RUE JACOB, H
M DCCC XXXVll,
GHAt>iïIlE II.
DEDIVERSESCAUSES POUVANT DEPENDRE D'EFFETS £Lf:CTniQlIES QUI j;XËRCE.\T UNE INFLUENCE SUR LES ACTIONS CHIMIQUES,
§ 1"^. De Vinflueiice fjue l'eau exerce sur un grand nombre de composés.
1034. Dans lotîtes les aclioiia lentes que nous allons exposer, l'eau jotiant u» ecrtaiu rôle, sojt eti cé(]ant aux forjjs en prôseiice un de ses principes ou tous les deux, soit eu servant de veliicule aux éleeti'icités dé* gag<<es dans les actions diiniîques, nous devons examiner quelques-unes des circonstances ott ce liquide exerça une action déterminante sur les pliénoinèues de décom-' position et de recomposition,
On a obsené depuis longtemps que l'acide sulfurique anliydre n'exerce aucune action sur le zinc, mais qu'il s'en manifeste une Irès-vive, dès l'instant qu'on y ajoute Une goutte d'eau. Le cuivre éprouve une action semblable de la part de l'acide nitrique concentré, lorsqu'on y verse également une goutte d'eau. Il est difficile de supposer que celte petite quantité d'eau , qui détermine dans l'aeide une vive effervesrence, soit là uniquement pour contribuer à la formation d'un liydiate. Si nous voulons expliquer ce fait, en nous appuyatit sur la théorie électro-chimique, nous dirons: Il faut toujours trois substances, dont une liquide au moins, pour produire un courant éleclrocliimlquei or, quand te cuivre est plongé dans l'acide
nitrique concentré, on i»; peut douter qu'il n'y ait déjà une action cliimique, faible à la vérité; mais si on y ajoute une goutte d'eait, qui se répand aussitôt dans tout l'acide , la particule de ce liquide, qui se trouve en contact avec les particules acier et acide, sert à constituer un conpie voltaïque , dont l'action contribue h activer l'effet cliimique.
M. Pelouze, qui a étudié ce phénomène, a trouvé que l'acide nitrique très-con centré n'attaque pas sensiblement la couleur bleue du papier tournesol bien sec et ne réagit même pas sur la craie à l'aide de l'ébullition.
Il existe un bon nombre de faits analogues aux précédents.
lo35. On doit rapporter à des effets du même genre la différence que présente l'intensité de l'action chimique de l'acide sulfurique sur le zinc, suivant que ce métal est très-pur ou mélangé. IjB zinc pur, plongé dans de l'acide sulfurique étendu d'eau, est à peine attaqué dans les premiers moments, tandis que le zinc du commerce, placé dans les mêmes circonstances, produit une grande quantité de gaz. M. de Larive, qui a observé ce fait, a cherché à déterminer les circonstances qui influent suP la quantité de gaz hydrogène que peut produire, dans un temps donné, l'action qu'exerce sur le zinc l'acide sulfurique étf-ndu d'eau.
Il résulte de ses expériences, que la proportion d'eau 4>t d'acide sulfurique qui doune naissance, par son action sur le zinc, à la plus gi'ande quantité de gaz hydrogène, est celle daiîs laquelle l'acide entre dans la solution pour 3o à 5o pour loo en poids; que cette même proportion est celle qui est la meilleure conductrice do l'électricité; que la différence que l'on observe entre le zinc distillé et le zinc du commeice, sous le rapport de l'action qu'exerce sur eux l'acide sulfurique étendu d'eau, parait provenir des substances étrangères qui sont mélangées avec le zinc du commerce, et particulièrement du fer jHUt s'y trouve toujours en plus ou moins grande quan-
l6 DES CIÏAHG, CHIM. PBOD. DANS LES CORPS, ETC. lilé; que l'influence de ces siibslances liétéiogènes seml)le, d'après lonles les circonstances qui i'accompagneat, êlre due à un effet électrique qui résuite de leur contact avec les particules plus oxidables de zinc.
Il est inutile d'ajouter d'autres faits à ceux qui précèdent pour indiquer l'influence que i'eau exerce quelquefois sur certaines reactions chimiques.
§ II. Des changements chimiques produits dans les corps par le froUetnent , la porphyrisation et la désagrégation.
io36. Avant d'aborder l'iinportanle question de la décomposition des roches et en général des corps qui se trouvent à la surface du glohe, ou à peu de distance de cette surface, dans l'inlérieur, nous devons reprendre une question que nous n'ayons fait qu'indiquer ( i ), celle qui concerne les décompositions chimiques produites par diverses actions mécaniques simples, qui sont ordinairement accompagnées d'effets électriques que nous avons décrits.
