‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 14 sur 25 · partie sous la dépendance de l'action magnétique · texte numérisé non relu

partie sous la dépendance de l'action magnétique

Ainsi, par exemple, si nous prenons une poignée de feuilles de séné entérinées dans un flacon, que nous les présenlions au Iront d'un bon sujet ou que nous les fassions passer lentement

FIQ. 33. — 4GTION DO SULFATK d'aTBOPINB

surtout le côté droit du corps, il éprouve de Ift tiédeur, un certain malaise et s'endort. Prolongeant l'expérience, une contracture générale se produit. Dans cet état, qui pourrait aUer jusqu'à la léthargie, plaçons le flacon à la nuque, met-

tons-le dans la main gauche, ou promenons-le lentement sur le côté gauche du corps, la contracture fait place à la résolution et au réveil, et le sujet éprouve une impression ' de fraîcheur agréable. Jusqu'ici, nous n'observons pas d'action médicamenteuse ; mais laissons plus longtemps le flacon à la nuque, par exemple, le calme et le bien-être augmenteront; bientôt des coliques plus ou moins fortes se feront sentir ; et en continuant l'application, des effets purgatifs se manifesteront, comme si le sujet avait absorbé une forte décoction des mêmes feuilles.

Pendant la première partie de l'expérience, l'action purgative n'a pas eu lieu, soit en raison de l'état de contracture et d'anesthésie dans lequel le sujet se trouvait, soit que les courants de la polarité du corps humain n'ait pu transporter l'action médicamenteuse. Ces deux hypothèses me paraissent admissibles ; carsion expérimente avec un sujet moins sensitif, chez lequel l'application isonome se traduit seulement par de la tiédeur et un léger malaise, sans sommeil ni contracture, l'action médicamenteuse a lieu, mais à • un très faible degré, tandis que sous l'action de l'application hétéronome, l' effet médicamenteux se produit; avec beaucoup plus d'intensité.

SI nous nous servons de racines au lieu de feuilles, l'effet médicamenteux se produit de la même façon, mais sur les parties de polarité opposée.

Elles donnent leur nnaximum d'action au front, dans la main droite ou vers la jambe droite.

Pour obtenir la plus grande somme d'action médicamenteuse, il faut donc faire les applications en position hétéronome ; c'est-à-dire que les substances positives doivent être appliquées sur les parties négatives du corps ; les négatives sur les parties positives; et en observant encore que ces applications soient faites aussi près que possible des pôles : front et nuque pour l'axe antéro-postérieur, mains ou pieds pour l'axe latéral.

Il suffit donc de connaître la modalité delà substance que l'on emploie pour en faire sûre^ ment l'application. Nous savons déjà que tout ce qui est feuille, fleur ou fruit est positif, tandis qtie tout ce qui est racine, bulbe ou tubercule est négatil. S'il s'agit d'une décoction, d'une solution, d'un extrait simple ou composé dont on ne connaisse pas la modalité, on peut rapidement la déterminer avec un bon sensitif placé debout. Si la substance présentée au front détermine de la répulsion, de Tallourdissement de la tête, de la chaleur, c'est qu'elle est positive ; tandis que si elle donne lieu à de l'attraction, à de la fraîcheur, c'est qu'elle est négative.

II. — Une expérience qui montre encore bien mieux que la précédente la différence d'action des deux agents qui manifestent leur présence

dans les végétaux et dans les principes qui en sont extraits, est la suivante :

Prenons deux alcaloïdes posit^s qui possèdent une action médicamenteuse opposée: du chlochydrate de morphine et de la caféine, par exemple, renfermés dans des petits tubes de verre. Par leur action magnétique, ces deux poisons repoussent et endorment le sujet au front, et le contracturent sur le côté droit du corps ; l'attirent et le réveillent èi la nuque et sur le côté gauche ; et cela, sans qu'on observe d'action médicamenteuse bien appréciable, à la condition toutefois de cesser les applications à l'instant où le réveil est complet. Ainsi, en l'endormant au front avec la caféine, on le réveille à la nuque avec la morphine, ce qui est diamétralement opposé avec ce que Ton peut obtenir avec l'action médicamenteuse de ces deux poisons. Mais quand le sujet est bien éveillé, si on continue les applications, tous les symptômes propres à l'empoisonnement par la morphine se manifestent.

