CHAPITRE PREMIER
situation et de configuration des lignes d’égale déclinaison dont j’ai déjà dit quelques mots au commencement du chapitre.
D’après les documents les plus authentiques, il paraît que c’est vers l’année 1660 que la ligne sans déclinaison doit avoir traversé l’océan Atlantique presqu’à angle droit avec' les méridiens de nos contrées, comme cela se voit aujourd’hui dans l’océan Indien. Depuis ce temps, elle a été graduellement en descendant vers le sud et l’ouest, et aujourd’hui elle traverse la partie orientale de l’Amérique du Sud. Cette ligne sans déclinaison traverse l’Australie; mais il paraît que s’il y a eu depuis 60 ans quelque changement, il a dû être très-faible. La déclinaison dans cette localité paraîtrait donc aussi fixe que sur la côte d’Amérique. Ce qu’il y a de particulier dans cette presque constance dans la déclinaison, c’est qu’on n’a rien vu de semblable dans notre, hémispjière. Le mouvement pendant un certain nombre d’années, avant et après le passage actuel de cette ligne , n’a jamais été très-rapide; mais aussi il n’a pas été presque aussi stationnaire que dans l’Australie.
On a remarqué aussi que, dans l’Inde occidentale, les Bermudes et quelques autres lieux où la déclinaison est faible, le changement a été également très-peu considérable; mais on n’a pas encore reconnu de points ou la déclinaison soit grande et stationnaire en même temps.
M. Barlow fait une observation digne de remarque, c’est que partout où l’on a tenu exactement note des déclinaisons, et où le déplacement a été considérable, on a pu toujours réduire ce mouvement de déplacement à la rotation circulaire d’un certain pôle magnétique pris vers le pôle de la terre.
Churchmann paraît être le premier qui ait eu l’idée d’attribuer un pôle à chaque lieu, et qui ait calculé d’après ce principe les déclinaisons qui ont été observées à Londres, de 10 en 10 ans, depuis 1622 jusqu’à 1800, En comparant ces déclinaisons avec celles actuellement observées, les différences sont peu considérables. / VI. jHtrtie. 25
386 DES LIGNES d’ÉGALE DECLINAISON.
M. Barlow a fait une comparaison semblable, non en assignant le lieu du pôle, mais en le déterminant d’après rinclinaison et la déclinaison. Ces différences, quoique n’étant pas aussi petites, sont cependant peu sensibles; elles ont été encore plus faibles pour les déclinaisons calculées et les déclinaisons observées à Paris, à Copenhague et à Londres, et il en a conclu naturellement qu’on doit regarder comme extraordinaire un accord aussi remarquable entre les déclinaisons calculées et celles observées dans des lieux situés à plus de 3o“ de différence, si la supposition d’une révolution polaire n’était pas fondée. Comment , d’après cela , rendre compte de ces points stationnaires ou presque stationnaires où la déclinaison est nulle ?
M. Barlow n’a pas trouvé d’autre moyen de répondre à cette question , que d’admettre (|u’il n’y a pas de pôles déterminés vers lesquels l’aiguille se dirige, mais que chaque lieu a son pôle particulier et sa révolution polaire gouvernée probablement pai' quelques causes maintenant inconnues.
Les courbes tracées sur la carte que nous examinons dans ce moment , présentent celte particularité remarquable, que le véritable lieu où le capitaine Ross a trouvé que l’aiguille d’inclinaison était perpendiculaire, est précisément le point où, en admettant que toutes les lignes SC rencontrent, celles-ci conservent le mieux leur caractère d’unité, soit qu’on les considère séparément ou dans leur ensemble.
On a vu plus haut que M. Barlow n’admettait qu’un seul pôle magnétique dans chaque hémisphère : il a déterminé la position de chacun d’eux, en supposant que les phénomènes magnétiques du globe sont les mêmes que ceux que présente une boule de fer, et en s’appuyant sur les meilleures observations de déclinaison et d’inclinaison faites dans diverses parties du globe. J’ai déj.i exposé sa méthode de calcul (i), en traitant de l’action
(i)Tom. Il, jiag. 343 et siiiv.
CUAPITIIE PREMIER.
exercée sur l’aiguille aimantée par des sphères de fer. Au surplus, il ne s’agit, selon M. Barlow, que de résoudre un triangle spliérique pour avoir la position de cliaque pôle.
Supposons que 7: soit le pôle magnétique cherché (fig. 29, pl. Vil), NS les pôles de la terre, et L un lieu dont on connaît l’inclinaison et la déclinaison. Or, par l’inclinaison on a la latitude magnétique ttL, puisque la tangente de l’inclinaison est égale à la double tangente de la latitude magnétique. D’un autre côté, NL étant la latitude terrestre et NLtc la déclinaison, on a donc un triangle sphérique dont on connaît deux côtés, ttL et LN, et l’angle compi is, et dans lequel tz N’est la latitude terrestre du pôle magnétique, et 77 N L la longitude du même pôle par rapport au méridien magnétique; eu calculant ces deux dernières quantités pour divers lieux, M. Barlow a obtenu ;
LIEUV D'OBSERVATION.
DATE
lucUnatson.
Déclinaison.
Position calcui.be | du |idie inagiiéiiqne. |