CHAPITRE VI
formé ne soit qu'un sous-sel; la quantité que l'on en a obtenue est encore trop faible pour qu'on en puisse faire l'anal^'se.
En opérant avec l'arséniale d'argent, l'eiin distillée et une lame de cuivre, le sel niclallique est également décomposé, l'oxide d'argent est réduit, et il se forme des cristaux aciculaires d'arséniate de enivre d'un vert tendre.
Nous avons soumis aussi à l'expérience le chromate d'argent , avec l'eau distillée et une lame de plomb, dans l'espoir de former le chromate de plomb semblable à celui de Berezoff, et que nous avions déjà obtenu par d'autres procédés. Le cliromate n'a pas tardé à être décomposé : il s'est déposé sur la paroi inférieure du verre des lamelles cristallines d'argent ; l'acide cbromique, devenu libre, s'est combiné avec l'oxide de plomb formé aux dépens de l'oxigène de l'oxide d'argent. Il en est résulté un chromatede plomb jaune, qui s'est cbangé peu à peu en cliromate d'un rouge orangé, en cristaux aciculaires.
c I ^ I . Ces expériences étant variées de mille manières, peuvent donner naissance à des produits électro-chimiques qui ne peuvent manquer d'intéresser la chimie et ht géologie.
117a. On peut opérer également sur des composés insolubles qui ne renferment pas d'oxide métallique. Nous prendrons pour exemple l'iodure de soufre qui laisse dégager facilement de l'iode. Si après l'avoir broyé en parties très-ténues, on le met dans un tube de verre avec de l'eau et une lame de plomb , l'eau se charge peu à peu d'iode, il se forme promptement des cristaux d'iodure de plomb de plusieurs millimètres d'étendue; des cristaux d'iode très-nels se déposent sur le plomb et sur la paroi du tube, et le soufre est insensiblement mis à nu.
Si l'on substitue au plomb une lame d'étain, la décomposition de l'iodure de soufre dans un tube rt petit diamètre paraît marcher plus rapidement. Dans l'espace de a4 heures, il se dépose sur la lame des aiguilles d'un per-
124 FORMAT. ilECTBO-CaiM. DE l'aKHAGOISITE. épreuve un crislal d'arnigoiûttï qui n'a que deux sens povisibles de clivage; on n'aperçoit plus alors de rhombaîiles,inais bien une foule de petites lames cristaliisées, terminées par des lignes parallèles dans deux sens et ne présentant dans les deux autres qu'une cassure vitreuse. Voilà un moyen très-simple de distinguer lespalli rhoin- Loïdal de l'arragonite.
Ou trouve le clivage du ihomboèdre dans le flos-ferri, les dragées de Tivoli, le marbre blanc lamellaire, le marbre blanc saccharoïdû, et le clivage de l'arragonite dans l'arragonite fibreuse de Vertaison, dans quelques stalactites fistulaiies, l'albâtre de Montmartre et divers autres calcaires. On avait déjà reconnu que le flos-ferri devait être rangé dans la chaux caibonalée ordinaire, , et l'on soupçonnait que l'albâlre de Montmartre appartenait à l'arragoniie, mais on n'avait pas encore obtenu de preuves aussi directes pour opérer ce rapprocliement que celles que nous venons de donner.
§ II. Formation électro-chimique de l'arragonite..
