DES DÉCOMPOSITIONS DES GR4NITES
s^ibstaaces qui ipuisseiit de cette propriété (1062).
On est assez porté, en outre, à partager cette opinion, auaiitl on examine ce tjui se passe dans les basaltes et les phonolilhcs. On voit d'abord une série de petites taches grises, plus ou moins capprocliées et rayonnantes, qui résultent d une division extrême des parties et ne peuverit provenir que des effets de contraction et de dilatation, lesquels divisent ordinairement la masse çans la porphyriser. L'altération coplinuant toujours, la masse se divise en que multituile de fissures, dirigées ordinairement suivant trois plans rectangulaires qui déterminent une désagrégation totale çnboïde, ou plutôt sphérique, par l'émoussemcnt des angles, Lenfolialion, par couche^ concentriques, survient après par suite du gonflemeut de la masse. L'état de désagrégation des diverses parties qui se détacbent est tel que les agents chimiques , qui se trouvent datis l'air ou à la surface de la terr^;, les attaquent facilement et les convertissent en un corps ^rgîloïde coloré par le fer.
Au surplus, il n'est pas invraisemblable que les molécules des roches d'origine ignée prennent, à l'instant de leur solidification, un état d'équilibre instable qui se perd peu à peu pour faire place à un ai)tre plus stable qui change la structure même des corps, puisque M. Gustave Rose a trouvé un dimorphisme dans les pjroxènes et les amphiboles , selon que l'on soumet ces substances à un refroidissement brusque ou à un refroidissement lent, et daps l'acide arsenieux vitreux récemntent sublimé, q(ii éprouve avec le temps et peu à peu une opacité complète en perdant dp sa densité et acquérant plus de solubilité dans l'eau.
D'un autre côté, ne sa(t-c
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tallisent sous deux formes, l'une cubique, l'autre prismatique. La forme prismatique ne seraît-ello pas une forme instable, attendu qu'elle est sujette à l'efÏÏoresçence , tandis que la première serait la forme stable, puisqu'elle résiste mieux à |a décomposition? En Auvergne, on a rencoi^tré damasses d'arraEonite qui se ^-f— --'
gent spontanément sans décomposition ultérieure. Le grenat et l'idocrasc, dont la composition chimique est la même, cristallisent sous deux formes différentes. Le grenat parait être la forme instable, puisqu'il se décompose dans quelques localités; ridocrasejau contraire, n'éprouvant jamais de décomposition , est la forme stable.
La désagrégation une fois effectuée, le fer s'oxide graduellemiint en passant à l'état de proloïtide incolore, d'oxide vert intermédiaire et de peroKÎde hydraté.
Nous rappellerons, à ce sujet, les observations déjà rapportées (io36), savoir, que lorsque l'attraclioa moléculaire est détruite, il y a déjà commencement de décomposition. Ainsi, en admettant la désagrégation, suppositiou très-admissible, les particules des corps recouvrent momentanément leurs facultés électriques propres, qui les rendent plus aptes à réagir sur les substances tenues en dissolution dans l'eau qui les mouille.
Ne perdons jamais de vue que lorsque les états électriques des particules des corps changent, ces particules se trouvent dans l'état le plus favorable pour réagir sur les corps environnants, attendu qu'il se forme une iuSnité de petits couples voltaïques, qui produisent des décompositions électrô-chlmiques.
1227. Nous ferons remarquer, d'un autre côté, que l'on a observé depuis longtemps que lorsque le petunzé commence à s'altérer , sa surface prend une teinte légèrement rosée et acquiert en même temps une faible sa- Ycnr saline qui ne se manifeste plus quand l'altération est plus avancée. Mais comment l'alcali est-il mis en liberté? Il faut nécessairement qu'un acide plus puissant que la silice le déplace de sa combinaison avec cette terre. L'acide carbonique se présente naturellement à l'esprit pour opérer cette réaction, attendu qu'il existe dans l'atmosphère et dans l'eau, et qu'il est absorbé et condensé facilement par elle et les corps poreux , ce qui lui permet d'agir avec plus d'efficacité encore. Or, puisque le. petunzé perd un silicate de potasse, il faut que la ^ige ^\ if»fif) çft \Jif^\i k «ft émt gçi^tineyx qui lui
l8ô DES DECOMPOSITIONS DRS GRAHITES.
permet de se dissoutire en certaine quantité dans les eaut et dans les carbonates alcalins. Cette silice, entraînée par ces dissolutions, donne naissance à des cristaux de quartz hyalin, à des fioiites, des agates , des opales, des concrétions de calcédoine, à des silicates de nouvelle formation, telsqne des mésotypes, des cliabasies.
laaS. Voici plusieurs exemples qui prouvent que l'acide carbonique, en dissolution dans les eaux, est capable d'exercer des réactions énergiques dont on ne se fait pas toujours une idée nette, quand on ne s'occupe pas des actions lentes:
Dans la vallée de Chàtel-Guyon,. en Auvergne, les nombreuses sources d'eanx minérales, chargées de gaz acide carboniqne, qui s'échappent de toutes les fissures du granité, exercent une action dissolvante telle qu'elles creusent cette roche et y forment de petits bassins irréguliers qu'elles remplissent de fer hydraté.
