‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 36 sur 231 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ACilOm CHIMIQUES DIVERSES QUI DOIVÉSrT ÂTltiE PlUSES EN CONSIDésATION DANS L^ PHENOBlikNES 0]ÉOIjOGI9U£S.

§ I". De Faction simultanée des matières sucrée^ et mucilagineuses sur les 0xide$ métalliques par t intermédiaire des alcalis et des terres.

1186. Nous sorames naturellement conduit , puisque nous traitons des actions leQte3y à examiner l'action simultanée des matières sacrées et mucilagineuses sur les oxide« métalliques, ainsi quelles sels qu'ils forment avep différents acides, puisque les eaux minérales renferment fréqu^mmeât des matières organiques qui peuvent réagir sur le$ composés métalliques des roches qp^elles traversent.

Voguel (ï) a fait \oir que beaucoup de sels métalliques peuvent être décomposés par un grand nombre de substances du règne organique. Suivant ce chimiste, '^ principe sucré se trouve au premier rang. Ayant traité plusieurs de ces sels à la température de l'eau bouillante, il a obtenu les résultats suivants : La dissolution ^d'acétate de cuivre est décomposée par le sucre; Tacide acétique se dégage , il se précipite du protoxide de <îuivre, et la liqueur surnageante est un proto-acétate de cuivre. Les îaulres espèces de sucres partagent jusqu'à

v) Journal de Pharmacie, t. i, p. a4i*

l36 DE l'aCT. SIMÏJLT. DIÎS MAT. SUCHÉES, ETC.

un certain point cette propriété décora posante. I^a gomme arabique ne décompose pas ce sel; le sulfate de cuivre, au lieu de protoxrcie, donne un précipité de cuivre métallique; les sels de fer, de zinc, d'élain et de manganèse, sont indécomposables par le sucre; le deuloxide de mercure passe à l'état de proto-chlorure; le murialc d'or et le nitrate d'argent sont très-facilement déconiposables par le sucre; le peroxide de mercure est ramené à l'état de protoxidc; les oxîdes de plomb sont très-solubles dans une dissolution de sucre; enJin Voguel a avancé que dans toutes les désoxidations opérées par le sucre , il se forme de l'eau aux dépens de l'oxigène du métal et de l'hydrogène du sucre. Tel est le résultat de ses expériences touchant l'aclion des substances végétales 5ur les sels métallique. Guidé par nos recherches électrochimiques, nous avons suivi une autre marche pour déterminer l'action de ces substances sur les oxides métalliques ; nous avons fait réagir immédiatement ces derniers sur le sucre, par l'intermédiaire des terres et des alcalis.

1 187, Si l'on traite, à l'aide de la chaleur, par l'eau et la chaux, l'hydrate de cuivre nouvellement précipité, l'oïide devient noir et passe probablement à l'état anhydre; mais si l'on ajoute une très-petite quantité de sucre ordinaire, un dixième, par exemple, du poids de l'hydrate, une portion de l'oxide se dissout et la liqueur prend une couleur bleue, semblable à celle de la dissolution de l'oxide de cuivre dans l'ammoniaqne. Le miel et le sucre de lait jouissent de la même propriété, qui paraît propre aux matières sucrées. La polasse et la soude se comportent de même que la chaux, seulement leur faculté dissolvante est plus forte; la baryte et la stronliane ne possèdent cette propriété qu'à un degré très-faible; ainsi la potasse, la soude et la chaux jouissent donc de la propriété de dissoudre, même à froid, le deuloxide de cuivre, quand elles se trouvent en contact avec une matière sucrée. Voilà un caractère tranché qui sert à reconnaître cette matière dans une solution de composés organiques.

