‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 23 sur 327 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

adopté par les personnes qui suivent les périodes d’observations d’après les principes de M. Gauss.

Ce procédé suppose la connaissance de la durée d’une oscillation de l’aiguille, durée qui dépend, comme on sait, de sa force d’aimantation, de l’intensité de la composante horizontale de la résultante terrestre, qui n’est pas la même à chaque instant. Je donnerai , plus tard , un moyen pour trouver cette durée avec exactitude; niais, pour l’instant, il est .inutile que l’on connaisse toutes les variations auxquelles elle est soumise, car on peut substituer à la valeur exacte celle de la seconde pleine suivante , afin d’obtenir que les moments où l’observateur devra regarder fixement la place de l’image de l’échelle, apparaissant sous le fil vertical du théodolite, tombent toujours sur des secondes pleines. Cela a lieu quand le nombre le plus rapproché de la véritable valeur d’une oscillation est un nombre pair; mais quand il est impair, on peut employer trois moyens pour .se préserver de cet inconvénient. Dans la crainte de ne pas être bien compris du lecteur dans l’exposé de ces trois moytms , je vais rapporter le passage textuel de MM. Gauss et Weber, page 3q de leurs Obseivations magnétiques pour 1 836 :

«1° On ne s’en tiendra pas moins au nombre pair le plus rapproché, et on pourra le faire d’autant plus que la différence qui existe entre ce noml)re et la valeur véritable ne dépassera pas une demi-unité; en général, plus la d(,irée d’une oscillation sera grande, plus il deviendra facile de maintenir l’aiguille dans un état de quasirepos.

« L’aiguille placée dans l’observatoire magnétique de Gœttingue, par exemple, a en ce moment une durée d’oscillation égale à ao", 64 ; quoitiuc le nombre 1 1 ” soif celui qui se rapproche le plus de ao",64, on n’en peut pas moins, dans les circonstances existantes, et où l’axe d’oscillation dépasse rarement quelques divisions de l’échelle; se tenir sans scrupule et le plus souvent au nombre 20, qui est beaucoup plus commode; car il est fa» VI. 2® partir. 4

So USAGE DU MAGN. Et MARCHE A SUIVRE DANS, ETC.

cile de démontrer que l’erreur qu’on aurait , ne pourra dépasser, dans un résultat partiel, la vingtième partie de l'arc d’oscillation , et que , dans le résultat définitif, cette erreur sera tout au plus de

« On choisit, à la vérité, le chiffre impair, mais on annote les moments d’observations qui , d’aprt's la formule ci-dessus, tomberaient à des moitiés de secondes,plus tôt ou plus lard

«3° Si le i-ésultat définitif n’est point basé, comme dans le pi-océdé que nous avons développé plus haut , sur un nombre impair, mais sur un nombre pair de résultats partiels , les périodes d’observations tomberont elles-mêmes à des secondes pleines, que le nombre adopté, au lieu de la véritable durée d’oscillations, nombre qui ,'îcra celui qui s’en approchera le plus, soit pair ou impair. Ainsi, par exemple, si le résultat définitif devait dépendre de six irsultals partiels , les poi iodes d’oljservation seront :

ï — 3ê, T— aê,T— ^T,T-t-^ T-i- i t,T + 3 t.

Nous devons encore faire remarquer qu’en raison de l’imposition d’un petit poids, la durée de l’osciUation de FaiguHIe est augmentée; on pourra, en choisissant convenablement le poids et le lieu où il devra être placé, amener la durée d’oscillations bien piès d’un nombre entier de secondes, et obvier ainsi aux fractions »

Les personnes qui voudront approfondir les méthodes d’observations que je viens d’exposer, et en même temps connaître les détails minutieux dans lesquels il faut entrer pour obtenir des résultats exacts, pourront consulter l’ouvrage déjà cité de MM. Gauss et Welier.

Je dirai seulement que dans l’observatoire de Gcettingue, des observateurs ont fait leurs annotations à des intervalles de lo", moitié de ao"; d’autres à n”, tiers de 2 I '.

