CHAPITRE V
influences du fond de la mer , si elles existent , doivent se manifester au milieu de la marche uniforme des plié* nomèues d’intensité ou d’inclinaison.
« Les tremblements de terre m’ont paru agir quelquefois sur l’inclinaison. Multiplier les observations d’inclinaison horaire là où les secousses sont fréquentes.
K Les aurores boréales cbaiigent-elies parfois la forcé horizontale sans influer sur l’inclinaison? Y a-t-il quelque aspect particulier à cette classe d’aurores* boréales ou australes , qui affectent peu les déclinaisons horaires de l’aiguille?
« Observer de préférence les variations magnétiques aux époques où beaucoup d’étoiles fdantes entrent dans l’atmosphère. Examiner si de grandes perturbations (les orages magnétiques) se répètent’ pendant plusieurs jours, aux mêmes heures; si, en général, ces orages magnétiques ne sont pas beaucoup plus fréquents de nuit, lorsque le soleil ne règle et ne tempère plus par son séjour au-dessus de l’horizon la marche de l’aiguille. Il est d’un vif intérêt de découvrir les rapports du magnétisme terrestre (et de ses manifestations variables) avec d’autres phénomènes physiques, soit dans les mouveiiients qui dépendent du temps vrai ( du passage du soleil par le méridien de chaque lieu), soit dans les mouvements isochrones, c’est-à-dire, dans ceux dont on peut déduire la différence de longitude avec uu degré de précision inattendu. »
Lettre du professeur A. Erman au major Sabine.
n Berlin, la novembre i83g.
« Monsieur,
« J’ai eu le plaisir de vous exprimer à Berlin mon vif intérêt pour l’expédition magnétique dont votre rapport sur l’intensité totale (i) a fait concevoir le plan, et que le
(i) Seventh Report of the British association for the advancemeat of science.
LETTRE DU PHOF. EBMAW.
gouvernement anglais a mis en œuvre avec une muniHcence entièrement digne du sujet. Vous savez combien je félicite les voyagèurs qui continueront jusqu’aux plus hautes latitudes australes les observations que je n’ai poussées que peu au delà du parallèle du cap Horn, et qui vont tout autant préciser la forme et la position des lignes magnétiques de cet hémisphère que nous avons pu le faire, M. Hansteen et moi, pour celles de l’Asie et du Nord , où tout concourait à favoriser notre entreprise. Aussi est-ce avec beaucoup de reconnaissance que j’accepte l’entremise que vous avez bien voulu m’offrir, pour signaler aux membres de cette grande expédition quelques résultats et quelques sujets de recherches, que notre voyage, pour un but analogue, me porte à recommander à nos successeurs. Il est vrai que la belle instruction dont la Société royale a muni ses voyageurs, leur indique très-complètement les moyens d’obtenir tant sur mer que lors des mouillages aux côtes et aux glaces polaires, une série continue de déterminations des trois éléments magnétiques. Elle est si riche en détails importants que, dans l’intérêt de la science, on ne saurait rien désirer au delà du strict accomplissement de ce plan de voyage. Cependant, pour toujours soutenir l’attention et le zèle dans un travail uniforme d’une aussi longue durée, et pour les faire redoubler à point nommé, dans les endroits où les observations augmentent d’importance, il n’y a, je crois, rien de plus efficace qu’une comparaison suivie des résultats de l’observation, d’une part, avec ceux de la théorie qu’il s’agit de perfectionner, et de l’autre, avec les évaluations purement empiriques de ses prédécesseurs. L’expédition antarctique doit jouir de cet avantage pour ses mesures d’intensité totale, en se servant de la carte isodynami(|ue construite d’après la théorie de M. Gauss, et de celle que vous avez directement établie sur les résultats des voyageurs. J’ai destiné aux mêmes fins une carte représentant les lignes d’égale déclinaison pour une époque entre 1 827 et 1 83o. Je les ai obtenues par une interpolation graphique, et devant fournir des isogones indépendantes de toute vue de théorie.
CHA.P1TKE V.
«J’ai noie, sur la carte meme, les résultats numériques qu’elle représente, et il ne me reste ici qu’à mentionner les voyageurs qui les ont fournis , la direction des routes qu’ils ont suivies, et l’époque de leurs observations.
« I. L’Europe et F Asie septentrionales.
« MM. Hansteen et Due, de Christiania à Irkuzk et à l’embouchure du Jeniséc, en i8a8 et ag.
« £rman, de Berlin aux. bouches de l’Obi, par Ir-
kuzk et Ochozk au Kaintschatka , en 1828 et 1829.
« II. Le Grand Océan.
