‹ Traité expérimental de l'électricité et du magnétisme, et de leurs rapports avec les phénomènes naturels ; (volume 5)Chapitre 80 sur 231 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

COMPARAISON DES INTENSITÉS ÉLECTRIQUES SE- CESâAlRES P<»LR PltODl'IRE LES PLUS FAIBLES ET LES PLIS FORTES COULMOTIÛSS.

eoiiductibllilc relative du corps humain, uui' rapport aux métaux ou aux litjuicles. 11 a fait passer le courant d'une pile par une boussole, puis il enlrnit par une inaln et sortait par l'autre ; les mains étaieiit entièrement plongées dans des vases remplis de mercure où aboutissaient les ' fils de communication. Dans une des expériences, 1,^ déviatioa était de 21", 3o'. il a substitué ensuite au fil nn tube rempli de sulfate de cuivre, de 4""''ii de diamètre. Poui' obtei^ii' la même déviation , il a fallu donner à la colonne de liquide une longueur de 4SS millimètres; en rapportant la eonduclibdité à celle du cuivre, ou voit que le corps est équiviileut à un fil de cuivre de I millimètre de diamètre, et de 44*^)*''^'^ mètres, ou 1 1 lieues de longueur.

Avec uu courant do cette force, il ne se produit dans le corps aucun phénomène appréciable. Quand on ne fait que transmettre le courant dans le corps par les extrémités des doigts, au lieu des mains entières, la déviation de l'aiguille aimantée diminue considérablement, et on éprouve alors une commotion très-faible au bout des doigts : c'est la limite inférieure des contractions perceptibles. On voit, d'après cela, comme on le savait

l COMPAR. DFSIMTEN.ÉLEC.NÉCESS.POCBPROD.jETC. déjà, que la commotion ne dépend pas uniquemeat de la q^uaiitité de rélertilcilé qui passe, ni de la tension de la source, mais bien de la quantité d'électricité qut passe, dans itn temps donné, par chacune des fibres.

Suivant lui , en admettant que la seclion dti bras est ao ou 3o fuis plus grande que la section du doigt, et que ces deux corps soient composés de substances homologues, chaque élément superficiel du doigt sera, pendant le passage du courant, traversé par une quantité 30 ou 3o fois plus grande que l'élément du bras.

C'est là probablement la cause pour laquelle une intensité électrique qui excite dans le doigt une vive commolion, peut traverser le bras sans y produire le moindre effet sensible. Il peut se faire aussi que près des articulations, la partie osseuse étant plus forte et «tant moins conductrice, te courant se resserre de manière à faire passer une plus grande quantité d'électricité dans tes autres tissus meilleurs conducteurs.

M. Pouillet, en s'appuyant sur les lois de la conduo tibilité et de la distribution des courants dans les conducteurs complexes et hétérogènes, a expliqué d'une manière satisfaisante les principaux phénomènes que présente la commotion, soit dans ses intensités, soit dans les points qu'elle frappe de préférence.

Les lois qu'il a calculées lui ont pennis de déterminer la quantité d'électricité qui est nécessaire pour produire une commotion donnée dans un circuit déterminé. C'est ainsi qu'il a trouvé que l'intensité du courant qui donne dans deux doigts de la main la commotion la plus insupportable, est seulement i8 ou 20 fois plus grande que l'intensité du courant qui donne dans les mêmes circonstances la plus faible commotion que l'on puisse percevoir distinctement.

Quand un membre quelconque a reçu pendant quelques secondes la commotion d'un courant continu d'une intensité constante, la douleur devient moins vive, les effets de la commotion sont moins intenses, et l'on éprouve alors dans tout le trajet du courant un malaise

tésuhant de L'ëbranlement qui dure encore après que lé courant a cessé.

M. Pouillet a étudié aussi , comme Pavait fait avant lui M. Masson , l'efTet des courants intermittents; il s'est servi à cet effet, comme lui , d'une roue à dents de métal et à dents de bois. Il a trouvé que lorsque la du* rée des intermittences est d'environ xft de seconde, il est impossible de distinguer la discontinuité du passage de l'électricité, c'est-à-dire, que l'effet produit est le même que si le courant était continu. Si la durée de l'intermittence est plus grande que -j^^ ou sent plus ou moins d'une manière distincte un temps de repos.

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