‘La méthode d’observation précédente présente de grands avantages lorsqu’il s’agit d’observer la marebe de

Cl|iPlTA^ VI. il

la déclinaison magnétique dans des intervalles moindres que de 5' en 5', lesquels suffisent quand on veut observ(;r les variations ordinaires de la déclinaison ; mais ils sont encore trop grands si l’on veut reconnaître les va-, riations extraordinaires plus fortes, et qui se succèdent avec une extrême rapidité. C’est ce motif qui avait erigagé M. Gauss à fixer, dans l’année, deux époques, ayant ciiacune une durée de deux heures, pendant lesquelles, on devait observer de 3' en 3'; mais comme ces obseiv valions n’ont pu être faites dans quelques localités, on s’en est tenu aux intervalles de 5' en 5'. M. Gauss conseille néanmoins , dans le cas où il arriverait que l’air guiJle fût soumise à des yariations subites et extraordinaires, d’observer les positions de l’aiguille de en' 27 minutes, comme on l’a fait le 7 août à Gœtlingue.

loin 2a' o” 875,0

3o 877,1 876, 40)876,27 pour 10 h. 22' 3o - 4o 876,8 876,601 '

ôn ,8’:6,i 874,90/ a3 O 877,1

Avant de terminer, je crois devoir encore rapporter quelques mesures de précautions recommandées par le même auteur, pour assurer le succès des expériences.

L’observateur doit commencer par écarter toutes les entraves que peut rencontrer l’aiguille, quand elle oscille : il arrive quelquefois que dans la Icelle saison une toiled’araignées’introduitdans Jacaisse du magnétomètre; on devra donc s’assurer, avant chaque période d’obser^ vations, que la caisse soit très-propre en dedans. Pendant les observations de nuit, il est indispensable d’éclairerl’éclieile; à l’observatoire de Gœttingue, on emploie deux lampes astrales d’Argant; au-dessus dè la flamme s’élève coustaiument un co.urant d’air froid; car s’il ài> rivait que l’une des lampes fût placée près du pied et

5a ÜSA.GE DU MAGK. ET MARCHE A SUIVRE DANS, ETC.

SOUS le théodolite, un pareil courant d’air, s’élevant devant le verre objectif, influerait d’une manière nuisible sur la netteté de la vue : on obvie à cet inconvénient, en adaptant à chaque lampe une cheminée en cuivre inclinée vers les côtés. Pour s’assurer que le théodolite n’a pas été dérangé de place, on trace une marque, à une distance de l'instrument, telle que, dans la position oculaire nécessaire pour apercevoir distinctement l’échelle, cette marque apparaisse également d’une manière très-distincte. Dans l’observatoire de Gœllingue, comme on l’a déjà dit, cette marque consiste en une ligne fixe et verticale sur la muraille au nord. Avant de commencer les observations, on dirige la lunette du théodolite sur la marque, et l’on répète de temps à autre l’épi-euve.

Lorsque l’on trouve la plus petite déviation , on s’empresse de ramener l’axe optique du télescope dans sa position première.

I>es observations sont faites à la partie verticale du fil croisé; la partie horizontale ne servant qu’à indiquer à peu près le centre de la première. Iæ fil croisé, afin d’éviter qu’il ne résulte des différences de la position plus ou moins élevée ([ue les divisions de l’échelle occuperont dans le champ voisin, devra tenir une position telle,que lorsqu’on élèvera ou abaissera un peu le théodolite, un objet solide, se représentant à l’endroit où les deux fils se croisent, reste exactement placé sur le fil tournant verticalement.

Le fil à plomb, tombant du centre de l’objectif, devra être tellement rapproché de l’échelle, que l’image de l’un et de l’autre apparaisse en même temps, et avec une clarté égale devant le télescope, et que par conséquent l’observateur puisse exactement saisir la division de l’échelle qui sera couverte par le fil ; récbelle doit être placée de manière que ce point soit exactement situé à son centre. Il faudi'a s’assurer , dans le cours des observations, que l’échelle n’a pas été dérangée.

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