CHAPITRE HT
de l'intensité magnétique dans les îles Mdluques , à la |
Nouvelle-Hollande , à la terre de Van-Diémen et dans la I
mer des Indes. Les résultats qu’il a obtenus, et dont .
l’exactitude se trouve aujourd’hui parfaitement confirmée ;
par les observations toutes récentes du capitaine Fitz- Roy, ont suffi pour donner une idée approximative de !
la forme générale des lignes isodynamiques dans l’hémis- ;
phère austral, et compléter ainsi le travail que M. Hans- ‘
teen avait si bien commencé, et qu’il aurait sans doute 1
achevé de la même manière, s’il avait eu connaissance des observations de M. Duperrey, et des moyens de rectifi- :
cation dont les observations de M. de Rossel étaient susceptibles. !
A l’époque où M. Duperrey publia ses cartes de lignes i
isodynamiques, tout portait à croire que la ligne sans j
inclinaison était, sinon une ligne d’égale intensité magnétique, du moins la ligne des plus petites intensités observées dans les méridiens. Cette hypothèse semblait, en effet, résulter des observations qui avaient été faites entre les tropiques par MM. de Rossel, de Humboldt,
Sabine, Duperrey, Lutké et Erman. M. Duperrey adoptant cette hypothèse, la ligne sans inclinaison fut considérée par lui, à cette époque, comme devant être la . limite des intensités magnétiques des deux hémisphères, v en sorte que les espaces où la valeur de l'intensité est plus petite que partout ailleurs le long de cette courbe, se trouvent renfermés entre deux lignes isodynamiques de dénominations contraires, qui viennent y aboutir obliquement, sans passer outre.
«Aujourd’hui il n’est plus permis de croire, dit « M. Duperrey, que la ligne sans inclinaison soit préci- « sèment la ligne des plus petites intensités magnétiques;
« mais il est bien probable qu’elle n’est pas très-éloignée «de la courbe qui doit jouir de cette propriété, et sur « laquelle il faudra établir, lorsque sa position sera con- «nue, les points de rebroussement des lignes isodyna- « miques destinées à envelopper les espaces de moiudre « intensité. »
CARTES DE M. DÜPERREY.
M. Duperrey n’a présenté ses cartes de lignes isodyna» iniques qu’avec une extrême réserve. Ses craintes sont fondées sur ce que les observations d’intensité magné> tique paraissent assujetties à des erreurs dont il n’est pas encore possible de les débarrasser d’une manière com* plète, a L’inclinaison, les variations de la température, O l’action de la terre sur les aiguilles que l’on transporte « en différents points du globe , la position horizontale «r de l’aiguille que l’on croit être la position horizontale « de son axe magnétique, la nature du sol sur lequel on a observe, l’époque de l’année, la proximité de l’obserc vateur, les aurores polaires, etc., etc., sont autant de « causes qui , dans son opinion, peuvent facilement occa* «« sionner les différences de un dixième, et souvent même ç de deux dixièmes, que l’on remarque entre les résula tats obtenus dans un même lieu ; différences dont on » concevra l’importance, si l’on fait attention qu’un « dixième d’intensité magnétique sépare deux lignes iso> «dynamiques, dont la distance en latitude est, terme «moyen, de neuf degrés, ce qui répond à 180 lieues « marines. »
Quoi qu’il en soit de l’exactitude problématique de ce genre de carte, M. Duperrey n’en a pas moins été curieux de comparer l’ensemble de toutes les observations faites jusqu’à ce jour avec la théorie, relativement à la loi d’après laquelle l’intensité des forces magnétiques varie à différentes latitudes de l’équateur aux pôles.
La fonnule de M. Biot i 3 sin * X , qui ex-
prime cette loi dans l’hypothèse de deux centres d’action placés à une très-petite distance du centre de la terre, suppose que le globe est parfaitement homogène; en sorte qu’elle ne peut-être vérifiée par des observations isolées. Mais en calculant l’intensité magnétique moyenne de la ligne équinoxiale et de chaque parallèle terrestre de 10 en 10 degrés, au moyen des lignes isodynamiques, et en prenant la moyenne des résultats ainsi obtenus pour les parallèles homologues des deux hémisphères , M. Duperrey a trouvé que la courbe de l’accroissement de 1 in-
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tcnsitë magnétique de l’équateur au pôle, tracée d’après ces valeurs moyennes, ne s’éca'rtait de celle qui résulte de la formule de M. Biot, que d’environ o,oi5 de l’intensité prise pour unité {Foyez planche XVI, fig. 46); en sorte que cette formule serait l’expression véritable de l’intensité magnétique de la terre, si la terre était parfaitement homogène ou régulièrement magnétique, sur chaque parallèle.
M. Duperrey n’.'’^..et pas cette multiplicité de pôles magnétiques, intrjluite dans la science par Halley, repoussée par EuTer, et reproduite, plus tard, par M. Hansteen. Les déclinaisons de ii à i5“ nord-est, observées par le baron Wrangel autour de la Nouvelle-Sibérie, lui prouvent d’une manière incontestable qu’il n’y a point de pôle magnétique à l’ouest de ces îles, dans la partie septentrionale de l’Asie. Il voit bien que la ligne isodynamique i ,7 qui contourne le pôle magnétique du nord de l’Amérique , s’étend considérablement vers la Sibérie; mais, indépendamment de ce qu’il aurait à dire sur la forme donnée à cette courbe par M. Hansteen , il n’en est point étonné du moment où il sait -que les deux pôles magnétiques de la surface de la terre, l’un boréal, l’autre austral, ne sont pas diamétralement opposés , et que la plus grande distance qui sépare ces pôles est précisément dans les méridiens de l’Asie, tândis que la plus petite est dans ceux du milieu du Grand Océan.
Cette position respective des pôles magnétiques est évidemment l’une des causes qui rendent variable, d’un méridien à l’autre, la distance d’un pôle magnétique à une même ligne isodynamique.
Une cause non moins déterminante est celle que M. Duperrey attribue à la température dont l’abaissement se prolonge naturellement davantage entre le pôle magnétique et la Sibérie en j)assant par le pôle terrestre, qu’entre ce même pôle magnétique et le centre de l’Amérique septentrionale.
M. Duperrey n’admet pas l’opinion de M. Hansteen,