‹ Traite experimental de l'electricite et du magnetisme, et de leurs rapports avec les phenomenes naturelsChapitre 57 sur 327 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DE t'ATTBACTION LOCALE DES VAISSEAUX ET DES HOTEVS DE S’EN PBÉSEBVEB.

§ I**. Premières observations concernant Faction des fers des vaisseaux sur U aiguille des boussoles.

Il ne me reste plus , pour compléter tout ce que j’ai à dire sur les moyens d’étudier les effets du magnétisme terrestre, que de faire connaître les précautions à prendre pour se garantir de l’attraction locale des vaisseaux dans les observations faites à bord.

Guillaume Denys, hydrographe .à Dieppe, qui écrivait en 1666, avait déjà remarqué que deux compas placés en différents points d’un navire ne donnaient jamais les mêmes indications.

Wales, qui accompagnait Cook dans ses voyages, est le premier qui paraît s’être occupé des grands dérangements qu’éprouve souvent l’aiguille aimantée de la part d’influences locales. Un certain nombre d'années se passèrent sans qu’il fût question de cé sujet important. Il faut remonter jusqu’en i'794i pour trouver, dans un Traité du Magnétisme , par Walkcr, quelques observations sur l’attractioti locale des vaisseaux. Cet ouvrage renferme, en effet, un rapport de Downie, maître-timonier du vaisseau anglais le Glorieux, dans lequel se trouve cette phrase : '

« Je suis convaincu que la quantité de fer et le voisi- « nage de ce métal dans la plupart des vaisseaux ont «un effet sur l’attraction de l’aiguille; car l’expcrience « prouve que cette dernière n'a pas toujours la même

120 PREM.OBS. CONCEIIN. l’aCT. DES FERS DES VA ISS., ETC.

« direction dans les diverses parties du vaisseau. De «même il se rencontre rarement que deux vaisseaux, « faisant même route selon leur boussole, soient exacte- « ment parallèles l’un et l’autre, et cependant ces bousso- « les comparées auparavant s’accordaient parfaitement.»

Le capitaine Flinders,en 1801 et 1802, alla plus loin. Il observa de grandes différences dans la direction de l’aiguille, selon que la proue du vaisseau était à l’occident ou à l’orient : il crut devoir en conclure que les pouvoirs d’attraction des diverses parties du vaisseau qui sont capables d’affecter la boussole, sont concentrés comme en un point focal ou centre d’action , et que ce point est presque au centre du vaisseau, là où le plus communément se trouve la plus grande masse de fer, tels que boulets, chaînes, ancres, etc.

Depuis, les navigateurs anglais n’ont cessé de faire des expériences sur cet important sujet. Les capitaines Ross, Parry et Sabine s’en sont occupés également dans leur voyage , mais sans être parvenus cependant à détruire l’influence des causes locales ; à M. Barlow était réservé l’honneur de la decouverte d’un moyen très-simple pour corriger en grande partie les effets de cette cause perturbatrice.

Pour donner une idée des erreurs qui peuvent résulter de l’influence exercée sur l’aiguille aimantée par les fers qui se trouvent à bord des bâtiments, je citerai, d’après M. Barlow, les observations suivantes :

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