‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 153 sur 231 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

faut entre le courant primaire et le courant secondaire. -Quoi qu'il en soit , M. Heniy s*est servi de cette loi pour expliquer l'action neutralisante des plaques interposées, en partant de l'induction du courant secondaire dans la plaque : quoique l'action de ce dernier soit dans le même sens que. le courant de la batterie, il tend néanmoins à induire un courant de direction contraire dans la matière conductrice adjacente. Cette explication s'applique également à tous les autres cas de neutralisation qui ont lieu entre les cenducteurs des différents ordres de courants.

Le même principe peut expliquer quelques effets que l'on rapporte à l'induction d'un courant sur luimême : on sait qu'en mettant en communication une spirale plate avec la batterie, l'induction produit des étincelles à chaque rupture du circuit; mais si l'on pose ' sur la première spirale une autre spirale dont les bouts sont réunis , l'intensité du choc est de beaucoup diminuée; lorsque les diverses spires des deux fils sont mutuellement interposées , en enroulant les deux fils Tun sur l'autre , les étincelles disparaissent entièrement dans le ruban qui transmet le courant de la batterie, toutes les fois que les bouts de l'autre sont réunis. Dans ce cas, le courant induit dans la première spirale est un véritable courant secondaire qui est neutralisé par l'action du courant secondaire dans le conducteur voisin , puisque celui-ci tend à produire un courant dans une direction opposée.

Il paraîtrait, d'après l'expérience précédente, qui indique une parfaite neutralisation du courant induit dans la i'"* spirale^ que le courant induit dans le conducteur voisin est plus puissant que celui du premier conducteur , puisqu'il l'anéantit. On conçoit comment tela peut avoir lieu : les deux bouts de la seconde spirale étant réunis, elle forme un circuit parfait; tandis que le circuit de l'autre spirale peut être considéré comme interrompu, non-seulement à cause des solutions de continuité de la pile, mais encore parce que, pour l'endre

IQ'l DESCOnR. irfD. DE DIFF. ORPA., PROU ■ AH MOT,,ETC.

les résultats ont été semblables. Je <1oi6 dire cependant que les courants de différents ordres obtenus avec l'électricilé ordinaire, au lieu de présenter les alternatives des courants voltaïques, sont tous dans la même direction que la décharge de la bouteille.

iSgî.M. Henry, après avoir fait plusieurs expériences pour expliquer cette différence, a pensé que la directioB des courants pouvait bien dépendre de ia distance tin conducteurs.

Pour vérifier cette idée, il a tendu p^rallèleineiit deux bandes étroites de feuilles d etain , d'environ 4 niètW de long, en les séparant au moyen de plaques mipoef ie mica à une distance d'environ un demi - millimètre; «J faisant passer dans l'une d'elles la décharge d'une botiteille de Leyde, on obtenait dans l'autri! un CQuranl induit dans la mf'me* direction. Les rubans ayant été u* parés par des plaques de verre à une distance d'un peu plus d'un millimètre, le courant cheminait encore dans la même direction. Quand la distance était de 3 millimètres, on Jie pouvait obtenir de courant induit. En augmentant la distance, le courant a reparu de nouveau, mais dans une direction opposée. On n'a point remarqué enr suite d'autres changements dans la direction des courants- Dans ces expériences, la direction du courant a été déterminée par la polarité de l'aiguille placée dans la spirale magnétisante.

iSg^- En employant une bouteille de Leyde ordinaire et les conducteurs étant placés à une distance moindrY, de ^ de pouce, le courant induit était toujours dans la même direction que le courant primaire; mais quand on éloignait graduellement les conducteurs, on trouvait toujours une distance où la direction du courant commençait à changer. Celte distance dépendait de la force de la décharge, de la longueur et de l'épaisseur des conducteurs. Avec une batterie de 8 bouteilles, semblables à celle qu'on adéjà mentionnée, et en employant des fils parallèles, d'environ 3 mètres de long, le changement dans la direction n'avait pas lieu à une distance au-dessous de 3 à

H CHAPITHE YH. Iq3

^Ldpciniètres ; avec une batterie encore plus forte et des ^Buducteiirs plus longs, on ne trouvait aucun cliangement, Quoique l'incluction fût produite à la distance de 6 décl- ^■ètres au-dessus.

