CHAPITRE VIII
3 granimes de ileutoside de mercure, avec 7 grammes tle sucre de lait, q de potasse et 10 d'eau, le mercure est réduit à letat métallique, sous forme de pdle : le inétat se trouve alors dans un grand état de division, en raison de l'eau interposée enli-e ses parties. On peut se servir de cette pâte pour fixer le mercure sur le verre sans l'intermédiaire de l'étain; il suffit pour cela de l'étendre en couches très-minces, et de chauffer légèrement le verre; la chaleur chasse une partie de l'eau, et l'autre partie sert d'intermédiaire entre le verre et le mercure, pour faire adhérer ce deruier. L'adhérence est assez forte pour empêcher qu'un choc un peu fort imprimé au verre n'eu détache le métal. Nous croyons qu'une des causes de l'adhéreuce doit être attribuée aussi à la présence d'une petite quantité d'oxide de mercure dans le métal; car l'on sait, d'après les expériences de M. Dulong, que le mercure peut adhérer au verre ea raison de l'oxide qu'il renferme. On parvient, par le même procédé, à fixer sur le verre les amalgames d'or et d'argent : nous n'en faisons mention ici que parce qu'il se pourrait faire qu'on eût besoin de semblables surfaces métalliques, dans des expériences sur la lumière ou la chaleur.
I^a chaux, et par suite la baryte, et la strontiane ne se comportent pas comme les alcalis à l'aide de la chaleur, par rappoi-t à l'oxide de cuivre et aux matières sucrées. Nous avons vu que les alcalis fout passer l'oxide, suivant la nature de la matière sucrée, à l'état de protoxide ou bien k l'état métallique : la chaux , qui dissout facilement cet oxide par l'intermédiaire des mêmes matières, ne jouit pas de la propriété d'opérer une de ces deux réductions à l'aide de la chaleur; elle détermine un précipité jaune-orangé, formé de protoxide de cuivre et de chaux, dont on connaît aisément la nature en le traitant par l'ammoniaque. La baryte et la strontiane donnent lieu également à la formation d'tin protocuprate de baryte et de strontiane; l'action spon- ^Unée produit les mêmes effets, et l'on peut même s'en
l4o DE LA. CRISTAL. DE QURLQ, OXID. MÉTAL., ETC. servir pour accélérer la furmation des cristaux de carbonate hydraté de chaux , car le dtiutoxide de cuivre , en pai^tiiintà lelat de protoxide, cèdeune partie de sonoxîgèue au carbone ; l'acide carbonique se combine alors avec la cbaux, et il se précipite sur les jjarois du vase tin prolocupratc de chaux orangé.
On peut obtenir également du protocuprate de potasse et de soude.
§ IT. De la cristallisaUon de quelques oxides métalliques par r intermédiaire du peroxide de potassium.
1 1 88. Puisque nous cberchons tous les moyens tjue la nature a pu employer pour former les substances qui se trouvent dans les diverses formations de la terre, nous ne devons omettre aucun de ceux dont les sciences physiques et chimiques peuvent disposer pour faire cristalliser divers composés, entre autres les oxides métalliques dont plusieurs n'ont pu être obtenus en cristaux n-guliers par aucun des moyens dont disposent la chimie et l'électro-chimie.
Nous avons eu l'idée de prendre pour dissolvant le peroxide de potassium, qui, en raison de son degré d'oxigénation , ne doit pas posséder la faculté de former avec eux des combinaisons aussi stables que la potasse, qui est une base plus énergique.
