III. — Nous pouvons procéder plus méthodi
quement encore tout en modifiant les conditions de l'expérience. Faisons rougir un morceau de fer au feu en élevant sa température à quelques centaines de degrés, nous obtiendrons des effets analogues à ceux du foyer et du vase dans lequel se «ônsume le pota'ssium . Le fer dégage de la chaleur qui lui a été communiquée par le foyer, et ce dégagement est, ici comme ailleurs, accompagné d'un dégagement de magnétisme positif. Si le sujet approche sa main droite du fer rouge, elle sera repoussée et contracturée, et l'impression dominante sera une tiédeur désagréable; s'il en approche la gauche, il éprouvera au contraire une fraîcheur agréable et la main sera attirée et paralysée. Si on présente le fer rouge au front du sujet quand il est debout, il est repoussé et endormi, tandis qu'il est attiré,, réveillé et paralysé à la nuque. Dans le dernier cas, il y a impression de fraîcheur agréable, dans le premier, c'est au contraire de la tiédeur désagréable.
IV. — Si nous plaçons pendant 5 à 8 minutes un verre d'eau à 1 mètre du foyer de la première expérience et que nous donnions l'eau à goûter à un sensitif, quoique sa température ait pu être augmentée par la chaleur rayonnante, elle lui parait fraîche, acidulée, agréable, et il la boit avec satisfaction. Mais, ne la lui laissons pas boire entièrement, et procédons à quelques expé-
rîences comme nous Tavonfedéja fait avec l*iôau magnétisée par Paction des mains, des pôles de l'aimant, du magnétisme terrestre et de rélôtîtricîté.
Si le sujet plonge sa main droite dans Teau du verre, elle sera contracturée ; s'il la retire pour y placer la gauche, la contracture cessera à droite et la paralysie se déclarera à gauche. En même temps, Teau paraîtra fraîche h gauche, tiède à droite. Si on présente le verre d'eau au front, le sujet sera repoussé et endormi ; il sera au contraire attiré et réveillé si on le présente à la nuque.
V. — Prenons un fil conducteur, comme nous l'avons fait pour expérimentera distance avec les forces que nous avons étudiées et mettons une extrémité sur une chaise, par exemple, à un mètre du foyer de notre première expérience, tandis que l'autre extrémité du fil sera conduite dans une pièce éloignée. Là, à cette extrémité du fil, nous pourrons encore obtenir des effets analogues à tous ceux que nous venons de constater. En présentant l'extrémité du fil au front du sujet, il sera repoussé, tandis qu'il sera attiré à la nuque; la main droite sera contracturée et la gauche paralysée. Au front et à la main droite, il y aura sensation de tiédeur désagréable : tandis qu'à la nuque et à la main gauche, il y aura au contraire sensation de fraîcheur agréable. Si nous déposons l'extrémité du fil dans un verre d'eau, au bout de
10 à 12 minutes, elle sera saturée, et produira sur le sujet les même s /effets que nous avons constatés dans Texpérience précédente.
Puisque les effets sont diamétralement opposés sur les deux côtés du corps comme au front et h la nuque et que l'eau magnétisée sous Taction de cette forme de la chaleur paraît fraîche, ce n'e&t donc pas la chaleur qui agit, mais une force inconnue en physique physiologique, car elle produirait partout les mêmes effets. C'est donc bien le Magnétisme qui se dégage à côté de la chaleur sous l'effet de la combustion, puisqu'il agit conformément aux lois que nous connaissons déjà. Nous allons maintenant l'étudier dans d'autres manifestations bien plus curieuses et plus confirmatives encore.
§ II. — Dans une tige chaufifée à Tune de ses
extrémités.
Ici les phénomènes se compliquent. Dans le paragraphe précédent, nous n'avons constaté qu'une seule modalité de l'agent magnétique développé par la combustion è. côté de la chaleur; maisdatjs les expériences suivantes nous allons les observer toutes les deux. La chaleur à proprement dit nous donnera la modalité positive ; le refroidissement, la négative.
