CHAPITRE PREMIER
à faire abandonner l’hypotlièse dont il vient d’être question, de deux pôles dans chaque hémisphère. Cet habile physicien, dans un mémoire lu à la Société royale de Londres, le 9 mai i833 (1), a exposé les principaux faits concernant la situation actuelle des lignes d’égale déclinaison et les changements qu’elles éprouvent à la surface du globe. Il a réuni, à cet effet, les observations les plus importantes faites dans les voyages récents, et en particulier, dans le voisinage des pôles, celles du capitaine Beechey, qui a eu le soin d’écarter les erreurs provenant de l’attraction locale, et celles qui ont été faites sur les côtes d’Afrique, d’Amérique et de la Nouvelle-Hollande, par les capitaines Owen et King, ainsi que les observations du capitaine Lutké , au service de Russie, et celles de M. le capitaine Duperrey.
Tous les résulta tsont été tracés sur une carte, pl.XlII, fig. 42 , en ayant l’attention d’écarter toute vue théorique. Ainsi, là ou il y avait solution de continuité par manque d’observations, on a laissé des blancs; c’est ce qui est arrivé particulièrement vers le pôle sud. En Europe, cependant, où les déclinaisons sont si bien observées , ces lignes ont été continuées sur la terre et sur l’eau.
Si l’on jette les yeux sur cette carte, qui esta peu près celle de M. Hansteeu, à part les additions mentionnées, on reconnaît, qu’abstraction faite des portions qui offrent des courbures extraordinaires, ces lignes d’égale déclinaison doivent dépendre de lois que nous ne connaissons pas encore.
En admettant que les déclinaisons fussent, comme on l’a quelquefois supposé, influencées par les parties qui se trouvent dans leur voisinage immédiat, on ne voit pas comment pourrait avoir lieu celte régularité qu’ou observe dans un grand nombre de parties, sinon dans toutes. Le tracé de la courbe dans l’océan Atlantique en est un exemple.
(i) Trans. philos. i833.
384 LIGNES d’égale DÉCLINAISON.
Dans l’océan Indien on a une ligne sans déclinaison qui coupe l’équateur terrestre, et dont la courbure est extraordinaire; les lignes d’égale déclinaison situées à gauche de celle-ci ont une déclinaison occidentale, celles qui sont à droite une déclinaison orientale.
M. Barlow a remarqué que les observations faites dans ces mers sont plus en harmonie entre elles que celles recueillies dans les autres parties du globe; circonstance que cet habile physicien attribue à la faible valeur derin-* clinaison et à la forte intensité de la composante horizontale, qui expose moins celle-ci à être influencée par des attractions locales.
On reconnaît encore que dans ce même océan, pendant 40“, la ligne sans déclinaison court presque parallèlement à l’équateur, et pendant 4o autres degrés elle revient dans le méridien. Mais comme, dans le cas de non-déclinaison, le pôle magnétique doit se trouver dans le méridien du lieu , il s’ensuit que le pôle doit aussi courir pendant 4o% ou coïncider avec le pôle du globe. Tous ces faits, comme le dit M. Barlow, sont incompatibles avec l’existence supposée de 4 pôles magnétiques, ou même d’un plus grand nombre.
Si l’on examine les courbes remarquables qu’on trouve dans le grand océan Pacifique, rien ne dénote, suivant M. Barlow, malgré leur caractère particulier, l’influence de causes locales. Ces lignes , au lieu de s’étendre vers les pôles, comme dans les autres parties du globe, retournent sur elles-mêmes , de manière à former des figures semblables, quoique irrégulières. Cette disposition ne permet pas non plus d’admettre l’existence de quatre pôles.
Quant à la courbure des lignes qui traversent l’Asie, M. Barlow n’a pas consulté les autorités originales pour leur tracé; il s’en est rapporté au travail qui avait été fait jadis à cet égard par M. Hansteen. Il y a néanmoins apporté un léger changement par suite des observations récentes du capitaine Lutké sur les côtes de la Nouvelle- Zemble et dans le nord de l’Europe.
Passons maintenant aux changements progressifs de