‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 153 sur 327 · CHA.PITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHA.PITRE PREMIER

Du 17 au a3 octobre 1824. — A l’île de France, .située au sud de l’équateur terrestre, et à 33® 3o' au sud de l’équateur magnétique, l’extrémité nord de l’aiguille s’avançait vers l’occident de 7 h. à 9 h. ÿ du matin , vers l’orient de 9 h. -j- du matin à 2 h. de l’aprèsmidi , et enfin vers l’occident, depuis cette dernière heure jusqu’à 6 h. du soir. Iæ plus grand arc parcouru était de 6' 5'^ vers l’orient : le soleil passait à 10° au nord de la station.

Du au lï janvier iSiS. — A l’île de Ste-Hélène, située au sud de l’équateur terrestre, et à 7“ l\o' au sud de l’équateur magnétique , l’extrémité nord de l’aiguille s’avançait vers l’orient, depuis 7 h. du matin jusqu’à midi, et l’arc parcouru était de 7' 10" dans cette direction : le soleil passait à 6® 25' au sud de la station.

Du 19 au 23 janvier 1825. — A l’île de l’Ascension, située au sud de l’équateur terrestre, et à i® au nord de l’équateur magnétique, l’extrémité nord de l’aiguille s’avançait vers l’orient depuis 7 heures du matin jusqu’à midi -j-, et l’arc parcouru était de 4' 4^" dans cette direction : le soleil passait à 12® au sud de la station.

Les faits précédents tendent à nous montrer que les variations de l’aiguille aimantée, soit annuelles, soif diurnes, doivent être attribuées à l’action de la chaleur solaire; car on a vu , relativement aux premières, qu’il y a uu maximum de déclinaison, en Europe, près du solstice d’hiver, et un minimum près du solstice d’été, et que l’aiguille, dans nos climats, est stationnaire pendant la nuit, et ne recommence à se mettre en mouvement, la pointe nord du côté de l’ouest, que lorsque le soleil se montre au-dessus de l’horizon.

Nous avons déjà fait connaître tom. 1", page 4o3 de ce traité, la manière dont M. Duperrey se rend compte de la cause qui produit les mouvements diurnes de l’aiguille aimantée dans les deux hémisphères; nous reviendrons sur cette question quand nous traiterons des causes probables du magnétisme terrestre.

a68 DES VAR. IRRÉ6UL. DE LA DÉCLINAISON.

§ III. Des variations irrégulières de la déclinaison.

En exposant les phénomènes qui accompagnent l’au< rore boréale, j’ai annoncé qu’une foule d’observations faites sur différents points du globe prouvaient que la marche régulière de l’aiguille aimantée, lors de l’apparition de ce météore, était subitement dérangée, nonseulement dans les lieux où il était visible, mais encore dans des contrées qui en étaient éloignées; il en résulte alofs des variations irrégulières dont nous avons à nous occuper. Il existe encore d’autres causes qui réagissent sur l’aiguille aimantée, telles que les éruptions volcaniques et les tremblements de terre; mais, comme les faits observés à cet égard sont peu nombreux, et qu’il en a déjà été fait mention dans le premier volume, partie historique , je n’y reviendrai pas. •

Parmi les physiciens qui se sont le plus occupés de constater l’influence qu’exercent les aurores boréales sur des aiguilles aimantées placées dans des régions où ces météores ne sont pas visibles, je dois citer M. Arago, qui, outre ses observations propres , a réuni encore un grand nombre de faits tendant à mettre hors de doute cette influence que quelques personnes avaient niée. Je crois convenable de ne pas entrer dans la discussion qui a eu lieu à cet égard, me bornant seulement à présenter quelques faits qui justifient cette assertion, et qui sont consignés dans les Annales de chimie.

Le 29 avril 1826, on a Vu, à Carlisle et dans le Roxburgshire, un arc lumineux provenant d’une aurore boréale (i).

Le même jour, à Paris, à 7 h. 5o' du soir, la pointe nord du l’aiguille des variations diurnes était déviée de 4’ à l’est de sa position ordinaire; à 8 h.-^ elle s’était rapprochée de l’ouest par un mouvement prompt; à

(i) Tom. xxxiii, pag. 6ai.

