‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 251 sur 327 · CARTES DE M. DUPERRET · texte numérisé non relu

CARTES DE M. DUPERRET

en tant qu’il s’agit de considérer les pôles magnétiques de la surface de la terre comme des centres ou foyers magnétiques. 11 n’admet pas non plus que ce soit la présence de ces pôles qui occasionne l’abaissement de température que l’on remarque dans les lieux qu’ils occupent. Il attribue, au contraire, aux variations de la température atmosphérique et à ses anomalies , les variations et les anomalies que l’on remarque dans la configuration des lignes comme dans la position des pôles magnétiques.

L’opinion de M. Duperrey, sur cette matière, a été complètement développée dans un Mémoire qu’il a lu à l’Académie des sciences , en 1 833 , et dont il sera parlé plus loin(i).

En reproduisant les cartes des lignes isodynamiques de M. Duperrey, nous avons cru devoir indiquer dans l’une d’elles (Planche XVI) les lignes d’égale température extraites de l’Atlas physique que M. Berghaûs a publié à Gotha, en 1 838.

Dans les cartes dont nous parlons, M. Duperrey n’a point indiqué les pôles magnétiques , parce que les lignes isodynamiques ne sont pas assez exactes pour offrir le moyen d’en bien déterminer la position ; mais il a marqué, dans les régions polaires, deux espaces ombrés, bornés par des lignes isodynamiques de très-forte intensité, qui doivent nécessairement contenir les pôles en question. L’espace boréal est très-allongé , et ses deux extrémités sont, l’une sur la côte nord de l’Asie, l’autre sur la côte

(i) Parmi les assertions que M. Duperrey a fait valoir dans ses • Considérations sur le magnétisme terrestre, lues à l’Académie des sciences en i833, il en est qu'il s’était réservé de soumettre plus tard à de nouvelles investigations. Ses travaux postérieurs lui en ont fait abandonner quelques-unes qu’il nous a signalées eu i836,ctque pour cette raison nous ne reproduirons dans le cours de cet ouvrage qu’autant qu’il nous paraîtra utile à la science de faire connaître les motifs qui ont obligé M. Duperrey à modifier scs opinions.

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nord de TAmérique. L’espace austral est un cercle irrégulier, compris entre la terre de Van-Diéraen et le pôle de rotation du globe.

§ III. Cartes de M. Sabine.

M. le major Sabine a fait, eu i838, à l’Association britannique pour l’avancement des sciences, un rapport sur les variations de l’intensité du magnétisme terrestre. i Ce rapport, dont nous avons déjà parlé, à l’occasion des observations d’intensité magnétique qui s’y trouvent relatées, est accompagné de nouvelles cartes de lignes isodynamiques.

Pour dresser ces nouvelles cartes , M. Sabine s’est fondé , comme l’avaient fait ses prédécesseurs, sur toutes les observations recueillies depuis 1790 jusqu’en i83o; mais il a pu disposer des observations du voyage de \' Uranie, dont M. Duperrey avait été privé, et il a ajouté à ces dernières, en outre d’observations récentes qui lui sont propres, toutes celles que MM. Quetelet, Douglas, Fitz- Roy, Estçourt, Rudberg et Lloyd venaient de faire dans différentes parties du globe.

Ces nouvelles observations sont nombreuses; néanmoins, nous ne voyons pas qu’elles aient fait sensiblement varier la forme des courbes que MM. Hansteen et Duperrey avaient tracées, l’un dans l’hémisphère nord, l’autre dans l’hémisphère sud. Les seuls changements considérables que nous remarquons ne nous paraissent pas sufEsamment justidés. Parmi les cas de ce genre, nous croyons devoir citpr les suivants :

MM. Hansteen et Duperrey avaient donné à la ligne isodynamique 1,7, de l’hémisphère boréal, une forme elliptique allongée vers la Sibérie; M. Sabine donne à la même courbe une forme telle que l’espace qu’elle renfermait se trouve partagé en deux espaces distincts, et cela sans aucun motif que nous puissions apprécier,

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si ce n’est celui qui porte M. Sabine à reproduire l'hypothèse des doubles pôles magnétiques dont il se montre, en effet, dans tout le cours de son rapport, l’un des plus zélés défenseurs.

Dans les cartes de M. Duperrey, la ligne i,a d’intensité passe à une très-petite distance au sud de l’ile Maurice. Dans les cartes de M. Sabine, cette courbe a été

[>ortée sept degrés plus au sud. L’accord qui existe entre es résultats que MM. Duperrey et Fitz-Roy ont olitenus dans l’île Maurice , l’un en i8a4, l’autre en i836, prouve en faveur de la première détermination dont la conséquence est de faire remonter vers la ligne sans inclinaison le minima d’intensité , et généralement toutes les lignes isodynamiques que M. Sabine a placées trop au sud dans la partie méridionale de l’Afrique et de l’océan Atlantique.

On a vu plus haut que, selon M. Duperrey, la ligne des minima d’intensité devait peu s’éloigner de la ligne sans inclinaison. Si l’on ne consultait que les cartes de M. Sabine , on serait tenté de ne pas admettre cette assertion ; mais M. Duperrey fait remarquer que dans la région intertropicale, notamment dans l’océan Atlantique méridional , la moindre des erreurs dont il est impossible de garantir les observations, suffit pour rendre vaines toutes nos recherches à cet égard. C’est ainsi , dit-il, que d’après les observations de M. Fitz-Foy, l’intensité magnétique serait un peu plus faible à l’île de Ste-Hélène qu’à file de l’Ascension, où passe la ligne sans inclinaison ; tandis que le fait contraire résulte po.sitivement des observations que M. de Tessan , ingénieur hydrographe de la marine, vient de faire tout récemment dans ces deux îles.

Tout ce qui a précédé prouve donc que les observations d’intensité magnétique ne présentent pas encore assez d’exactitude pour qu’il soit possible d’en déduire la véritable figure des lignes isodynamiques.

Dans son rapport sur les variations de l’intensité magnétique, M. Sabine s’étend beaucoup sur divers faits

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que ses prédécesseurs avaient déjà signalés et que pour cette raison nous ne reproduirons pas ici. Quant à ses opinions théoriques sur le magnétisme de la terre, nous dirons qu’il admet deux pôles magnétiques à la surface du globe dans chaque hémisphère, et qu’il considère ces pôles comme des centres ou foyers magnétiques, ce qui n’est certainement pas admissible.

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