CHAPITRE PREMIER
. Notons bien ceci, car c'est un fait qui montre l'influence îles surfaces sur la réduction de l'oxiile. Cet efïet ayant également lieu sans la présence de l'argent, nous devons en conclure que l'action exercée par la paroi est détermina nie. Dès lors les électrjcilés contraires dégagées dans la réaction lente de l'oxide de cobalt sur rhjdro-chlorate de chrome, se recombJuent en suivant la couche de liquide adliérenle ù la paroi du tube; it faut donc que la paroi inférieure se comporte comme le pôle négatif. C'est un fait que nous allons chercher à inteiprcler.
Quand un corps est plongé dans un liquide, il y a, action exei'céo de l'un sur l'autre, c'est-S-dire, du solid» sur le liquide. On a admis, et cette sup|)osition est justi-' fiée par les rapports <[ui existent entre les résultais du calcul et ceux de l'expérience, que cette action, en vertu de laquelle lé liquide adhère au solide, ne s'çxerce qu'à une distance infuiimiMit pelite de la paroi. Cela posé, les particules de la couche de liquide excessivement mincei qui est soumise à cette action, ne doivent pas êti'e dans le même état que celles qui sont placées à une certains distance; dès lors, on peut dire avec certitude que les propriétés électriques de cette couche ne doivent pas être précisément lesmèmesque celles de lu portion du liquide qtii n'est pas soumise à l'influence des forces capillaïresj or, quand un corps réagit sur urie solution, l'un et l'autre eu contact avec une surface, la portion de la solutioa en contact avec celle-ci n'étant pas (labs le même état que l'autre, peut servir ù opérer, la i-ecompoaition des deux électricités dégagées dans la réaction. Si la solution se comporte comme un acide, la portion du tube, qui exerce une action sur cette inèine solution, doit se comporter comme. le pôle négatif, et faciliter par co.nsé<]uent la réduction de l'oxide de cobalt; c'est probablement là ce qui se passe dans l'expérience précédente.
I02I, Quelques exemples moutrei'ont d'une manière assez remarquable l'influi'ncedes surfaces sur la producles phénomènes électro-thiiniques.
Oti a mis an fond iViin lube fermé, du sulfure noir de mercure, une solution saliiree de sel marin, et une lame de cuivre plongeant dedans et traversant le sulfure. Au bout de quelques mois, on a commencé à apercevoir sur la paroi intérieure du tube des points métalliques de mercure, qui ont pi-is avec le temps un tel acci'oissenient que, six ans après, ils avaient de i à a miUimèlres d'étendue. Ils formaient des rudiments d'octaèdres réguliers; sur la lame, au-dessus du sulfure, il s'est déposé aussi des petits octaèdres de mercure, combiné sans doute avec un peu de cuivre. Ici l'influence exercée par les surfacesest manifeste, puisque la décomposition du sulfure a commencé dans les parties où il était en contact avec le verre.
Interprétons les effets produits : le tube étant fermé hermétiquement, le cuivre, au bout de peu de temps, quand tout l'air a été absorbé, a cessé d'être attaqué par le sel marin; d'un autre côté, le sulfure de mercure n'étant pas sensiblement snluble dans la solution de sel marin, il faut donc admettre que le sulfure exerce sur le cuivre, par l'intermédiaire du sel marin, une action cbimique excessivement faible, mais capable de mettre en jeu les effets électriques qui opèrent sa décomposition. Le soufre se porte sur le bout inférieur de la lanie.de cuivre, se combine partie avec ce métal, partie avec l'oxigène de l'eau qui est décomposée, tandis que le mercure est transporté sur le bout supérieur de la même lame où les molécules se groupent, conjointement avec des molécules de cuivre provenant du sulfate de cuivre, pour former de petits octaèdi-es; tandis que ces effets ont lieu, les portions de sulfure en contact avec le verre sont décomposées, et forment des rudiments d'octaèdre d'une très-grande minceur. Ces cristaux paraissent avant que l'on commence à en apercevoir sur la lame de cuivre. Ainsi, l'action capillaire a assez de force pour retenir le mei-curc et lui faire perdre son état liquide.
Dans un tube renfermant de ro,\ide d'argent, une