‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 258 sur 327 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

fondeur dans une mine. Le manque d’uniformité dans la composition chimique du terrain rend la solution de ce problème très-cliflfîcile. Si l’on observe en ballon, les mesures ne sont pas suffisamment exactes. Quand le physicien prend sa station sur une montagne, il est exposé à des attractions locales; des masses ferrugineuses peuvent alors altérer notablement la position de l’aiguille sans que rien en avertisse. La même incertitude affecte les observations faites dans les galeries de mines. Ce n’est pas qu’il soit absolument impossible de déterminer en chaque lieu la part des circonstances accidentelles; mais il faut pour cela avoir des instruments trèsparfaits; il faut pouvoir s’éloigner de la station qu’on a choisie, dans toutes les directions, et jusqu’à d’assez grandes distances; il faut enfin multiplier les observations beaucoup plus qu’un voyageur n’a ordinairement les moyens de le faire. Quoi qu’il en puisse être, les observations de cette espèce sont dignes d’intérêt. Leur ensemble conduira peut-être un jour à quelque résultat général.

§ IL Lettre de M. de Hiunboldt à S. A. R. monseigneur le duc de Sus sex , président de la Société royale de Londres, sur les moyens propres à pcrf'ectionnet la connaissance du magnétisme terrestre par Rétablissement de stations magnétiques et dobservations correspondantes.

Votre Altesse royale, noblement intéressée aux progrès des connaissances humaines, daignera agréer, je m’en flatte, la prière que je lui adresse avec une respectueuse confiance. J’ose fixer son attention sur des travaux propres à approfondir, par des moyens précis et d’un emploi presque continu, les variations du magnétisme terrestre. C’est en sollicitant la coopération d’un grand nombre d’observateurs zélés et munis d’instruments de construction semblable, que nous avons réussi, depuis huit ans, M. Arago, M. Kupffer et moi,

LETTRE PE M. PE IlOMBOLDT.

à étendre ces travaux sur une partie très-considérable de l’hémisphère boréal. Des stations magnétiques permanentes étant établies aujourd’hui depuis Paris jusqu’en Chine, en suivant vers l’est les parallèles de 4o° à 60", je me crois eu droit, monseigneur, de solliciter par votre organe le concours puissant de la Société royale de Londres, pour favoriser cette entreprise et pour l’agrandir en fondant de nouvelles stations, tant dans le voisinage de l’équalcur magnétique que dans la partie tempérée de l’hémisplière austral.

Un objet aussi important pour la physique du globe et pour le perfectionnement de l’art nautique est doublement digne de l’intérêt d’une société qui , dès son origine, avec un succès toujours croissant, a fécondé le vaste champ des sciences exactes. Ce serait avoir peu suivi l’histoire du développement progressif de nos connaissances sur le magnétisme terrestre^ que de ne pas se rappeler le grand nombre d’observations précieuses qui ont été faites à différentes époques et qui se font encore dans les lies Britanniques et dans quelques parties de la zone équinoxiale soumises au même empire. Il ne s’agit ici que du désir de rendre ces observations plus utiles, c’est-à-dire, plus propres à manifester de grandes lois physiques, en les coordonnant d’après un plan uniforme, et en les liant aux observations qui se font sur le continent de l’Europe et de l’Asie boréale.

Ayant été vivement occupé , dans le cours de mou voyage aux régions équinoxiales de l’Amérique, pendant les années 1799-1804, des phénomènes de l’intensité des forces magnétiques, de l’inclinaison et de la déclinaison de l’aiguille aimantée, je conçus, au retour dans ma patrie, le projet d’examiner la marche des variations horaires de la déclinaison et les perturbations qu’éprouve cette marche, en employant une méthode que je cro3'ais n’avoir point encore été suivie sur une grande échelle. .Te mesurai à Berlin dans un vaste jardin, surtout à l’époque dos solstices et des équinoxes, pendant les années 1 806 et 1 807 , d’heure en heure (sou-

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