1 1 7^. Pour former l'arragonite, on emploie l'appareil, figure 5, composé de trois bocaux tubulés A,A',A";le premier est destiné à dégager de l'acide carbonique par les procédés ordinaires de la chimie et communique avBC A' au moyen d'un lubc recourbé «éc, dans lequel passe le gaz. La communication de A' avec A'' est établie avec un autre tube recourbé a' i' c', rempli d'argile humide et dont les deux bouts sont coiffés avec du linge pour empêcher la sortie de l'argile. A' est rempli d'eau purSi ou mieux encore d'une solution saturée de carbonate de chaux dans l'acide carbonique. Dans celte dissoluHo" plonge une lame de platine, qui communique avec le pôle négatif d'une pile de 3o éléments, clîargée avec tic l'eau pure ou de l'eau renfermant uue petite quantité de sel marin. I^e lioisièiue bocal contient une solution «o cldorure de calcium, dans laquelle se trouve unelat
CHAPITBE Vil. laS
platine en conimiiuïcation avec le pôle positif de la même pile. Des lubes tie sùieté 1 1 sont places dans les bocaux A, A' : la preniiÈre tubulure de A, qui est feimée avec un bouchon, est destinée à iiitroduiie le carbonate de chaux nécessaire pour effectuer le dégagement du gaz acide carbonique; dans l'ouverlure O passe, outre le tube de sûreté, un autre putil tube que l'on ouvre de temps à autre pour laisser sortir l'bydrogèue. Quand l'appareil est bien Inlé, ou procède au dégagement du gaz acide carbonique, eirmême temps que l'on fait fonctionner la pile.
Voici ce qui se passe : le chlorure de calcium est décomposé, la chaux est transportée dans A', où elle trouve de l'acide carbonique avec lequel elle se combine; mais au lieu de cristalliser immédiatement sur la lame de platine, elle se dissout dans l'excès d'acitle. Cet effet continue jusqu'à ce que l'eau acidulé soit saturée de chaux. La cristallisation commence alors sur la lame même du platine. L'action décomposante de la pile s'exerce également, quoique faiblement , sur le bicarbonate de chaux; on a , d'uue part , de l'acide carbonique et du carbonate de chaux, et de l'autre de l'acide carbonique et de ia cbaux. Mais celte dernière décomposition doit être excessivement faible, attendu qu'elle se produit au milieu d'un liquide chargé d'acide carbonique. La chaux n'est pns le seul corps qui soit transporté dans le bocal A'; l'hydrogène, qui provient de la décomposition de l'eau, s'y rend également. Ce gaz , en se dégageant autour de la lame de platine, agite le liquide et nuit à la cristallisation. Pour obvier à cet inconvénient on place au fond du vase de l'hydrate de cuivre, lequel se combine peu à peu avec l'acitle carbonique. Ce nouveau carbonate est dissous, puis décomposé par le courant ; l'hydrogène aide à la réduction du deutoxidc de cuivre et ne trouble plus la cristallisation du carbonate de chaux; mais alors la lame de platine se recouvre de cuivre métallique ou de pi'otoxide, suivant la force de la pile, et quelquefois Hfoêiiie (le carbonate bleu et vert de cuivre en petits tu-
laO DKS CRIST. DE CHAUX CARB. SPATHIQ., ETCi
Acide tarboiiique libre 0,000786
Carbonate de soude neutre.. . . o,oo2833
Muriate de soude o,oooj56
Carbonate de chaux o,ooo44o
Carbonate de magnésie.. ..... 0,000240
Silieo 0,000100
Oxide de fer 0,0000 1 4
o,oo6ao3
I [77. M. Berlliier, qu! a fait une étude approfondie (les eaux minérales, et en parlicuHer des eaux thermales de Saint-Nectaire, nous a donné des renseignements précis sur les changements qui s'y produisent quand elles sont au contact de l'air. Ces eaux suintent en bouillonnant à travers les fissures d'un gneiss jaunâtre en décomposition. Près de leur source elles sont très-limpides, mais elles ne tardent pas à louchir et déposent sur Je sol des incrustations calcaires qui s'accuniulenl avec le temps et finissent par former des lochers d'une grande étendue. Dans les journées chaudes , elles déposent sur les herbes des efflorescencps blauclies alcalines. Ces dépôts varient de couleur : ils sont d'une couleur ocracée due à l'ojgde de fer qui se dépose dès que l'eau a le contact de, l'air. Les autres sont grisâtres ou blanchâtres et sont composas de couches concentriques; la cassure en est presque toujours cristalline et striée. Voici l'analyse qu'il adonnée de toutes CCS concrétions :
Sable mêlé de silice gélatineuse. o,i4-
Carbonate de chaux 0,78 .
Carbonate de magnésie o,o4-
Oxide de fer o,o4 ■
Les efflorescences alcalines sont pulvérult
. . trace*.
iles et i