CHAPITRE V
perturbations magnétiques momentanées observées en Europe, a lieu dans une région si éloignée, entre des endroits séparés par une distance égale à celle qui existe entre les stations d’Europe les plus distantes.
a Dans riutervalle entre le départ et le retour à la Terre de Van-Diémen, il se présentera, sans doute, des occasions défaire plus d’une série d’observations avec le magnétomètre, en laissant toutefois le choix de la localité au jugement du capitaine Ross, et en n’oubliant pas l’avantage qu’il y aurait à observer à des stations aussi éloignées que possible de la Terre de Van-Diémen et de la Nouvelle- Zélande.
« La recherche du pôle magnétique sud et l’exploration des mers antarctiques donnera , comme on peut le présumer, plusieurs occasions d’établir sur une terre jusquelà inconnue, ou sur la glace fixe, lorsque le vaisseau sera bloqué pendant un certain temps, des observations de cette espèce ; et dans le cours de la circumnavigation, la ligne de côtes observée , ou supposée exister sous le nom de Terre de Graham , ou celles des îles de ce voisinage, Sud-Shetland, Terre de Sandwich, et enfin, au retour, l’île de Tristan d’Acuuha, donneront des stations ayant chacune leur intérêt.
« On dressera un programme des jours choisis pour des observations simultanées aux observatoires fixes, et des détails auxquels il faudra avoir égard dans les observations elles-mêmes, ainsi qu’on l’a déjà dit. Ces jours comprendront les termes ou les jours établis par l’Association allemande pour le magnétisme, dans lesquels, par les arrangements déjà existants, chaque observatoire magnétique d’Europe est sûr d’être en pleine activité. Ces jours, qui se présentent quatre fois l’année, seront sui'x tout intéressants comme périodes d’observations magnétométriques par l’expédition, quand les circonstances du voyage le permettront. Pour la détermination de l’existence et du progrès de l’oscillation diurne, autant que l’on peut s’assurer de cet important élément dans des périodes de courte durée, il sera nécessaire de continuer les obser- VI. a® partie. 3o
466 LETTBES DE MM. DE HCMBOLDT ET ERMAN.
valions heure par heure, pendant a4 heures au moins pour une semaine. A chaque station où les magnétomètres seront observés , les valeurs absolues de l’inclinaison , de la direction horizontale et de l’intensité, devront être bien indiquées.
« Sydney pourrait être choisi très-utilement pour une station de déterminations absolues, puisqu’il n’y a pas de doute que ce point ne devienne , d’ici à peu de temps, un autre observatoire, auquel on rapporterait toutes sortes de déterminations locales.
« I^s particularités météorologiques dont on devra particulièrement s’occuper comme partie des observations magnétiques, sont celles du baromètre, du thermomètre, du vent, et spécialement les aurores, s’il s’en rencontré.
« Dans le cas où ce dernier phénomène se présenterait , il faudrait transformer les observations horaires en observations continues, eu supposant que l’on ne fût point occupé à en faire. La manière dont les magnétomètres sont affectés pendant les orages accompagnés de tonnerre, devrait être notée, s’il y en a, quoiqu’on regarde maintenant ces derniers comme étant sans influence.
«Pendant un tremblement de terre, en 1839, la direction de l’aiguille horizontale notée avec soin par M. Ërman , n’éprouva aucune influence ; s’il se présentait une pareille occasion et que les circonstances le permissent , on ne devrait point la négliger.
« Si l’on trouve de la terre ferme ou de la glace dans le voisinage du pôle magnétique, on devrait naturellement faire attention de se procurer une série complète et étendue d’observations magnétométriquesqui, dans une semblable localité , donnerait un des résultats les plus remarquables de l’expédition.
§ IV. Lettre du baron de Huniholdt au comte de
Minto et lettre du professeur Ertnan au major
Sabine.
Les lettres suivantes, du baron de Humboldt au comte