‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 48 sur 231 · DES DÉCOMPOSITIONS DES GRANITES · texte numérisé non relu

DES DÉCOMPOSITIONS DES GRANITES

de plusieurs causes dont nous avons déjà parlé dans le cours de cet ouvrage et sur lesquelles nous reviendrons dans un instant. 11 résulte de ces diverses réactions un grand nombre de composés nouveaux, particulièremeul des sulfates, des arseniates, des arseniures, des silicates, des ocres, des oxides métalliques, etc.

§ II. Des décompositions des granités.

I2î3. Le granité étant une des roches les plus répandues sur le globe, uolis devons nous occuper d'abord de son altération. La cause qui la détermine est encore enveloppée pour nous d'un profond mystère , car elle est propre à certaines localités, surtout à celles où 11 se trouve des produits volcaniques, tandis qu'elle n'a pas lieu dans un grand nombre de localités où les roches granitiques sont restées intactes, quoique exposées depuis des siècles aux influences atmosphériques. C'est ainsi que les granités des Alpes n'éprouvent aucune altération bien sensible, tandis que les granités d'Auvergne sont tantôt intacts, tantôt en décomposition légère, tantôt en décomposition complète. Cependant, nous devons faire remarquer que l'on a observé depuis longtemps que le feldspath magnésien et calcaire résistait plus fortement à la décomposition que le feldspath à base de potasse.

1224- Le feldspath est la partie constituante du granité qui, en se décomposant, entraîne la désagrégation de la roche. Le produit de la décomposition est le kaolin ; on ne peut douter que les grands amas de kaolin ne proviennent de l'altération du granité : il en a quelquefois la texture et il renferme encore du quartz et du mica qui ont résisté à l'action décomposante.

M. Berihier a prouvé que la potasse n'est pas le seul corps enlevé dans l'acte de la décomposition et qu'il s'échappe encore de la silice, c'est-à-dire que le feldspath perd un silicate de potasse et se transforme en un silicate d'alumine dans lequel les proportions de silice et d'alumiae ae sont plus les luêmcs que dans le feldspath.

laaS. M. Fournet a étudié

indaiit !

I séjour à

Pontgibaud, la formation du kaolin dans les filons, dans les parties inférieures des basaltes et à la surface du sol. Ce kaolin provient bien des granités, gneiss et basaltes décomposes superficiellement dans leur place originaire. En suivant l'altération de ces roches, depuis la surface du sol jusqu'à une certaine profondeur, il a trouvé : i" une zone supérieure de couleur jaune ou rouge, due à la surosidation du fer; 2° une zone mitoyenne de couleur verte très-prononcée ; 3" une zone inférieure offrant tous les caractères d'un granité intact, mais qui se désagrège complètement au moindre choc. Il a trouvé enfin au-dessous, en liaison intime avec la précédente zone, le granité solide et non altéré. On voit donc que la décomposition de ces roches a été successive et a commencé par la'partie la plus voisine du sol ; dès lors elle est due aux influences atmosphériques.

Nous avons eu occasion de faire des observations semblables dans le Limousin.

1226. Dans les Vosges, on a remarqué que le granité est profondément désagrégé, sur les pentes horizontales seulement, près de leur contact avec les formations secondaires. Il est probable que cet effet est dû en partie à ce que le contact du granité et des roches secondaires est accompagné de solutions de continuité plus ou moins sensibles, qui favorisent les iu fil Hâtions des eaux et par suite l'action des agents atmosphériques, suivie de réactions électro-chimiques.

M. Fournet a cherché'aussi à se rendre compte de la manière dont s'opère la décomposition des granités. Il part pour cela du principe que leur masse a été successivement désagrégée par suite d'un effet de dimorphisme qui a changé leur texture cristalline. Il faut donc admettre que les parties constituantes de ces roches , lors de leur formation, se trouvaient dans un état d'équilibre inst-able qu'elles ont perdu peu à peu par des influences almosphériques ou autres. Cette supposition est trèsidmissible, puisque nous avons déjà cité plusieurs

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