III. — L'action magnétique d'une plante desséchée ne paraît pas s'affaiblir sensiblement avec le temps; l'action médicamenteuse diminue plus ou moins rapidement pour disparaître à peu près ^complètement au bout de quelques années, surtout si la plante est restée exposée à l'air.

J'ai expérimenté avec des follicules de séné

presque frais et avec la même quantité des mêmes follicules desséchés qui avaient été oubliés au fond d'une armoire depuis 8 ou 10 ans ; et avec les deux, j'ai observé des phénomènes magnétiques analogues, tandis que l'action médicamenteuse ne s'est produite d'une façon bien appréciable qu'avec les premiers.

D'autres médicaments m*ont donné des résultats analogues dans les mêmes conditions d'expérimentation.

rV. — Comme l'action magnétique, l'action médicamenteuse se communique à certains corps, à l'eau, par exemple.

Ainsi, en mettant dans un verre d'eau un flacon hermétiquement bouché, fermé à la lampe, si l'on veut, contenant une substance dont Vaction médicamenteuse est bien caractérisée, de l'alcool, par exemple, Teau, en se chargeant de la modalité magnétique de l'alcool, se charge également de son. action médicamenteuse ; en la buvant, ou même en la tenant à la main, le sujet se grise.

V . — Comme l'action magnétique, l'action médicamenteuse se transmet à distance sur un fil conducteur.

J'ai réussi à transmettre de cette façon l'action médicamenteuse d'un certain nombre de substances ; mais je n'ai pas réussi avec toutes. Cette communication se fait assurément en vertu de

certaines lois qui ont échappé à mes investigations .

Si cette dernière affirmation était démontrée, elle pourrait bien servir de base à la plus surprenante des transformations de l'art de guérir. Les poisons qui font tant de mal, môme en guérisscmt, ne seraient plus absorbés par les voies ordinaires ; et Ton pourrait déjà prévoir l'époque où, grâce à des réseaux analogues à nos réseaux téléphoniques, on pourrait transporter leur action médicamenteuse, non seulement d'une ville dans ses faubourgs, mais d'une ville et même d'une contrée dans une autre.

Une objection' se place ici. — Jusqu'à présent, l'action magnétique et l'action médicamenteuse ne se font sentir à 'un certain degré que chez les sensitifs ; et ceux-ci sont relativement peu nombreux. C'est certainement un grand inconvénient, mais qui ne doit rien avoir d'insurmontable. D'ailleurs, les sensitifs sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit généralement, et n'y aurait-il qu'eux seuls qui seraient susceptibles de profiter de cet avantage ; que ce serait déjà quelque chose d'important. Mais, nous savons d'autie part, qu'il n'y a pas un seul individu qui ne ressente les actions magnétiques à un certain degré, quand celles-ci sont assez énergiques et assez prolongées. Ce n'est donc qu'une question de durée et d'intensité, que l'on pourrait certaine-

ment régler si Ton connaissait toutes les lois qui régissent les actions magnétiques et médicamenteuses. Il ne paraît pas impossible de renforcer leurs actions comme on multiplie Ténergie du courant électrique au moyen des bobines ; et de cette façon, les rendre appréciables aux moins sensitifs d'entre nous.

Mais, le moment n'est pas encore venu de raisonner sur les résultats d'une telle application — qui ne satisferait même pas du tout les nombreux malades qui, surtout par habitude, sont heureux de se droguer à outrance. Contentons-nous donc de rester sur le terrain de l'expérimentation où bien des surprises nous sont encore réservées.

MAGIVÉTISME DES MINÉRAUX

Dans les Cristaux. — II. Dans les Métaux et les

Métalloïdes.

Par la théorie dynamique, les physiciens contemporains ont démontré l'unité des forces physiques. Ainsi, la chaleur, la lumière, Télectricité, le magnétisme propre à l'aimant, au corps humain et aux diverses corps ou agents de la nature, que l'on considérait autrefois comme autant de forces distinctes, sont maintenant ramenés à une cause unique : les vibrations de Téther qui, selon leur longueur d'onde, leur amplitude, leur vitesse, leur mode de propagation, donnent naissance à Tun de ces agents, si ce n'est à plusieurs en même temps.

