‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 1 sur 25 · LIBRAIRIE DU MAGNÉTISME 23, RUE SAINT-MERRI · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE DU MAGNÉTISME 23, RUE SAINT-MERRI

yi«.^ ~M. I» ^^. ' .i;v.U.'-.ji|j>.'

teOU MUTMpiB OB ^AOKtTWaS ST «B )tMÙeB

viu

M A.GIVÉTISIIfE DE L.A CHALEUR

I. Chaleur rayonnante. — II. Bans une tige chauffée à Tune de ses extrémités. — III. Dans une tige chauffée au milieu. — IV. Dans des plaques chaufifées au milieu. -^ V. Propriétés physiques du magnétisme de la chaleur. — VI. Lois du Magnétisme de la chaleur.

La chaleur est la cause qui, suivant son plus ou moins d'énergie, fait naître en nous l'impression du chaud et du froid; c'est elle qui fait fondre la glace, bouillir l'eau, cuire nos aliments, rougir les métaux.

Dans l'ancienne théorie de V émission, on considérait la chaleur comme un fluide matériel, impondérable, incoercible qu'on nommait calorique. Les atomes de calorique, dans un état constant de répulsion, étaient projetés dans toutes les directions, s'emmagasinaient en quantité variable dans les corps et s'opposaient au contact de leurs molécules.

Dans la théorie dynamique, il n'y a plus de fluide, plus d'agent spécial à la chaleur, pas plus

qu'à l'électricité, au magnétisme propre à Faimant, à la lumière et aux autres agents de la nature. Les molécules des corps sont animées d'un mouvement vibratoire très petit et très rapide. Dans ce mouvement, qu'elles exécutent sur place, les molécules des corps choquent l'éther et ce choc, qui donne naissance à la chaleur, est transmis à distance par ondulations successives, comme les ondes sonores par l'intermédiaire de l'air. Tous les phénomènes calorifiques sont donc ramenés à une cause unique : le mouvemenLljes corps les plus chauds sont ceux dont les molécules vibrent avec la plus grande vitesse et la plus grande amplitude, et ceux qui s'échauffent ou qui se refroidissent ne font ainsi que gagner ou perdre du mouvement. Quand l'amplitude et la vitesse des vibrations atteignent une certaine intensité, on voit naître les phénomènes lumineux, tout en observant, dans certaines circonstances, la présence de l'électricité, du magnétisme propre à l'aimant, des décompositions chimiques ; et sans aucune exception, des vibrations d'une nature particulière dont la vitesse et l'amplitude sont inconnues, qui donnent naissance au magnétisme physiologique, comme on l'a déjà observé dans le magnétisme humain,dansraimant, le magnétisme terrestre,? électricité, et comme on l'observera successivement dans tous les corps ou agents de la nature.

Les molécules des corps possèdent toujours une certaine quantité de force vive, et quand

f celle-ci se communique à un autre corps, elle se partage en deux parties : l'une qui échauffe le corps en augmentant la vitesse et Tamplitude de

^ ses vibrations moléculaires ; l'autre qui disparaît comme chaleur sensible etn'échaufîepas le corps, mais le dilate, c'est-à-dire écarte ses molécules. Alors, celles-ci se déplacent et exercent un eftort capable de vaincre la force d'attraction qui les unit ; il y a alors un véritable travail produit dans le sens attaché à ce mot en mécanique.

Le mouvement calorifique communiqué à un ©orps peut se résumer : !• en échauffement ou en chaleur sensible au thermomètre, c'est la chaleur communiquée ; 2» en Pravail<f c'est la chaleur transformée, insensible au thermomètre ; 3° en magnéthme physiologique^ qui est encore de la chaleur transfonnée, égaleixtent ÎDrsensible au therfâ&Tnètre.

La chaleur peut produire dû tl'avail mécanique, comme il arrive dans l'expansion des vapeurs el dans la dilatation des gaz ; et réciproquement, ce qui confirme l'unité des forces de là nature et la transformation de celles-ci les unes dans les autres. On développe de la chaleur par un travail mécanique tel que le choc, la percussion, la pression, le frottement, etc. Les savants, et plus particulièrement Joule, ont déterminé mathématiquement qu'entre la chaleur et le travail il y a rapport constant ou équivalence. ï>e là, ils ont

nommé équivalent mécanique de la chaleur, le travail que peut produire Tunité de chaleur ; et réciproquement, le travail nécessaire pour échauffer un kilogramme d'eau de zéro à un degré.

La chaleur se transmet d'un corps à un autre à travers l'espace. Cette propagation, qui se produit dans toutes les directions est désignée sous le nom de rayonnement ou de radiation, et l'on nomme absorption, l'inverse de la radiation, c'est-à-dire la pénétration de la chaleur rayonnante dans les corps. Un équilibre se fait donc entre les corps de température différente et les uns gagnent- ce que les autres perdent. On appelle rayon de chaleur ou rayon calorifique la ligne suivant laquelle la chaleur se propage, et faisceau, un ensemble de rayons.