Dans un des filons de Poutgibaud. comme nous l'avons déjà vu , une explosion de poudre fit sortir un jet d'eau très-violent, chargé de gaz acide carbonique fortement condensé. L'eau, dans les premiers moments, était surchargée d'une matière argileuse blanche, tenue en suspension. Celte eau avait traversé une masse de baryte sulfatée qui était altérée sur une certaine épaisseur à un tel point que la forme cristalline delà baryte était mise à nu comme dans le moiré métallique. Ces mêmes canx avaient attaqué aussi des fragments de stéachiste empdtés dans le ^Idspath. L'altération était si complète qu'il ne restait plus que les grains quartzeux et les lamelles talqueuses.
Les eaux vitrioliques, en agissant sur le feldspath et autres i-oches ignées, peuvent aussi donner naissance à des hydi'O-silicates d'alumine.
laag. Enfin, pour mettre dans tout son jour l'influence que peuvent exercer des eaux chargées d'acide carbonique sur les silicates, de manière à amener leur décomposition, nous rappellerons l'expérience déjà citée ( 1 168) qui nous paraît assez décisive. Si l'on met dans une éprouvette du silicate de cuivre nouvellement préparé,
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qu'on verse dessus de l'eau distillée, et qu'on plonge dedans une lame de zinc décapée, la lame de zinc, dans toute sa longueur, se recouvre d'une couclie de eouleur bleu foncé sur laquelle se déposent çà et là des petits grains cristallins brillants, puis un peu de silire gélatineuse. La substance bleu foncé est un mélange de enivre carbonate bleu, de deutoxide de cuivre anliydre, et d'une très-petite quantité de cuivre uiélallique.
Le grains cristallins ne sont autres que du carbonate de zinc.
Ces effets sont dus à la présence du gaz acide carbonique de l'air qui est dissous dans l'eau, lequel dissout le silicate de cuivre, puisque la réaction s'effectue dans toute la longueur de la lame de zinc.
Nous croyons que, dans ce cas, l'acide carbonique déplace la silice. Dans la nature , il n'existe pas, à la vérité, de zinc métallique, mais rien ne s'oppose à ce qu'une substance organique, comme ou eu trouve presque toujours dans les eaux minérales, ne remplace avantageusement le zinc dans les réactions que nous venons de faire connaître. Il est probable que d'autres silicates jouissent de propriétés aualogues. Ainsi la tliéorie que nous venons de présenter de la décomposition des granités est fondée sur des faits qui ne peuvent manquer do lui donner de la force.
§ III. De l'altération des laves, et des proi/uils qui s'y forment.
laSo. Après avoir parlé de la décomposition des granités, nous devons dire quelque chose de la décomposition des rocbes volcaniques anciennes et modernes qui sont à base de feldspath.
On a obsejvé, à ta Chaussée-di^s-Géanls, que le calcaire qui est en contact avec le basalte a une, cassure brillante, une dureté plus grande et une pesanteur spécifique qui a sensiblement augmenté; du reste, aucun chaugeit dans la composition.
l8a DE l'aLT. des laves et des PROD. QCI s't FOllMEHT.
Il s'ensuit que le basalte , lors tle sa formation , quand il était à l'état liquide €t possédant alors une temperarature Irès-élevée, a modifié le mode d'agrégation du calcaire sans changer ses parties constituantes et même sans lui enlever son eau. C'est un effet de ce genre que Hall a obtenu en soumettant dans l'ean mi morceau de craie à une température élevée sous une forle pression. La craie s'est changée en chaux carbonatée à grains cristallins.
laSr. Le granité qui se trouve dans le voisinage des filons de basalte a éprouvé aussi une décomposition, comme on en a des exemples dans les îles d'Ecosse et aux environs de Clermont.
Les schistes argileux qui sont eu contact avec le basalte ont été changes en schiste siliceux : les substances métalliques ont élé sublimées, l'argile fondue, etc.
Les laves ne se décomposent pas toutes sous l'influence des agents atmosphériques; celles des volcans éteints restent la plupart intactes, leurs surfaces sont telles qu'elles étaient lors de l'irruption : nous en avons ta preuve dans la plupart des laves de l'Auvergne et du Vivarais. Il n'en est pas de même des laves du Vésuve, qui se drcon>posent assez rapidement et dont les parties constituantes sont rendues à la végétation. Cette différence dans les effets produits provient de causes qui ne sont pjis encore toutes connues. Kous savons seulement que la nature des laves exerce h la vérité une influence sur le phénomène, puisqu'eu Auvergne les laves à base de pyroxèue se décomposent plus vile que les laves labradoriques.
ïaSa. Lawake, qui provient d'un sédiment boueux, nous intéresse , parce qu'elle renferme ordinairement des veines ou parties ciistallines de calcaire, des cristaux appartenant à la famille des zéolilhes , et en outre des minéraux engagés, qui ont élé formés avant sa production. Cette roche se trouve encore dans d'autres localités, où elle forme des filons qui renferment diverses substances métalliques.