CHAPITRE VI
DBSCBIFTION D’DN OBSERVATOIRE MAGBÉTIQL'E ET DES APPAREILS DONT IL DOIT ÊTRE POERVV, SUIVANT LE SYSTÈME DE M. GAUSS.
§ I**', Description cTun observatoire magnétique.
Le local le plus convenable pour un observatoire magnétique, suivant M. Gauss(i), est une salle rectangulaire (fig. 56), ayant à peu près j i mètres d’étendue dans la direction du méridien magnétique, et dont les faces adjacentes n’ont pas besoin d’être parallèles à ce méridien : ce local doit êtie bien éclairé, particulièrement tlans la direction de l’est à l’ouest , dans la partie oîi se trouve le théodolite T et son échelle E, dont il sera question ci-après. Les courants d’air étant nuisibles aux observations , on les évite au moyen de doubles croisées ; les fondations sur lesquelles sont établies le théodolite et la pendule P, doivent être trè,s-solidcs. Le théodolite est placé à peu près dans le centre de la salle, afin d’apercevoir au loin un objet quelconque, dont l’azimut doit être parfaitement déterminé.
11 faut éviter l’emploi du fer autant qu’il est possible dans toutes les parties de l’observatoire : M. Gauss pense
(i) Rcsultnts ans tien Beabachtiingen des niagnctischcn Vereins, im Jahre i836. Herausgegobcn vou Gauss iind W. Weber.
Cn,VFlTRF. VI.
cependant que l’on ne doit pas craindre de placer là 5 ou 6 mètres de rinstrument A, destiné à observer la déclinaison et les variations, une pendule ayant des axes en acier, ou tout aiitreappareil, dans les constructionsdesquels il entrerait quelques pièces de ce métal. A cette distance, l’influence des pièces d’acier, quand bien même elles seraient aimantées, serait assez faible pour être négligée.
Par la même raison, des fers en dehors de l’observatoire, à plus de 33 mètres, ne peuvent produire qu’une influence très-faible sur les appareils magnétiques, surtout lorsqu’ils sont scellés. Si, par hasard, il se trouvait de longues' barres de fer, ou autres masses de ce métal, qui exerçassent une action sensible, il faudrait y avoir egard au moyen de corrections convenables.
M. Gauss voudrait que l’observatoire ne servît qu’à mesurer la déclinaison, l’intensité de l’aiguille aimantée et scs variations, et qu’on fit un observatoire séparé pour l’inclinaison, afin de ne pas être obligé d’interrompre les- autres expériences, qui se font souvent d’une manière suivie.
Quand la salle est convenablement disposée, on commence pâr tracer, sur le plancher, une ligne MM dans la direction du méridien magnétique ; le centre de la .salle doit se trouver sur cette ligne, qui aboutit, par l’une de ses extrémités, à l’endroit où se trouve le théodolite.
Sur le pied du support du théodolite se trouve l’échelle E, placée borizontalément de manière qu’un fil à plomb ff, tombant du centre de l’objectif du théodolite, descende vis-à-vis le zéro de la division. Cette échelle est à angle droit avec le méridien magnétique, et peut être élevée •
ou abaissée à volonté. Le télescope est disposé de façon que son axe optique se trouve dans le méridien magnétique.
Pour placer l’appareil magnétique appelé magnétomètre , dont je donnerai plus loin la description, on commence par suspendre un fil à plomb au plafond, dans Je plan du méridien magnétique, en un point tel que
38 DESCUIP. U’UN OBSERVAT. WAGNÉTIQL'E.
les distances réunies du miroir de réflexion, fixé à un des bouts du barreau aimante de rapparcil, à l’échelle et au théodolite, soient égales à celle qui sépare ce dernier d’un point tracé sur la muraille en face, lequel sert de mire. Le porteur P de l’appareil est fixé au point même du plafond’ d’où l’on a laissé tomber le fil à plomb, et il y est assujetti au moyen d’une vis.
Cela fait, on mesure exactement l’élévation du porteur, du théodolite et de l’échelle au-dessus du plancher; puis on déduit de la hauteur du premier la demisomme des élévations des deux autres hauteurs, et l’on compose ensuite un assemblage de fils de cocon de même longueur, en nombre suffisant pour pouvoir supporter, sans se rompre, outre l’appareil, un poids d’un kil.
Ce fil ff, qui remplace le fil <à plomb, est attaché à la vis du porteur, et porte à son extrémité inférieure l’étrier du barreau aimanté. Ce barreau est placé dans Une caisse cc, au fond de laquelle sc trouvent deux coussinets destinés à recevoir le barreau, dans le cas où le fil de suspension viendrait à se rompre.
Ces préparatifs terminés, on place l’aimant horizontalement daus l’étrier, et l’on fixe un mirojr réflecteur à l’une de scs extrémités, dans une direction perpendiculaire à l’axe; dans le cas où il est incliné par rapporta cet axe, on mesure l’angle d’inclinaison;
2° On détermine la torsion du fil , et on l’amène à zéro quand l’aimant est dans sa position d’équilihre ;
3° On détermine le rapport du moment de torsion du fil et du moment magnétique du barreau, daus une déviation donnée ;
4° On détermine avec le théodolite l’endroit où doit être placé le point de mire. Quand il s’agit de mesurer la déclinaison, on commence par mesurer l’azimut du point de mire, puis la valeur des divisions de l’échelle, et l’on observe ensuite les mouvements oscillatoires et les élongations.
Lorsqu’il s’agit de mesurer l’intensité, on fait usage des règles divisées m' rrl , tn" m" , que l’on place dans