlorure de cuivre qui domine. Dans le royaume de Naples, Ioîd du Vésuve , elles sont bleues ; c'est alors le carbonate qui les colore. Daus les Marais Poutins, elles sont jaunes;' du coté d'Agrigcnte, elles sont blanchâtres. Nous ne