I. — Prenons une tige de bois, de verre ou de fer, peu irhporte, longue de un mètre environ, nous aurons un conducteur qui transmettra l'action magnétique de la chaleur. Disposons cette tige sur une table, de telle façon que l'une de ses extrémités soit placée au- dessus d'une source de chaleur — une lampe à alcool, le verre de tirage de la lampe, ou simplement d'une bougie —, tandis que l'autre extrémité élevée au-dessus de la table ou dépassant les bords, pour que l'on puisse à son aise passer la paume de sa main en avant sans la toucher, servira à montrer les manifestations du magnétisme dans la tige.
Cette expérience ainsi disposée, prions le sujet sensitif d'approcher la paume de sa main gauche de l'extrémité libre de la tige et de nous informer de l'impression qu'il éprouve. Il nous dira bientôt que, pendant que la tige chauffe, il perçoit une impression de fraicheur agréable et que sa main est attirée vers la tige; mais si on retire du foyer l'extrémité chauffée, l'impression change immédiatement; et pendant que la tige se refroidit, il éprouve une impression de tiédeur désagréable et sa main est repoussée. Si c'était une tige de fer assez grosse pour mettre un certain temps à se refroidir, la main serait bientôt contracturée ; et si on laissait l'action se continuer, le sujet s'endormirait complètement en passant par tous les états du sommeil magnétique. En remettant l'ex-
trémité de la tige dans la source de chaleur, le sujet se réveillerait en repassant par les mêmes états. Ces effets sont inverses si le sujet présente sa main droite à l'extrémité libre de la tige ; l'action du chauffement détermine une tiédeur désagréable, accompagnée de répulsion et celle du refroidissement une fraîcheur agréable accompagnée d'attraction. ,
La modalité magnétique dégagée par le chauffement est donc positive, comme celle d'un foyer incandescent, et le refroidissement donne la modalité négative. Il s'établit certainement des courants dans la tige ; et dès maintenant, pour abréger la description, nous pouvons dire que le courant de chauffement est positif et que le courant de refroidissement est négatif.
Ces effets sont analogues sur toutes les parties du corps de même polarité. Dirigé au front du sujet debout, en tenant la tige à la main, le courant de chauffement le repousse et l'endort, tandis que le courant de refroidissement l'attire, le réveille et le paralyse en déterminant, le premier une impression de tiédeur désagréable ; le second, une impression de fraîcheur agréable. A la nuque, ces effets sont inverses : le CQurant de chauffement attire, tandis que celui de refroidissement repousse.
Avec la plus grande facilité, on peut vérifier la polarité secondaire du corps humain et répéter
toutes les expérienoes que nous avons déjà faîtes avec le magnétisme humain, Taimant, le magnétisme terrestre et l'électricité, surtout si on se sert d^un lil conducteur enroulé à l'extrémité libre de la tige.
Pai dit que le sensitif devait placer ses mains à quelque distance de l'extrémité libre de la tige. Gela n'est pas une obligation absolue. -Au contraire, les personnes peu sensitives éprouvent mieux les effets de tiédeur et de fraîcheur en teaant l'extrémité de la tige à la main ; mais il y a inconvénient pour les hauts sensitifs qui éprouvant de la contracture et passent par tous les états du sommeil, car la main se contracturant sur la tige, celle-ci est souvent enlevée du foyer de ohaufïement, et alors un effet inverse se produit aussitôt, avant qu'on ait eu le temps de vérifier tous les changements d'état.
II. — Si nous prenons detix verres d'eau pour les placer successivement à chaque extrémité de la tige, nous observons encore des effets analogues à ceux que nous avons constatée sous l'action du magnétisme humain, de Paimant, du magnétisme terrestre et de l'électricité. Le verre placé à l'extrémité libre de la tige pendant le chauffement, se magnétise positivement; tandis que le verre placé au même point pendant le refroidissement, se magnétise négativement. L*eaû du premier verre paraît acidulée, fraîche, agréable au goût des sen-
sitifs ; tandis que celle du second est au contraire alcaline, tiède, fade, désagréaWe et même nauséeuse. La main droite du sujet placée dans l'eau du verre positif se contracture, tandis que la gauche se paralyse. Ces effets sont inverses dans le verre négatif : la main gauche se contracture •et la droite se paralyse.Présenté au.front du sujet, le verre positif le repousse et l'endort, tandis qu'il l'attire et le réveille à la nuque, ('es effets sont inverses avec le verre négatif. On peut ainsi répéter toutes les expériences que nous avons déjà faites; et, en constatant l'existence du magnétisme de la chaleur, vérifier la polarité du corps humain, dans ses moindres détails. Il est inutile de les répéter ici pour ne pas allonger inutilement cette description.
