‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 293 sur 327 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

par M. de llumboldt dans le cours de son voyage , les longitudes et les latitudes terrestres ont été réduites en latitudes et longitudes rapportées à l’équateur magnétique. Pour représenter la série des inclinaisons observées, M. Biot est parti de l’iiypothèsc qu’il existait sur l’axe de l’équateur magnétique, et à égale distance du centre de la terre, deux centres de force attractive, l’un austral et l’autre boréal; puis il a calculé les faits qui devaient résulter de l’action de ces centres sur un point quelconque de la surface de la terre, en faisant varier leur force attractive en raison inverse du carré de la distance; il a obtenu ainsi la direction de la résultante de leurs forces, laquelle devait être précisément celle de l’aiguille aimantée au point d’observation.

Par là M. Biot a été conduit à des équations qui déterminent la direction de l’aiguille aimantée relativement à un point dont on connaît la distance à l’équateur magnétique-, direction dépendante d’une quantité qui ex-

{>rime la distance des centres magnétiques au centre de a terre; cette distance étant exprimée, bien entendu, en parties du rayon terrestre : cette quantité a été déterminée par les observations. En examinant ce qui arriverait en lui' donnant successivement diverses valeni’s, M. Biot a déduit de son analyse, qu’en général les résultats approchent de plus en plus de la vérité à mesure que la distance devient moindre, c’est-à-dire, à mesure que les deux centres d’action de la force magnétique approchent davantage du centre de la terre. M. Biot, en calculant, d’après la formule basée sur cette hypothè.se, les inclinaisons à différentes latitudes, a trouvé les mêmes / nombres que M. de Humboldt avait obtenus dans ses observations en Europe et en Amérique, à quelques différences près, cependant. La marche de ces différences montre que les nombres donnés par le calcul sont un peu trop faibles, en Amérique, pour les basses latitudes, et un peu trop forts pour les latitudes élevées. M. Biot a cherché aussi si l’hypothèse d’où il était parti, et qui lui avait servi à représenter les inclinaisons de la bous-

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sole , ne pourrait pas s’appliquer aux intensités de M. de Huinboldt; mais il a reconnu qu’elle ne pouvait satisfaire à cette application.

M. Krafft , en discutant les formules de M. Biot qui représentent la direction de l’aiguille d’indinaison , a été conduit à une expression plus simple de cette formule, et qui peut s’exprimer ainsi : Iai tangente de. üineli- TYiisuti est doulde de lu tangente de la latitude magnétique. Cette loi, insérée dans les Méni. de V Acad, de. Saint-Pétersbourg, pour 1809, sert aujourd’hui, dans un grand nombre de cas, comme je l’ai dit plus haut.

Suivant M. Biot, cette loi, qui est très-simple, a besoin d’être modifiée quand on considère les points du globe qui sont influencés par les inflexions de l’équateur magnétique. En essayant d’appliquer le rapport des tangentes à quelques-unes des îles Australes 4.e la mer du Sud, telles que Otahiti, où Cook a souvent observé, M. Biot a trouvé des Inclinaisons beaucoup trop fortes, tandis qu’elles sont plus faibles pour les lieux situés au nord de l’Amérique, à peu près sous la même longitude. Il a attribué ces écarts .à l’inflexion de l’équateur magnétique vers le pôle austral. Ea formule ne peut non plus être appliquée, par la même raison, aux observations faites dans l’Inde.

Pour expliquer les écarts de la loi des tangentes , M. Biot pense qu’il faut admettre que dans les archipels de la mer du Sud il existe un centre d’action qui influe particulièrement dans cct hémisphère, et cause ainsi des perturbations dans la marche des inclinaisons. Au moyen de cette supposition, et en n’accordant qu’une force très-faible à ce centre particulier d’action , M. Biot a trouvé que les résultats de l’observation s’accordent avec ceux déduits du calcul. D’après cette manière de voir, il faudrait supposer des centres d’action dans tous les endroits du globe où la loi des tangentes est en défaut; ce qui compliquerait beaucoup la question théorique du magnétisme terrestre.

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