La chaleur rayonnante se propage dans l'air en raison inverse du carré des distances. Lés rayons calorifiques sont réfléchis comme les rayons lumineux, en vertu des deux lois suivantes ; i*Vangle de réflexion est égal à Vangle dHncidence ; 2" le rayon incident et le rayon réfléchi sont dans un même plan perpendiculaire à la surface réfléchissante^

Toute action calorifique dégage de l'électricité. On s'en rend compte de plusieurs façons et plus particulièrement au moyen de la pile dite thermo-électrique ou thcrmo -multiplicateur de Melloni. A l'instant ou un faisceau de rayons calorifiques tombe sur les soudures de l'une

* des extrémités de la pile, on observe une déviation plus ou moins grande de l'aiguille du galvanomètre et cette déviation a toujours lieu dans le même sens. Le refroidissement donne lieu à un courant de sens contraire. Nous observerons des phénomènes analogues, mais plus icompliqués,dans le développement du magnétisme physiologique que nous allons étudier par la méthode qui nous a servi jusqu'à présent. Nous étudierons d'abord ce magnétisme par la chaleur rayonnante d'un foyer incandescent, puis par des tiges droites ou recourbées chauffées à l'une de leurs extrémités ou en leur milieu; et enfin, dans des plaques de formes différentes.

§ I. — Chaleur rayonnante.

En observant ses sensations, on est très étonné, quand on approche d'un immense brasier, d'un foyer d'incendie, par exemple, d'éprouver une impression assez indéfinissable, mais qui se traduit par de la fraîcheur agréable. Si ce n'était la douleur de voir lar destruction d'un immeuble qui va causer un préjudice matériel plus ou moins considérable, on serait fort à son aise, tant au physique qu'au moral. Cette impression de fraîcheur agréable qui nous envahit augmente au fur et à mesure que l'on s'approche davantage du brasier, jusqu'à ce que l'on soit assez près pour

— toque la chaleur vienne contrebalancer et détruire cette impression. Les personnes sensitives ne peuvent pas stationner là longtemps ; car, elles éprouveraient bientôt, après cette première impression de fraîcheur agréable, des effets d'excitation et de malaise qui se traduiraient par de Tagacement, de l'énervement et une augmentation considérable de la force musculaire. Gela tient à ce que le foyer d'incendie dégage une action magnétique positive qui sature l'atmosphère à une grande distance. C'est une action analogue, mais de modalité opposée, à celle que nous avons déjà observée dans le voisinage des chutes d'eau. Dans celles-ci, l'électricité développée par le frottement de l'eau sur le sol dégage un magnétisme négatif; tandis que la combustion dans le foyer d'incendie dégage un magnétisme positif.

Comme on n'a pas toujours à sa disposition un foyer d'incendie pour étudier la chaleur rayonnante dans ses manifestations magnétiques, nous allons procéder d'une façon plus simple et surtout moins ruineuse, en prenant pour sujet réactif un bon sensitif et en nous servant du foyer de chaleur allumé dans la cheminée pour réchauffer les froides journées d'hiver, ou d'un autre moyen tout aussi économique.

I. — Dans une cheminée, un foyer est allumé, que ce soit avec du bois, de la houille ou du coke,

pôU itnporte ; U dégagé de la chaleur, c*e«t é^ident; et ce qui, va devenir tout ausçi évident, (5*estqu*il dégage en mêm^ temï>s Uneiorcjeinçoûnuô^en physique. Px)Ut vérifier «cette affirmation, ï)riônâ un^ sensîtif de s'approcher, lentement, d'un point élpigné Verè le foyer, et de nous dire qu'elle est l'impression qu'il va éprouver.

Eh bien, à notre grand étonnement, nous l'entendrons dire qu'il éprouve de la fraîcheur et que t3ette fraîcheur devient d'autant plus grande qu'il approche davantage du foyer incandescent, jusqu'à ce que la chaleur, venant h l'incommoderj il ait peine à la supporter. Là, encore, aux dernières limites où il puisse stationner sans se brûler, il éprouve les effets de la chaleur directe sous forme de chaleur et la chaleur transformée en magnétisme sous forme de fraîcheur ; et ces deux impressions sont parfaitement distinctes Tune de l'autre. C'est l'effet ressenti à un très haut degré par un sensîtif que toute personne ressent plus ou moins en s'approchant d'un foyer d'incendie.

Procédons plus méthodiquement, pour vérifier la modalité de cette action magnétique dans l'atmosphère de laquelle le sujet se trouve presque entièrement plongé. Prions le sujet de se placer aussi loin que possible du foyer et d'en approcher lentement en lui présentant son côté gauche* Les effets seront bien mieux caractérisés. Il éprouvera une fraîcheur plus grande encore et sera attiré vers le foyer. Cette impression de fraîcheur ser-

très agréable ; mais peu à peu Tacti vite organique diminuera jusqu'à la paralysie et le sujet s'afïais- - sera lourdement sur le parquet. N'allons pas j usque là, afin d'abréger la description de l'expérience, et quand nous le verrons s'affaiblir, prions-le de faire demi-tour sur lui-même pour présenter son côté droit au foyer. Des effets inverses se feront immédiatement sentir. Le sujet éprouvera de la tiédeur désagréable et sera repoussé. Si on le prie de résister à cette répulsion, après avoir éprouvé les divers phénomènes d'excitation que nous connaissons, il s'endormira en passant par tous' les états du sommeil magnétique.

Nous savons que le côté droit du corps est positif, que le gauche est négatif, que les actions de même nom excitent, tandis que les actions de noms contraires calment; et nous acquérons là la certitude absolue que la modalité magnétique dégagée par la combustion, à côté de la chaleur, est positive.

IL — Si on jette quelques fragments de potassium dans un vase à moitié rempli d'eau, le potassium s'enflamme, Teau se décompose et il y a dégagement de chaleur. A côté du dégagement de chaleur, il y a encore dégagement de magnétisme que Ton peut constater comme nous l'avons fait devant le foyer.

Page 1