« Le cap. Lutké (sur la corvette le Siniavine) ^ dù cap Horn, par Valparaiso, les îles de Sitka et d’üunalarka, à Pelropawlowsk, en 1827.
« Idem, {idem), de Pelropawlowsk à Manilla,
en 1828.
« Erman (la corvette le Krotkuï), de Petro-
pawlowsk , par Sitka, San Francisco et Otaheite, au cap Horn, en 1829 et i83o.
« III. V Atlantique.
« Le cap. Ldtké {le Siniavine) de l’île de Ténériffe, par Rio-Janeiro, au cap Horn, en décembre 1826 et 1827.
« Idem, {idem), au cap de Bonne-Espérance,
par les îles de Ste-Hélènc et de Fayal , au Canal anglais, en 1829.
« Ermaw {le Krotkoï), du cap Horn , par Rio-
Janeiro, à Portsmoulh, en i83o.
« IV. La mer des Indes.
« hç cap. Hag£M£1$teii ( la corvette K/vtkoi'), du cap
LETTRE DU PROF. ERMAIf.
de Bonne-Espérance au Port- Jackson, en
« Lutké (/« Siniavine), de Manilla au cap
de Bonne-Espérance, en 1829.
« Je n’ai dû ajouter à ces résultats presque contemporains (déceinbre 1826 à octobre i83o) qu’une dizaine d’observations antérieures, toutes faites dans la mer Glaciale du nord , et nommément par le capitaine Wrangel, dans la partie orientale de cette mer (68** à 70“ latitude, 162“ à 182“ à l’est de Greenwich), en i823; et par le capitaine Lutké dans sa partie occidentale (70 a 77° lat., 27“ à 52° à l’est de Greenwich), en 1821.
a Si l’on compare maintenant dans leur ensemble ce tracé immédiatement calqué sur les observations, et la carte que la théorie de M. Gauss a fournie pour la même époque, on sera frappé de leur accord éminemment satisfaisant, tant pour les formes que pour les places qu’elles assignent à la plupart des isogones. On envisagera toutefois, comme prévues d’avance, des courbures plus accidentées et moins arrondies dans les isogones empiriques ; résultats nécessaires tant d’une interpolation imparfaite d’observations affectées d’erreurs que d’influences locales, telles que la différence de constitution géologique des pays et leurs accidents de climat; car la théorie que son illustre auteur ne présente que comme une ébauche, ne saurait déjà reproduire ces effets de causes secondaires. Mais, indépendamment de ces écarts accidentels et locaux, une comparaison suivie des deux cartes fait ressortir entre elles quelque différence plus décidément prononcée, portant sur de grandes portions d’isogones bien établies par l’observation. Je me permets de les signaler ci-après à l’attention de vos voyageurs.
« I. Entre 0° et i5o“ E.
« I. Les sommets concaves des isogones négatives (^orientales') que la carte empirique place vers 77® E,
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CHiU>lTBE V.
jr atteignent de moindres latitudes que daprès la théorie.
« Nommément :
Sar It carte empiriqbe. Sur la carte de H. Gauu.
« L’isogone de— 1 5“ descend jusqu’à 65" lat. 4 .... 78" iat. B ^ de- 10 « 58" 5' 64"
«■%, Le système de déclinaison positive ou occidentale, qui a son centre, daprès Vuiterpolation graphique, vers i3o" E., et daprès M. Gauss à peine o" 3 « V ouest de ce meme méridien, s'écarte de la théorie par la valeur des lignes qui le composent, et cette différence est V inverse de la précédente.
a Les sommets convexes de ces lignes sont :
Sar la carte empirique. Sur la carte de M. Gauss.
« Pour la courbe de o" à 68"5 lat. . . 6 1 " 7 lat.
« « « +6"vers 61". n’existe pas, le centre
du système situé en 45"lat.nedevautavoirque-|-2"3o' déclinaison.
« On résumera ces deux circonstances , en observant qu’un voyage depuis65" lat. et 77° E. long, jusqu’en 61" lat. et i3o"E. long., offre en réalité un plus fort changement de déclinaison que suivant la théorie. Eu effet, le changement observé serait de 21" (depuis — 1 5" jusqu’à -H 6"), où la théorie ne demande que 10" (depuis — 10" jusqu’à -H o" ).
« 3. La dijjétence des deux cartes relative à la ligne sans déclinaison , entre lesdits méridiens , n'est au fond qu'une suite de ces deux circonstances. (n°‘ 1 et 2.)
« La branche occidentale de cette courbe, sur laquelle la théorie et l’observation sont presque toujours d’accord , et que cette dernière fait passer par 5o" lat. et 48" E. long., se distingue sur les deux cartes par son prolongement vers le sud et le sud-est. Elle a son sommet