m. — L'agent magnétique qui prend naissance à côté de la chaleur, se laisse conduire sur un ïil à une distance considérable . Pour cela, enroulons à l'extrémité libre dé la tige, un fil quelconque, de cuivre, par exemple, comme ceux qui servent à conduire le courant électrique, pour nous servir dePautre extrémité du fil, dans une pièce voisine, ou le sujet ne verra plus les diverses manipulations des expériences. Là, nous pourrons constater les mêmes effets qu^ lorsque le sujet était à proximité de la tige. Le courant de chaufïement dégagera une action positive qui endormira le sujet au front, le contracturera à droite et sur toutes
— soles parties positives du corps ; le réveillera à la nuque, le paralysera 4 gauche et sur toutes les parties négatives du corps . Le courant de refroidissement dégagera une action négative déterminant inversement, les mêmes effets sur les mêmes parties du corps. On pourra produire des effets d'anesthésie, de contracture et de paralysie, localisés à un membre, les transférer d'un bras à la jambe du même côté, d'un bras à la jambe de l'autre côté, et réciproquement.
L'extrémité du fil placée dans un verre d'eau transmet l'action magnétique à celle-ci comme au sujet: le courant de chauffement la magnétise positivement, tandis que le courant de refroidissement la magnétise négativement.
Les courants sont de même nature, que la tige soit courte ou longue, droite ou courbée, et quelle que soit sa direction par rapport au méridien magnétique de la terre. Toutefois, comme les forces s'ajoutent les unes aux autres ou qu'elles se contrarient, selon que leurs courants sont dirigés dans le même sens ou en sens opposé, les effets sont plus énergiques et plus précis, surtout quand la source de chaleur est faible, si la tige est droite, gt^ qu'elle soit orientée dans la direction du méridien, de telle façon que le courant de chauffement se dirige vers le nord et le courant de refroidissement vers le sud, car les courants magnétiques de la terre, glissant le long de la tige, ajoutent leurs
actions aux courants déterminés par le chauffement et par le refroidissement.
Il y a dans les actions du magnétisme de la chaleur, une source très importante de magnétisme qui peut facilement être utilisée en thérapeutique. Il y a une dizaine d'années, en établissant son système de médecine sans médicamenls , le docteur Luce s'en est servi avec beaucoup de succès et les résultats qu'il a obtenus l'ont conduit à des applications plus pratiques encore.
§ III. •— Dans une tige chanfTée au milieu.
Les phénomènes observés dans le premier paragraphe se sont compliqués dans le second. On n'observait d'abord qu'une seule modalité de l'agent, magnétique — la modalité positive — ; on a vu apparaître ensuite simultanément les deux modalités. Ici, les phénomènes se compliquent bien davantage encore et méritent d'attirer toute notre attention. *
I. — Prenons la tige des expériences du paragraphe précédent, plaçons-là sur la table comme précédemment, n'importe dans quelle direction, chaufïons-lèipar le milieu et prions le sujet sensitif de constater avec les mains la modalité de l'action magnétique qui se dégage à chaque extrémité. Il constatera, non sans surprise, qu'une main placée
à une extrémité éprouve la tiédeur et de la répulsion, tandis quer la même main ressent au contraire, à l'autre extrémité, une impression de fraîcheur accompagnée d'attraction. L'autre main percevra des impressions inverses aux mêmes extrémités de la tige : elle sera attirée en percevant de la fraîcheur où l'autre percevait de la tiédeur, et réciproquement. Deux courants de modalité opposée : un courant positif et un courant
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