‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 1 sur 327 · VI. partie. i · texte numérisé non relu

VI. partie. i

a coNSioÉiiATioirs généra.les.

Les appareils employés jusqu’ici .î cette détermluation , joignent à une grande précision une manœuvre assez facile pour que des observateurs peu exercés obtiennent en peu de temps des résultats sur l’exactitude desq«Vt« on puisse compter.

Aujoûrdliui cet état de choses est un peu change; on i substitué h Ces moyens simples et faciles d’ohserVation, qui peuvent être employés par les voyageurs, des procédés compliqués, plus sensibles a la vérité, mais fondés sur des résultats d’analyse dont les développements ne sont point toujours à la portée des observateurs , et qui ne peuvènt être mis que très-difficilement en usage dans les voyages de long cours.

L’ancienne méthode est directe, c’est-à-dire, qu’elle donne immédiatement les résultats que l’on a en vue, en prenant la moyenne d’un certain nombre d’observations, tandis que la seconde peut être considérée, sous tous les rapports, comme indirecte.

C’est aumilieu dé ce conflit quejemebasarde à pidjlicr un traité du magnétisme terrestre, dans le but unique de compléter mon ouvrage sur l’électricité cl le niagnétûrUb y dont le l" volume parut il y a environ cinq ans.

Je ferai remarquer qu’en général, dans les recherches de physique expérimentale, on doit tâcher d’obtenir des résultats en faisant le |)lus petit nombre possible d’opérations; car chacune d’elles, comportant toujours quelque erreur dans les mesures ou dans les moyens d’appréciation , si on en augmente le nombre, on court en même temps la chance de multiplier les erreurs.

D’un autre côté, comme les formules analyti(|ues no sont pas toujours l’expression fidèle de la marche des phénomènes quand ils sontcomposés, U arrive que les méthodes dircctes,danscederniercas, ont souvent de l’avantage . sur les méthodes indirectes. Mais il ne parait pas en * être ainsi dans les nouvelles méthodes, attendu ([ue des observations simultanées, faites dans des lieux différents, conduisent à des résultats soumis à la même loi.

Je ne me suis pas dissimulé néanmoins les difficultés

CHA^PITAE PREMlEn.

queje rencontrerais, et je n’ai point eu la prëtention de les surmonter toutes. Mais le titre quej’ai donné à cet ouvrage m’imposait l’obligation , comme, du reste, j’en avais pris l’engagement vis-à-vis du public , de le terminer en présentant un tableau, aussi complet qu’il m’était possible, de l’état actuel de nos connaissances sur le magnétisme terrestre. On ne doit donc me considérer ici que comme un historien qui expose, sans esprit de parti, sans prévention contre telle ou telle méthode d’observation, contre telles ou telles vues théoriques, tout ce que nous savons sur cette branche de la physique, en essayant de coordonner les faits, de manière à faire ressortir les rapports qui existent entre eux et les phénomènes électriques qui sont l’objet de mes études favorites.

J’ai eu encore un autre but en faisant cette publication ? dans les ouvrages élémentaires de physique, on s’cst borné jusqu’ici à décrire les appareils magnétiques, en indiquant leur usage à l’aide de figures faites sur une échelle si petite que les artistes ne peuvent en connaître suffisamment tous les détails pour en construire de semblables.

J’ai voulu Joindre à l’ouvrage des dessins exécutés sur une grande échelle et accompagnés de détails capables de faire connaître le mécanisme de toutes les parties des Appareils. Non content de décrire ces derniers avec de grands développements, j’ai donné, pour chacun d’eux, et afin qu'on en puisse bien connaître l’usage, un exemple d’observations, pour éviter aux expérimentateurs toutes difficultés de détail.

Voyons maintenant quels sont les éléments du magnétisme terrestre.

Lorsqu’une aiguille aimantée, librement suspendue par son centre de gravité , et pouvant prendre une position quelconque d’équilibre, est abandonnée h l’action du globe terrestre, ellesefixe, après quelques oscillations, dans Une direction qui fait un angle variant de o à 90“, suivant la latitude du lieu, avec l’horizontale située dans le plan vertical de l’aiguille, et dont l’angle que

4 CONSIDKKATIONS G^NÉllALLS.

forme le plan vertical passant par la direction de l’aiguille avec le méridien terrestre, varie également d’un lieu à iin autre, suivant une loi que je ferai connaître plus loin.

En supposant que le globe soit un aimant , dont les deux pôles soient situés à peu de distance de ceux de la terre, la direction de l’aiguille aimantée , telle qu’elle vient d’être déterminée , est précisément celle de la résultante des forces magnétiques terrestres , attendu que cette résultante peut être représentée par deux forces égales, dirigées en sens contraire, suivant la direction de l’aiguille, et appliquées à chacun de ses pôles.

Or, trois éléments sont nécessaires pour déterminer une force, la direction, l’intensité et le point d’application. La direction des deux résultantes des forces terrestres est donnée par celle de l’aiguille aimantée, librement suspendue par son centre de gravité; leur intensité est donnée par l’action exercée sur celle-ci par la terre. Quant à leur point d’application, il faut, pour les déterminer, des données que nous n’avons pas encore, et dont je parlerai en leur lieu.

L’aiguille aimantée, telle que nous l’avons disposée, présenterait de grandes difficultés dans les observations; mais il n’en est plus de même si on lui substitue deux autres aiguilles aimantées, dont l’une peut se mouvoir seulement dans un plan hori/.ontal, et l’autre dans un plan vertical.

Avant de parler de ces deux aiguilles, reprenons celle que nous avons d’abord considérée. Chacune des résultantes terrestres, agissant en sens contraire, suivant sa direction, et ayant pour point d’application un des deux pôles, peut être décomposée par la pensée en deux autres forces, l’une dirigée suivant riiorizoutalc, située clans le plan vertical d’équilibre, l’autre suivant la verticale. Si donc ou peut avoir la direction et l’intensité de la romposante horizontale, ainsi ejue l’angle formé par la direction de l’aiguille avec l’horizontale qui se trouve dans son plan vertical, on pourra en déduire la direction et l’intensité de la résultante.

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