On sait que lorsqu'on chauffe de la potasse dans un creuset d'argent découvert, elle fond, perd une partie de son eau et prend à l'air, -en échange, de Toxigène pour se transformer en peroxide de potassium. Quand le creuset est refroidi, vient-ou à jeter de l'eau sur le ppi-oxide, il y a dégagement d'oxigène. Cela posé, si l'on met dans un semblable creuset un demi-gramme de deutoxide de cuivre, avec 2 ou 3 grammes de potasse à l'alcool, et que l'on porte la température, pendant quelques minutes , jusqu'au rouge naissant , le deutoxide s'y dissout complètement. La dissolution étant refroidie, ai
CBAPITRE viir. r^i
l'on traite la masse par l'eau, il y a dégagement de gaz oxigène pur; ce qui annonce qu'il s'est formé du peroxide de polassiuiii. Il se précipite en même temps des flocons de deutoxide de cuivre et des petits cristaux de même nature, dont plusieurs ont quelquefois i ou 2 millimètres de longueur, lorsqu'une partie de la potasse a été transformée en peroxide de potassium , et que le refroidissement a été lent. Ces cristaux sont des octaèdies réguliers d'un vif éclat métallique. Ils se forment à l'instant où commence le refroidissement, car il est impossible de les distinguer dans la masse solide avant le lavage; ils ne renferment aucune trace de potasse et jouissent de toutes les propriétés propres au deutoxide de cuivre. On doit ajouter que le succès de l'expérience dépend de la pureté de la potasse; car si l'on emploie de la potasse à la chaux, il y a à peine apparence de cristaux dans le précipité.
On pent se faire ici deux questions : La potasse formet-elle avec l'oxide de cuivre deux combinaisons, dont l'une est stable tant qu'elle n'a pas le contact de l'eau, et dont l'autre est détruite au-dessous d'une certaine température ? ou bien : Le peroxide de potassium qui se ' forme, comme l'annonce le dégagement d'oxigène, jouitil de la propriété de dissoudre à une certaine température une portion de l'oxide de cuivre, tandis que l'autre secombineavec la potasse non décomposée? L'expérience suivante sert à fixer les idées à cet égard.
On a mis dans un tube de verre, fermé par un bout, lin décigiamme de deutoxide de cuivre, avec quelques décigrammes dépotasse; l'autre bouta été efflié à la lampe, et oa l'a fermé tout à fuit quand une partie de l'eau a été chassée. La température a été portée ensuite au rouge naissant. Après le refroidissement, la masse a été traitée avec l'eau ; il ne s'est précipité que des flocons d'oxide de cuivre sans cristaux. Ainsi l'oxide a été dissous comme à l'ordinaire par la potasse; or, comme il n'y a pas eu formation de peroxide de potassium, cette expérience prouve que la produclioa de ce composé dans le creuset
l4l DE tiL CRIST. DE QUSLQ. OXIDES MlÉTAt.., ETC. d'argent a ^té une cause déterminante pour la dissolution et la cristallisation tlii deuloxide tic cuivre.
La formation des cristaux de deutoxide de cuivre s'opère, avons-nous dit, toutes les fois que le creuset reste assez longtemps au feu pour qu'il y ait production de peroxide de potassium ; mais si on l'y maintient à la température rouge, pendant quelque temps, tout te deuloxide se change en protoxide. Les cristaux de ce composé ont une couleur rouge de brique, et sont beaucoup plus petits que ceux de deutoxide. 11 est probable que, dans cette transformation, le deuloxide cède une portion de son oxigène au protoxide de potassium, pour lu faire passer à l'état de peroxîde.
Le protoxide de plomb, traité de la même manière qiie le deutoxide de cuivre, donne des lames carrées et même des petits cubes de protoxide, quand on laisse le creuset exposé peu de temps à la chaleur; mais si cette action est continuée pendant quelque temps , le protoxide passe à l'état de peroxide, qui cristallise en lames hexa* goiiales d'une couleur puce avec des reflets jaunâtres.
Lepbospliate el le sidfale de plomb, traités de h même manière, sont entièrement décomposés par la potasse, suivant la durée de l'expérience et le degré de chaleur. On obtient des cristaux de protoxide ou de deutoxide.
L'oxide de cobalt a été obtenu par la même méthode en lames carrées qui paraissent dépendre du même système cristallin que tes cristaux de deutoxide avec lesquels ils sont isomorphes. L'oxide de zinc se présente sous la forme d'aiguilles cristallisées de couleur jaune sale. L'oxide de cobalt n'a pu donner des cristaux, ainsi que 1« pei-oxide de fer, qui se dissout très-bien à l'aide «le la chaleur dans-cclni de potassium, et dont il se sépare pir le lavage en flocons rouges , avec un dégagement rapide de gaz oxigène pur. Tels sont les oxides qu'on a pu obtenir cristallisés jusqu'ici par le procédé que nous venons d'indiquer.