CHAPITUE PIIEMIER. 269

II h. 4"» elle avait repris, à une demi-minute près, sa position première.

M. Dalton écrivait à M. Arago, sous la date du aa novembre, même année :

« On a vu une aurore boréale très-remarquable dans K le nord de l’Angleterre et de l’Ecosse , le 29 mars « 1826, entre 8 et 10 heures du soir. Elle avait la forme « de rarc-en-ciel , et embrassait dans le firmament l’espace X compris entre l’orient et l’occident magnétiques. Cet arc « resta presque complètement stationnaire pendant près a d’une heure ; son mouvement , dans le sens nord-sud « du moins, était tout à fait insensible, etc. »(i).

Le 9 janvier 1827 M. Marshal a vu à Kendal, en Angleterre^, une brillante aurore boréale (2).

Le même jour, la marche de l’aiguille des variations diurnes, à Paris, fût très-irrégulière. Déjà à 2 h. après midi , la pointe nord était plus occidentale qu’à l’ordinaire de 4 min. et demie; la déviation se maintint dans le même sens jusqu’à 7 heures et demie ; mais à 1 1 b. 5', la déclinaison était au contraire de 3' et demie plus petite que les jours précédents.

L’aiguille d’inclinaison fut soumise aussi des à oscillations irrégulières. '

Le 27 août, dans la soirée, on aperçut une aurore boréale à Pertli, aû nord de l’Ecosse. Les jets de lumière étaient très -rapides; ils couvrirent un moment presque tout le ciel.

A Paris, le 27 août, M. Arago trouva ja pointe nord de l’aiguille 10 minutes plus à l'occident que dans sa position ordinaire, à i h. 6' de l’après-midi; elle éprouvait de plus des oscillations irrégulières. Le soir, au contraire, à 9 li. et demie, la déclinaison était plus petite d’environ8 minutes que lesjoursprécédentsàpareille heure : le ciel était très-nuageux (3). *

(i) Tom. xxxvi, p. 404.

(1) Tum. xxxvi, p. 4o5.

{3} Tom. XXXVI, pag. 4o8.

270 DES VAR. 1RR]£gDLIÈRES DE LA DÉCLinAISON.

Aurore boréale en plein jour^ Journal de llnstitution royale, janvier 1828, p. 489.

La matinée du 9 septembre 1827 fut pluvieuse; le vetat soufflait du noid-est; un peu avant midi, le vent tourna à l’ouest, les nuages se dissipèrcnt au noi'd ouest, et la partie du ciel éclaircie prit la forme d’un segmeiat de cercle parfaitement tranché, qui s’éleva graduellement jusqu’à 20 degrés de hauteur. Au delà , le ciel resta couvert. Dans la zone bleue circulaire, on aperçut de temps à autre des jets d’une faible lumière blanchâtre. Le soir, entre 9 et 10 heures, on vit une aurore boréale trèsbrillante.

Le même jour, l’aiguille des variations diurnes fut très-notablement dérangée à Paris, le matin et le soir, ainsi que dans l’après-midi. Entre j h. 3o' et 2 h., par exemple, la déclinaison diminua de près de 7'; à 6 h. un quart, elle était d’environ 12' plus petite qu’à l’ordinaire.

IjC 3o septembre 1828 , M. Burney a observé une aurpre à Plymouth; l’aiguille de déclinaison fut très-dérangée toute la journée. A 8 h. trois quarts du matin , la déclinaison surpassait de plus de 21' celle du jour précédent et des suivants (t).

Jæ I**' décembre, même année, une aurore boréale fut observée à Manchester, à 6 h. du soir, par M. Blackwall.

Le même jour, l’aiguille de déclinaison, à Paris, éprouva pendant la journée de notables perturbations. Le matin, la déclinaison était plus grande qu’à l’ordinaire; le soir, au contraire, elle était plus petite; à 1 1'' 28’, la perturbation s’éleva à plus de 22'.

Le 26 septembre 1828, une aurore fut vue à Albany. Auburn, Lowville , Clinton, etc.

Le même jour, à 10 h. du soir, la déclinaison de

(i)Tome XXXIX, pag. 419.

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