^m Les courants de tous les ordres jouissent également ^M la propriété de changer la direction des courants in- ^fcits avec la distance. Daii$ ces différents cas cependant, ^■changement a toujours lien à une trcs-petitu distance du ^■conducteur, et sous ce rapport le résultatest semblable ^■l'effet d'un courant primaire de la décharge d'uige pe- ^Kte bouteille.

^^ i3g5. Voici encore une expérience quidonneune grande ^Bée des effets d'induction produits par une forte dé- Hjl^rge électrique. Cette expérience a été faite avec une ^Bfterie de 3^ bouteilles et uu fil de cuivre de o,o025 ^■ètres de diamètre, et de 26 mètres de long, dont ^■t bouts ont été mis en communication avec la batterie. ^Lcôté de ce Hl, s'en trouvait un autre ayant les mêmes ^Bmensions et dont les bouts étaient en rapport avec une Hbîrale magnétisante. Les deux fils recourbés, comme ^Bndique la iïg. 39, ont d'abord été placés à la distance ^Keaviron 3 millimètres, et ensuite séparés après chaque Hécharge de toute la batterie à travers le premier fil. ^buand on faisait une rupture en a, l'aiguille en ù n'était ^HB aimantée; mais quand le circuit était complet , l'aî- Hllille par son aimantation indiquait un courant dans la ^■éme direction que celui de la batterie. Eu augmentant ^B distance jusqu'à près de 5 décimètres , la direction du ^Buraut ne changeait pas, et son iutensité était Rufl)- ^pnte pour donner le choc. Le second fil a été placé en- ^pîte autour de l'autre, de manière h. le renfermer; le ^nagnétiame parut alors plus fort. La direction du courant était encore la même; on a continué à l'écarter jusqu'à ce que les deux fils fussent séparés à la distance de ^ mètres, excepté en un endroit où ils étaient croisés à a distance de !2 mètres; l'aiguille, à cette grande distança, Eait encore assez magnétique pour attirer la limaille de Ij» direction du courunt était la même que cellp

lo4 DES COUn.IND. DK DIFF. ODHD.jPROO. AD MOT., ETC.

de la batterie. La longueur du circuit du RI intcriear était d'ecviroii 26 mètres , et celle du fil extérieur de 3^ mètres. Des effets d'induction analogues à ceux que je viens d'indiquer, doivent se manifester dans la décbarge de l'électricité des nuages.

1396. Une décharge d'électricité ordinaire produisant un courant secondaire puissant dans un fil voisin, il rtl probable qu'elle doit produire un efl'et analogue dans le fil même où elle a lieu; mais il est bien difficile de l'observer. Le professeur Henry rapporte à ce sujet l'expfr rience suivante faite sur l'électricité atmosphérique, en i836, par un comité de l'institut de Franklin: deui cerfs-volants avaient été attachés et élevés avec un petit fil de fer au lieu de corde; le fil s'étendait sur la longueur d'environ un mille. Le temps était parfaiteuient clair, et cependant les étincelles tirées du fil avaient une si grande force, que i5 personnes se donnant la main et debout sur le sol reçurent en même temps la commotion , dès que \t premier eut touché le til. En saisissant une bouteille de I^yde par l'annure extérieure, et présentant le bouton au fil, on reçut une commotion très-forte, qui n'était que le résultat d'une induction soudaine et intense.

Ces effets ne doivent pas éli'e attribués à l'électricité accumulée aux extrémités du fil, puisqu'il fallait approcher l'articulation du doigt à environ 6 millimètres avant Je recevoir l'étincelle; il ajoute qu'on ne peut aussi les attribuer à la quantité depuis que les expériences de Wilson ont prouvé qu'on ue produit pas le mémo effet avec une somme égale d'électricité répartie sur la surface d'un grand conducteur; il en conclut alors que l'efFet observé est dû à l'induction d'un courant sur lui-même.

Le fil étant chargé d'une quantité considérable d'électricité faible, qui passe sous forme d'un courant dans toute sa longueur, il se produit une induction à la fin de la décharge, comme dans le cas où un long fil traïUf met un courant voltaïque.

Il paraît résulter des observations faîtes, qu^ probable que le courant voltaïque, comme le

fil tran^

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