Lorsqu'on clive un minéral quelconque régulièrement cristallisé non-conducteur de réiectricité , chaque surface séparée emporte avec elle un excès d'électricité contraire. Ce phénomène n'ejit soumis à aucune loi, puisque cliaque face, semblablenient placée par rapport à l'axe du cristal , ne prend pas toujours la même espèce d'électricité. Nous avons inféré de là que le clivage, ainsi quediverses autres actions mécaniques, qui donnent lieu à un dégagement d'électricité analogue, sont probablement accompagnés de décompositions chimiques.
Pour reconnaître s'il y a décomposition chimique, ou non, quand on clive un minéral, ou qu'oii le soumet à la porphyrisation, il faut opérer sur des substance.s dont les éléments ne peuvent se combiner immédiatement
ti)Tomc II, p. 75.
CHAl'ITRE II. 17
'■après leui' séparation , tels (juc les silicates, les carbonates, etc.
Les éléments dont on a parlicnlièreinent à conslaler rexistcnce, sont des acides ou des alcalis; mais leur quantité est souvent si petite qu'il est nécessaire d'employer (les réactifs très-sensUiies.
Poui' les alcalis, uoiis nous sommes servi de l'infusion de chou rouge, de bois de Canipêche, du papier tournesol, légèrement rougi par un acide, et du papier curcuma ; pour les acides , des mêmes infusions et du papier tournesol.
Les substances soumises à l'expérience ont été pulvérisées dans un mortier d'agate, lavées préalablement et à plusieurs reprises avec de l'eau distillécj puis placées avec une goutte d'eau sur le papier à réactif, ou projetées dans l'infiiSLon.
On a observé depuis longtemps que le verre pilé dans un mortier d'agate verdit le sirop de violette, et que le nitrate d'ammoniaque triluii! delà même manière avec le carbonate de cliaux donne naissance à du carbonate d'ammoniaque qui se dégage et à du nitrate de chaux. Vauquelin avait aussi remarqua que la poussière de la stilbite et celle de l'ampliygène, qui sont des silicates de potasse et d'alumine , verdissent fortement le sirop de violette à la manière des alcalis ; que la topaze, qui ne renferme pas d'alcali, ainsi que le cristal de roclie, qui est delà silice pure, jouit de la même propriété.
On savait également que le carbonate de cliaux, tenu en dissolution dans l'eau, réagit comme les acides sur la teinture de tournesol, et comme alcali sur l'infusion de bois de Campêclie. Ces exemples iudiquent qu'on ne saurait trop se mettre en garde,quand on cherche à constater la présence des acides et des alcalis a l'aide des couleurs végétales , des changements que celles-ci éprouvent dans leur réaction sur divers corps. M. Chevreul a trouvé, par exemple, que tes hydrates de magnésie, d'ytria, de glucine, de zircoue et d'alumine, le protoxide de manganèse, etc., fonnenl, avec l'hématine, des com-
lO DES CH\HG. CRIM. PROD. DKVS LES CORPS, ETC. binaisous bleues insolubles dans IVau ; ces corps se comportent donc comme des alcalis par rapport à la matière colorante. Le même chimiste a découvert aussi que les sels à base de potasse et de soude, dont l'acide est faible, agissent comme des alcalis faibles sur Ibématine et la font passer à un rouge légèrement pourpre.
Si l'on fait passer à travers un filtre de papier Joseph une infusion de cliou rouge ou de bois de Campêche, la première devient verte et la seconde violette. Ce changement de couleur, (jui semble indiquer une réaction alcaline, nous avertit qu'il ne faut pas employer de papier Joseph dans les expériences du genre de celles dont nous nous occupons, soit pour filtrer, soit pour essuyer les corps,
loS^. Quand on met dans de Tinfuslon de chou rouge, préparée nouvellement, un cristal de spath d'Islande, du calcaire compacte ou cristallin, des concrétions tjalcaires poreuses, de la marne, de l'arragouite ou 'du spath d'Islande pulvérisé, tous ces corps verdissent plus ou moins rapidement l'infusion , à l'exception du premier qui ne lui fait éprouver aucun changement sensible dans l'espace de a/j heures. Il est probable que dans ce cas, la matière colorante exerce une action répulsive sur l'acide carbonique de la même manière que rbématine agit sur les sels à base de potasse et de soude dont l'acide est faible. Ainsi on n'eu peut pas conclure que le carbonate de chaux soit réellement alcalin. Dans nos expériences nous nous sommes mis en garde contre les effets i nous signalons, comme on va le voir.
io38. Si l'on porpliyrise, dans uu mortier d'agate, un cristal de mésotype, double silicate de soude et d'alumine, la poussière non-seulement donne la réaction alcaline , avec les |infusions de chou rouge et de bois de Campêche, mais elle réagit encore sur le papier de curcuma, effet qui n'a lieu que lorsque l'alcatiiiéité est assez marquée; il est facile de prouver que l'effet produit est bien dû à l'alcali mis en liberté par l'effet de la trituratioii et non à l'action des matières colorantes sur la mé-
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