CHAPITRE II
l’entrée de la mer Rouge. ( C’est par erreur que celte portion de courbe a été gravée au nord de Socotora, dans ma carte de iSag"). J’ai eu depuis, à l’imitation de MM. Hansteen et Morlet, la curiosité d’examiner et de calculer avec soin toutes les observations qui ont été faites de 1770 à 1780, tant dans l’océan Atlantique, que dans la mer des Indes, par Le Gentil, Cook, Beyley, King, Eckberg, Panton et Dalrymple; et j’ai obtenu de ces observations véritablement remarquables par l’accord qui existe entre elles, une courbe pour l’année 177G, qui, étant mise en regard des portions déterminées de la nouvelle courbe, prouve d’une manière incontestable ce fait, que M. Arago avait déjà annoncé en j 8a5, dans son Rapport à l’Académie des sciences , sur les opérations du voyage de la Coquille , que toute la partie de l’équateur magnétique qui traverse la mer des Indes, l’Afrique et l’océan Atlantique, s’est transportée vers l’ouest de 8 à loS entre les deux époques, ün conçoit, d’après cela, qu’il suffit de faire parcourir cet espace à la figure de 1776 pour avoir, à très peu près, la position qu’elle doit occuper en i8a/j.
a II résulte de ce transport vers l’ouest, et de ce que l’équateur magnétique est presque parallèle à la ligne équinoxiale dans toute la mer des Indes, que sa nouvelle position, au sud de Socotora, ne diffère que bien peu en latitude de celle que lui avait assignée Panton eu 1776. En effet, le point que Panton avait placé dans le méridien de Socotora, par i i°oa' de latitude nord, est remplacé aujourd’hui, d’après notre hypothèse, par celui qu’il avait trouvé 8° 4o' plus à l’est , par 1 1“ 54^ de latitude; c’est-à-dire, que l’équateur magnétique ne se serait porté que de 5a minutes au nord, entre les deux époques, dans le méridien de l’île dont il s’agit.
' « Ce résultat est d’autant plus probable, qu’il se trouve confirmé par les considérations suivantes :
«L’ile de France est précisément dans le méridien magnétique qui passe par Socotora; mais l’inclinaison qu’on y observe est trop grande pour que l’on puisse en
3q8 NOÜV. DÉTERMIIf. DE LA LIGNE SANS INOLIN. , ETC.
déduire la positioudu point correspondant de l’équateur magnétique. Je suis donc obligé de recourir à un principe que j’ai reconnu depuis longtemps, et qui établit, qu’cn un point quelconque flu globe , la différence entre les latitudes magnétiques] obtenues à deux époques différentes, est toujours , h très-peu près, égale au changement en latitude, que l’équateur magnétique a subi entre les deux époques dans le méridien magnétique de ce point. Or, il résulte des observations de Daprès de Manevillctle et de Lacaille, que l’inclinaison
était à l’Ile de France, en 1753, de — ■ 5a® 35', ce qui
donne pour la latitude magnétique 33“ lo'
«J’ai trouvé que l’inclinaison était, dans la même île , en 1 8a4 , de — 53° hfi la latitude magnétique était alors de 34® 19'
« L’équateur magnétique s’est donc éloigné de l’Ile de
France de 69 minutes, dans l’espace de soixante et onze ans ; et comme il s’est écoulé quarante-huit ans de 1776 à 1 8a4 , je trouve 47 minutes pour la quantité dont l’équateur magnétique se serait élevé vers le nord dans le méridien magnétique de l’ile de France, qui est aussi celui de Socotora ; quantité qui ne diffère que de 10' de celle que j’ai obtenue dans l’hypothèse du transport de l’équateur magnétique vers l’ouest.
'(Les observations de 1776, ainsi modifiées, nous offrent 44 résultats partiels, lesquels constituent 16 points supplémentaires, qui me paraissent devoir combler une grande partie de la lacune de 7 1", qui a échappé jusqu’à ce jour aux voyageurs de notre époque. Le point le plus occidental déduit des observations de Panton est bien probablement aujourd’hui par 9” 1 5' de latitude nord et 3o° 19' de longitude est; en sorte qu’il ne reste plus à remplir qu’une petite lacune de 27°, située dans l’intérieur de l’Afrique, à partir de l’île San-Tomé.
« L’on voit, d’après tout ce qui précède, que l’équateur magnétique sc trouve déterminé, pour l’année i8a5, dans la presque totalité de son cours, par des observations directes, présentant toutes les conditions
d’exactitude que l’on est en droit d’exiger. Quant à la portion qui a échappé aux observations de l’époque, il est bien probable que nos hypothèses ne nous ont pas beaucoup éloignés de la vérité.
« Les résultats que j’ai obtenus sont compris dans les tableaux qui terminent cet article, et où l’on trouvera réunis, comme je l’avais déjà fait dans ceux qui ont été publiés en 1829, tous les éléments sur lesquels ils reposent. Je résume, dans le petit tableau suivant, la position géographique des points d’intersection de l’équateur magnétique avec les méridiens terrestres, de 10 en 10” de longitude.
« Cette courbe coupe^la ligne équinoxiale en deux points. L’un de ces points a été fixé dans l’océan Atlantique, d’après les observations de M. Sabine, par 3® ao' de longitude orientale. J’avais reconnu, durant le voyage de la Coquille, que le second nœud devait être par 1 75® 44' fltJ longitude est; mais il était facile de prévoir, en examinant ma carte, que du moment où l’équateur magnétique prolongeait presque parallèlement et à très-peu de distance la ligne équinoxiale, depuis les côtes du Pérou jusqu’aux méridiens des îles de la Société, il arriverait qu’au tlelà de ces îles les deux courbes se confonderaient ensemble dans un espace considérable. Tel est, en effet, ce ((iii résulte des observations faites durant le voyage de l'Uranie, à l’ouest du méridien de l’île de Noël. D’après ces observations, l’équateur magnétique se' confond avec la ligne équinoxiale dès la longitude de 166" 25' occidentale; or, j’avais trouvé, dans le voyage de la Coquille, que ces deux courbes ne commençaient à se séparer que par 176® 44' est; il est donc évident que la juxtaposition a lieu dans l’espace de 17® 5i', qui sépare ces deux longitudes; d’où l’on peut admettre que le véritable nœud polynésien est au milieu de cet espace, c’est-à-dire, par 175® 20 ouest, et par conséquent à 2®, près de l’extrémité du diamètre qui aboutit au nœud atlantique.
.. K La plus grande excursion de l’équateur magnétique.
4oO NOUV. DÉTERMIN. DE LA. LIGITE SAKS IXCLIK. , ETC.
dans l’hémisphère nord, a lieu à l’est de Socotora, entre 5o et 6o® de longitude orientale , où elle atteint 1 1® l\d de latitude. Dans l’hémisphère opposé, elle a lieu dans l’intérieur de l’Amérique, sous le 5o« degré de longitude ouest, par i5“ 4o' de latitude sud.
Position de la ligne sans inclinaison.