‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 30 sur 231 · CHAPITRE VI. t l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. t l

XJti basalle dans lequnl l'analyse av.iit donne sur loo parties 3 7 de soude et -j partie d'acide hydru-chlorique avec 1 5 parties de chaux , ayant ètû soumisà l'expérience pendant dix licutcs, du coté négntif il s'est inanileslé une forte odeur de chlore et de l'autre côté ou a trouvé un mélange de chaux et de soude,

La lépidolilhe a donné de la potasse. Une lave vitreuse de l'Etna, un mélange de soude, de potasse et de chaux.

I iti4- Davy ayant pris un tube de verre qui pesait 84 grains -pïT; le mit en communication au moyeu d'asbcste avec unt> coupe d'agate, l'un et l'autre rem»plis d'eau distillée et soumit le tout à l'action d'une pile de i5o couples, le tube comninniquaiit avec le pôle négatif. Au bout de quatre jours, l'eau devînt Irès-atcalinc et donna par l'évaporation de la soude mêlée avec une poudre blanche insoluble dans les acides. Le tout pesait rî7 giains, le tube ne pesait plus que 84 tW- Havy recoimut que l'asbeste avait été aussi attaqué, ce qui explique la différence.

1 165. M. Crosse, dans ces derniers temps, a employé les courants provenant de pile h, grand nombre d'éléments et chargées avec de l'eau pure, pour décomposer des substances insolubles et former des composés analogues à ceux qu'on trouve dans la terre, question dont nous nous occupons depuis huit ou dix ans, en nous servant seulement d'électricité à faible tension. Les seuls renseignements circonstanciés qui soient parvenus à notre connaissance sur les travaux de ce physicien, sont dus à M. Richard Philips (i), qui a vu fonctionner les appareils. Voici la description qu'il fait de quelques-uns d'entre eux :

I. Une batterie de 100 paires, de a5 pouces carrés, chargée avec de l'eau, agissait sur des coupes contenant ' once de carbonate de baryte et de sulfate d'alumine,

(1) AnuaU of F.liiL-tilcity, Magnétisme and ChemistrVjjonvier

Il4 EFF. PROD. PAR l'ÉLECT. à. FORTE TENSION.

dans le but d'oblenir du sulfate dfi bui'yte au pôle positif et des cristaux d'aluittitie au pôle négatif.

2. Une batterie de 1 1 paires cylindriques, de i:) pouces sur 4 > agissant pendant six. mois sur du fluo-silicate d'ar* gent,a produit de grands ci'istau\ hexaèdres d'argeat au pôle uégatir, des cristaux de silice et de la calcédoine au pôle positif.

3. Une batterie de loo paires, de 5 pouces carrés, opérant sur du niti'ale d'argent et de cuivi'e a produit de la malachite au pôle positif; au pôle négatif, des cristaux qui paraissaient avoir des angles et des faces ap. préciables: il est très-probable que l'on a pris du sous^ nitrate de cuivre pour de la malachite.

4- La batterie regardée comme sa meilleure était cpni* posée de 8i3 paires, de 5 pouces, isolées sur des plateaux de verre reposant sur des barres de bois cimeutéeit et si légèrement oxidées par IVau qu'on n'avait besoia de la nettoyer qu'une ou deux fois par an. M. Philips, en essayant l'effet de 458 paires, placées sans ordre, n'a éprouvé que quelques commotions dans les doigts, maïs son pouvoir a suffi pour produire des effets bien marqués sur les minéraux , dans le cours de quelques semaines.

5. Une batterie composée de plaques semi-circulaii'es, de I j pouce de rayon , placées sur des plateaux de verre, et agissant penilatit cinq mois à travers une brique po» reuse sur une solution de sdice dans la potasse, a donné naissance à de petits crLstaux de quarts.

6. Une batterie de 3o paires, de même grandeur que les précédentes, agissant depuis le 27 juillet, sur un mélange de ao5 grains de sulfate de plomb, d'oxide blanc, d'antimoiue, de sulfate de cuivre, de prqto-sulfale de fer et de trois fois la même quantité de verre commuQ^ a doimé sur le fil négatif du cuivre pur en deux jours, et des pyrites de fer cristallisé en quatre jours. Ou espé» rait obtenir des sulfures de plomb, de cuivre et d'antimoine, en enlevant loxlgène aux sulfates.

