‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 282 sur 327 · LETTRE DE K. DE HUMBOLDT · texte numérisé non relu

LETTRE DE K. DE HUMBOLDT

conjointement avec M. Oitmanns en 1806 et 1807, pendant cinq et six jours et autant de nuits; à cause de la plus grande précision des instruments actuels, vingtquatre ou trente-six heures suffiraient. Je signale aussi les points suivants :

« Examiner les influences lunaires d’après les indications de M. Kreil, astronome de Milan, aujourd’hui à Prague ; faire attention aux orages , aux grandes chutes de grêle &u de neige, aux jours couverts ou sereins; voir si des changements atmosphériques modifient les phénomènes magnétiques d’une manière sensible et stable; examiner si sur mer ou sur les glaces polaires, on remarque quelque influence de la constitution minéralogique du fond; si des perturbations locales se font sentir sur mer, là où l’on peut supposer que les eaux ne sont pas très- profondes. L’intensité des forces se trouvait diminuée à la hauteur que M. Gay-Lussac a atteinte en ballon; on reconnaît celle diminution , lorsqu’on corrige les observations de ce savant par la température des couches d’air qu’il a parcourues. I^a position dans un vaisseau à la surface des mers est une'positioq semblable ; moins par rapport à la surface moyenne de la terre, que par rapport à l’indépendance relative aux attractions locales. Les observations faitessur de hautes montagnes, au-dessus de a5oo toises (observations d’inclinaison et d’intensité recueillies soit par moi, soit tout récemment par d’autres voyageurs), donnent des résultats peu concordants, à cause des perturbations dues aux couches soulevées de la croûte terrestre. Ces considérations sur le décroissement très-lent des forces magnétiques, dans le rapport hygrométrique, et sur la petitesse de la profondeur moyenne de l’océan , méritent l’attention des physiciens. Même sur le sol volcanique de Rome , nous n’avons pas trouvé , M. Gay-Lussac et moi , de différence sensible dans l’intensité de la force horizontale au Monte Pincio, à la villa Borghèse et à Tivoli. Ces expériences seront très-aisées à répéter sur la glace, où l’on peut s’éloigoer à de grandes distances du navire, et où lés

Page 1