CHAPITRE PREMIER
rore agit à Paris , lors même qu’elle ne s’élève pas audessus de l’horizon.
Voici actuellement quelques observations faites à Bossekop, dans la partie la plus septentrionale de l’Europe, là où les aurores paraissent dans tout leur éclat. Quand celles-ci n’offi’ent que des vapeurs diffuses disposées en arcs ou en plaques éparses, la perturbation de l’aiguille aimantée est généralement faible et souvent nulle; mais lorsque les arcs rayonnants, ou les faisceaux de rayons isolés deviennent vifs et colorés, l’action se fait sentir de i à 3' après leur apparition, et alors il est difficile de suivre les grandes oscillations de l’aiguille, qui souvent sont de plusieurs degrés.
Les plus grands écarts de l’aiguille se manifestent quand les couronnes boréales , formées par les rayons qui convergent au zénith magnétique, effacent l’éclat des étoiles de première grandeur, et dont les bases inégalés, colorées d’admirables teintes rouges et vertes, dardent et ondulent avec rapidité.
MM. les membres de la commission scientifique ont encore remarqué que parfois l’aiguille reste parfaitement traiu|uille jusqu’au moment de l’apparition de l’aurore, et même pendant une partie du temps de sa présence sur l’horizon. Il arrive souvent aussi qu’elle prédit l’aurore, pour ainsi dire, par sa marche anormale vers l’ouest durant toute la journée.
En général, la déclinaison augmente avant l’aurore, et souvent même jusqu’à ce que le phénomène ait atteint un certain degré d’intensité; alors les grandes oscillations commencent, puis l’aiguille revient vers l’est trèsrégulièrement : elle dépasse sa position normale, qu’elle ne reprend que quelques heures après, si une nouvelle aurore ne vient pas troubler sa marche.
M. Lottin, qui a étudié avec le plus grand soin les phénomènes qui accompagnent l’aurore boréale, et auquel je dois tous ces détails, a remarqué que les faits