M. Crosse évite d'employer des liquides acides ou salés pour faire fonctionner ces appareils; en les chara

les chai^an^^

CHAPITBB VJ, Ïl5

qvec de l'eau pure, ils peuvent conserver Ifiu'éiiergiesans altération sensible pondant nnti année.

Il a oblenu le donblu sulfure d'argent tt d'antimoine, iç l'arseniate de cuivre cristallisé.

Âj'ant remarqué ({ne dans les montagne.s de Quantock i| exisiuit du spatli calcaire inci'usté dans la pierre à hâlir et de l'arragonite dans du scbiste argileux, il ea 4 ponctu que ces minéraux avaient été formés par l'eau W\ filtrait dans ces roclics; ayant recueilli de cette eau, i) la «uumit à l'action d'un de ses appareils pendant dix jwr^, et parvint, par ce moyen, à produire des substances «mihlables ;'i celles que nous veinons de citer. Il a cru reconnaître dans le cours de ses expériences que |a It)» mière nuisait à la perfection des cristaux, attendu qu'il a obtenu dans une période plus courte et avec un pQit< voir électrique plus faible les mêmes produits à l'ombre, En soumeltunt à l'expérience de l'acide iluoiique-silicé, ilaobleEiu des cristaux de qttartz. En suivant le dévelop> pement de ces cristaux, il a commencé à apercevoir uq hexagone, ensuite des ligues radiées partant de son cear tre, puis des faces se sont formées parallèlement n\t^. cotes. Quelques mouvements survenus dans l'opératioq ont fait naîtie un second cristal, qui a formé Iiémttropif avec le premier.

I § II. De l'action des courants produits par de ^^ HéieetricUé à faible tension iur les substanoeg W^ insolubles.

1 166. Jusqu'ici on a fait usage, pour décomposer les substances iosulublcs, de courants électriques produits par des appareils composés d'un nombre plus ou ux>ins considérable d'éléments; mais ou peut arriver au même but en employant simultanément les affinités et l'action des deux électricités dégagées dans la réaction lente de deux corps l'un sur l'autre. Eu effet, nous avons déjà dît (i)

, (1) Tome III, paj;e 38...

t l6 DE L*ACT. DF.S COUR. PROD. P\R DE l'ÉLEC, ETC.

que si le pouvoir électrique, en vertu duquel les éléments d'un corps sunt combinés, pouvait êtrccliangé en courant, ce courant aurait l'intensité nécessaire pour opérer la séparation de ces mêmes éléments. Or, lorsque deux corps se combinent ensemble, les électricités mises en liberté représentent exactement celles qui constituent le pouvoir électrique. Si donc on parvenait à les recueillir Éomplétenient , de manière ,1 produire un courant, ce dernier opérerait la séparation d'un même nombre d'éléments. Nous ne pouvons malheureusement ti-ausformer en courants qu'une Irès-faible portion des deux électricités dégagées, attcniln qu'il se produit dans le liquide une foule de recompositions qui diminuent d'autant l'inlensitéducourantprincipal. Déplus, lesobstaclesqu'elles rencontrent diminuent aussi leur vitesse initiale. D'après cela, pins on affaiblit le nombre de ces recompositions, plus l'intensité du courant augmente, et plus alors elle tend à devenir égale à celle d'une pile composée d'uu certain nombre d'éléments. On remplit cette condition en disposant les appareils pour que les électricités dégagées parcourent le plus petit espace possible dans le liquide. Pour donner une idée complète de la méthode générale que nous venons d'indiquer, nous allons citer une série d'expériences qui monticront le parti que l'on peut tirer de ce nouveau mode de décomposition et de recomposition.

Quand nous avons indiqué les procédés électro-chîmiques à l'aide desquels on parvenait à se procurer des cristaux de carbonate de plomb, nous avons mis en pratique plusieurs procédés. Dans l'un d'eux, une lame de plomb, en relation avec le pôle positif d'un appareil voltaïque simple, a été placée dans de l'eau au fond de laquelle se trouvait du carbonate de chaux. Du côté négatif se trouvait un nitrate métallique. L'oxigène et l'acide nitrique étant transportés sur la lame de plomb, réagissaient sur le métal qui exerçait aussi une action décomposante sur le carbonate de chaux: ces effets divers ont produit du carbonate de plomb et du nitrate de chitux.

