CHAPITRE X
Je vais commencer par indiquer quelques-unes des précautions que l’on croyait devoir prendre, avant la découverte de M. Barlow, pour se garantir de l’action perturbatrice exercée par les fers des vaisseaux sur l’aiguille de la boussole.
Dans le voyage de V Isabelle et de V Alexandre , en 1818, l’expérience avait fait sentir la nécessité, dans les hautes latitudes magnétiques, là où la force directrice horizontale est très -faible, d’adopter un expédient suggéré d’abord parle capitaine Flinders, lequel consistait à dispo.ser dans le vaisseau un endroit où l’on plaçait à poste fixe la boussole, ‘et, dans le cas où il y avait nécessité , d’employer une boussole dans toute autre partie du vaisseau, de comparer sa marche avec celle de la boussole étalon. On obtenait ainsi un certain degré d’uniformité dans les observations relatives aux effets de l’attraction locale, et on pensait qu’une série d’observations de ce genre pouvait conduire à améliorer les règles adoptées pour obtenir des résultats indépendants des causes perturbatrices.
On savait que la somme d’irrégularité, dans chaque . direction de la proue du vaisseau, variait, toutes les circonstances restant les mêmes, selon que l’inclinaison de l’aiguille augmentait ou diminuait, et dans un rapport , qui ne pouvait être déterminé que par l’expérience; mais pour ces observations, faites dans diverses parties du ^ monde, il fallait que la boussole fût conservée de manière à ne rien perdre de sa force. Pour arriver à ce but, tandis que l’on arrimait Vilécla, à Deptford , le capitaine Parry (1) choisit une position pour la boussole étalon ; un support à trois pieds, soudé avec du cuivre, fut placé au milieu d’un abat-jour, dans la batterie; ses pieds étaient assujettis au moyen de clous et la hauteur du support était de 4 pieds j à 6 p. a po. anglais au-dessus du pont. Cette élévation fut considérée comme favorable, non-seulement parce que la boussole pouvait être
(1) Appendice du voyage du ca])itaine Parry , fait dans les années 1819 et 1820. — Connaissances Ju temps pour 1826.
I aa PREM. OBS. C0irCER9i ^KC,T‘ des fers des vaiss., etc.
dirigée facilement #ur tous les points que l’on avait en vue , mais encore parce que l’on diminuait ainsi la chance des perturbations apportées par les pièces de fer que l’on changeait de place à bord. Ces pièces se trouvant au-dessous de la suspension horizontale de l’aiguille, leur influence perturbatrice était alors fortement diminuée.
On commença d’abord par substituer le cuivre au fer, dans une assez grande étendue, autour du lieu où la boussole devait être placée. Le capitaine Parry mit, en outre, des canons de cuivre à l’arrière au lieu de canons de fer. Avant le départ du vaisseau on fit une série d’observations à Nortbflcet, dans la Tamise, afin de s’assurer des effets produits à bord par les fers sur la boussole étalon,
Unedes boussoles de l’expédition fut placée sur le rivage, de manière à se trouver dans la direction du vaisseau et d’un clocher, L<a position magnétique de la ligne dirigée du clocher au^vaisseau fut trouvée de 83“ 5o' N. E. La tête du vaisseau fut touée successivement sur chaque point de la boussole, excepté à l’O. par E. et O. S. O,, le vent et le flux ne permettant pas de mettre en panne le vaisseau dans ces dernières directions; la position du clocher fut notée par la boussole étalon, Yoici les résultats obtenus :