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f La gomme pst loin de produire un effet semblable, nomme nous allons le voir. J.es alcalis et les terres ne précipitent pas la dissolution de gomme dans l'eau, mais si l'on ajoute du deutoxide de cuivre à l'élat d'iiydrale, il se forme aussitôt un précipité floconneux blanc de gomme et d'oxide de cuivre. Si l'on ajoute suftisamment d'oxide, on peut précipiter par ce moyen toute la gomme : c'est sous l'influence dn la potasse que cet effet se produit. Quand la dissolution renferme en outre une petite quantité de matière sucrée, celle-ci réagit aussitôt sur l'excès d'oxide de cuivre ^ le dissout et colore en bleu la dissolution. Cette propriété de la gomme, qui diffère essentiellement de celle du sucre, dans les mêmes circonstances, nous fournit un moyen très-simple de reconnaître la présence de l'une et de l'autre dans une dissolution composée de produits organiques. On commence par dissoudre dans le liquide un excès de potasse, puis on ajoute du deutoxide de cuivre également en excès , qui précipite toute la gomme ; dans le cas où il y a une matière sucrée, la dissolution se colore aussitôt en bleu; par exemple, le mucilage que l'on obtient par une décoction de farine de graine de Un , donne, par la potasse et l'hydrate de cuivre, un précipité analogue à celui de la gomme et de l'hydrate de cuivre, et la dissolution se coloie légèrement en bleu , comme si elle renfermait un peu de matière sucrée. Cette dernière réaction est-elle due au mucilage que renferme la graine de lin? nous ne le pensons pas; car ce mucilage, quand il est isolé des autres substances contenues dans la graine , ne jouit [pas de la propriété de dissoudre l'oxide de cuivre par l'intermédiaire de la potasse. 11 paraîtrait d'après cela que la décoction de graine de lin renferme une petite quantité de matière sucrée. M, Vauquelin, dans l'analyse qu'il a faite de la graine de lin , n'a pas fait mention de matière sucrée; mais cette substance s'y trouve peut-être en quantité si minime qu'il fallait une réaction très-sensible pour eu constater la présence. Le procédé ms venons d'indiquer, en raisoa de sa sensibilité

l38 DE l'act. simult. des mat. sucrées, etc. et de la facilité avec laquelle on le met en pratîqDe, pourra être de quelque ulilité aux botanistes et aux chimistes. Les résultats que nous veuons d'exposer s'obtiennent à la température ordinaire; mais si l'on soumet les dissolutions à l'action de la chaleur, les effets changent.

Prenons une dissolution de sucre de canne, de potasse et de deutoxide dans l'eau, dans des proportions telles que le sucre et la potasse soient quatre ou cinq fois plus considérables en poids que le deutoxide: la couleur bleue change aussitôt que l'ébullition commence; elle devient verte, verl-jaune, jaune-rouge, puis rouge; tout le deutoxide est alors changé en protoxide qui n'éprouve plus ensuite aucun changement, quelle que soit la dur^ de l'ébullition. Si l'on ajoute successivement de l'oxlde de cuivre jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de protoxide, on parvient à décomposer entièrement tout le sucre, et il ne reste plus dans la dissolution que du carbonate de potasse et une petite quantité d'acétate de la même base, comme on pouvait le prévoir en raison des observations électro-chimiques exposées précédemment. Oji reconnaît la présence de l'acide acétique en versant de l'acîdesulfurique sur le résidu de la dissolution évaporée à sîccité. Le sucre de lait se comporte à froid comme le sucre ordinaire à l'égard du cuivre et de la polasse; mais si l'on ti'aite la dissolution par la chaleur, l'oxide de cuivre passe à l'état de protoxide, puis est réduit à l'état mé* tallique; effet que l'on n'obtient jamais avec le sucre de canne : outre les différences entre les propriétés chimiques qui existent entre les deux substancef, celle que nous venons d'indiquer peut servir à les distinguer l'une de l'autre,

Les oxides d'or, d'argent et de platine, soumis aux mêmes expériences que l'oxide de cuivre, sont réduits à l'état métallique, comme par le piocéJé de Voguel. Les oxides de fer, de zinc, de cobalt, de nickel, n'éprouvent aucun changement . quand on les traite par la potasse et le sucre de lait. Si l'on traite par l

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