îs. En voici un autre que s un autre point de

limèlrcs de diamèlre, -; gramme de sulfure

CHAPITllE Vr. I l'J

Ce premier exemple indique déjà la niarclie générale que l'on doit suivre pour faiic agir l'électiirité à Faible tension sur Jes composés insoluble; nous avons déjà rapporté, mais vue (loai) :

1 167. Dans un tiibe de 4 " fermé par un bout, on a mis .

noir de mercuie, sur lequel on a versé une solution saturée de sel marin, puis on a plongé dedans une lame de cuivre, et l'on a fermé ensuite hermétiquement le tube. Bien que le sulfure de mercure ne soit pas soluble dans lesel marin et que celui 'ci n'attaque pas sensiblement le cuivre hors du contact de l'air, cependant des diverses réactions chimiques faibles qui ont lieu au contact du cuivre, du sulfure de mei'curc, de l'eau et du chlorure de sodiuni, ont produit les effets suivants : décomposition du sulfure,, cristallisation du mercure combiné avec du cuivre, sur la lame de cuivre et les parois du tube. Les cristaux sont des octaèdres réguliers et des segments octaëdriques. L'opération continue sans interruption depuis huit ans, et tout porte à croire que tout le sulfure finira par être décomposé entièrement.

Si l'on opère avec de l'eau distillée au lieu d'enu salée, que l'on amalgame le boutdela lame de cuivre qui est en contact avec le sulfure de mercure et qu'on laisse le tube ouvert, les réactions électro-chimiques marchent rapidement, car on commence à apercevoir des cristaux de mercui'e el de cuivre huit jours après sur la partie supérieure de la lame. Il est probable qu'il se forme d'abord du sulfate de mercure, puis du sulfate de cuivre, dont la décomposition produit les effets décrits.

1 168. On a mis dans un tube tle verre du carbonate de cuivre, une solution saturée dé sel marin, une lame de fer, et l'on a fermé hermétiquement le tube. Peu à peu le carbonate de bleu est devenu noir, la lame s'est recouverte de cuivre métallique et la décomposition a fini par être complète. Le tube renfermait un décigiamme de ■ .«arbonate hydraté de cuivre. Il est hors de doute, d'après

1 1 8 DE l'act. des coub. pbod. pah ]>e l'élec, etc. les effets produits, que dans les diverses réactions qui OMt eu lieu au contact de l'eau, du sel marin, du carbonate de cuivre. et du fer, le carbonate hydraté n'ait été d'abord décomposé sous l'influence voltaïque en eau et en carbonate anhydre, c'est-à-dire que l'eau n'ait été transportée sur le fer à la manière des acides. Quand l'expérience se fait au contact de l'air, il se précipite de l'oxlde de fer.

Eo substituant au fer une lame de plomb, il y a également décomposition du carbonate de cuivre, sans qu'on observe bien seasiblemeut le passage du carbonate hydialc au carbonate anhydre, puis formation de double chlorure de plomb et de sodium qui cristallise en jolis rhomboèdres; de carbonate de plomb et probablement de chloro-carbonale en cristaux aciculaires. La liqueur devient légèrement alcaline par suite de la soude mise à nu. Les diverses substances qui résultent des réactions électro-chimiques sont tellement mêlées les unes avec les autres, qu'il est très-difiîcile de les séparer.

Prenons actuellement du carbonate d'argent, de l'est! disliltéeet une lame de plomb, le tout disposé comme dalla les expériences précédentes; le carbonate ne tarde pas à cire décomposé; la partie adhérente au verre forme en divers endroits une surface continue et brillante comme si le verre était étamé, preuve de l'influence àte surfaces sur l'action électro-chimique. I^a lame de plomb se recouvre de carbonate hydraté de plomb en petites lamelles nacrées. Ce carbonate, cocnme celui de cuivre, ne peut être décomposé qu'en admettant que les effets électriques produits dans l'oxidation du métal, au contact de l'eau et de l'air, sont capables de séparer les éléments des sels métalliques insolubles soumis à leui' action.

En substituant au plomb une lame de cuivre ou de fw, le carbonate d'argent est encore décomposé, mais plus rapidement encore qu'avec le plomb. Une partie du gaz uciile carbonique se dégage ; l'autre forme avec l'oxide de enivre du carbonate vert, qui se change peu à peu en i^i^onatebleu, sous la forme do cristaux niicroscopi^

du

Page 1