Les chimistes, en étudiant la composition et la décomposition des corps, ont classé ceux-ci en corps simples et en corps composés; mais le nombre des premiers diminue d'autant plus que les

moyens d'analyse deviennent plus puissants; ce qui porte quelques hardis penseurs à admettre qu'il ne doit y avoir dans la nature qu'un seul et môme corps dont les atomes seraient diversement groupés et orientés. Si cette hypothèse était démontrée, la science prouverait Vunité de la matière. C'est ce * que M. Jollivet-Gastelot, cherche à faire comprendre dans un remarquable ouvrage : La Vie et VAme de la matière^ qu'il publia en 1894. L'auteur va plus loin, il pense même qu'à proprement dit la matière n'existe pas ; et voici sur quel raisonnement il appuie cette hypothèse : .

— Lés corps, dit-il, sont formés de molécules divisibles, et les molécules elles-mêmes sont formées par des agglomérations d'atomes. L'atome est considéré comme indivisible à cause de son extrême petitesse; mais il n'est pas démontxé qu'il soit réellement indivisible par des moyens plus puissants que ceux dont nous disposons. Les atomes ne sont pas serrés les uns contre les autres ; ils se meuvent dans des espaces énormes, si on compare ces espaces à leur volume. Ils sont toujours en mouvement, car l'inertie n'existe pas dans l'univers. Le vide n'existe pas non plus et les espaces interatomiques sont remplis par l'ôther qui les met en communication les uns avec les autre s. L'atome est formé par les particules agglomérées de l'éther. Les molécules des différents corps — fer, or, oxygène, hydrogène, etc.

— ne diffèrent que par le nombre, le groupement et le mouvement des atomes qui les composent. Les corps sont un. L'atome d*liydrogène parait le plus simple. Ce serait lui qui, s'agglomérant davantage, formerait des atomes de plus en plus pesants. Comme il n'eyt composé que de particules d'éther aggloméré et que Téther nous semble immatériel, la matière telle que nous la concevons ne serait qu'une forme, qu'une modalité particulière du mouvement.

Le même auteur va plus loin. Il affirme que le mouvement et la vie sont partout, jusque dans le plus petit des atomes. La matière est constituée par la vie. « Tout atome est un monde aussi admirable qu'une étoile qui brille au firmament, régi par lesmêmes lois, obéissant aux mêmes appels.»

Il est évident que les corps que nous considérons comme des corps bruts sont des êtres qui constituent les premiers anneaux de la chaîne sans fm qui va de la particule éthérée jusqu'à l'ange le plus parfait de nos théogonies, en passant par les minéraux, les végétaux, les animaux et l'homme. Il y a en eux un principe qui vit, qui sent, qui évolue.

Les atomes se groupent d'après certaines lois pour donner naissance à des corps de même nature. Ils ont donc leurs amours, leurs sympathies et leurs antipathies qui se manifestent par des attractions et des répulsions. C'est ainsi que

les atomes métalliques s'attirent et s'agglomèrent au sein de la terre pour former des molécules qui se cherchent, se sentent, se rejoignent et composent des métaux.

Tout vit dans la nature; et pour que dans chaque espèce le type primordial soit conservé, il faut que Findividu quel qu'il soit — minéral, végétal ou animal — , ait en lui, non seulement un germe, mais un moteur intelligent ayant la plus grande analogie avec Pâme humaine que notre intelligence nous permet de concevoir.

Cette hypothèse de Pâme des atomes n'est pas nouvelle; elle a été nettement formulée par sir John Herschell, en 1865. « Tout ce qui à été attribué aux atomes, dit-il, leurs amours et leurs haines, leurs attractions et leurs répulsions suivant les lois particulières de leur être, ne devient intelligible que si nous admettons en eux la présence d'un mental. »

Mais, laissons là ces conceptions grandioses pour ne considérer la matière que sous les aspects réels ou apparents que la vue et le toucher nous permettent de percevoir, et jetons un rapide coupd'œil sur ses propriétés magnétiques.

§ I. — Cristaux.

Les anciens attribuaient des propriétés thérapeutiques plus ou moins grandes aux pierres précieuses — qui, presque toutes, sont des cristaux

C'est ainsi que Tagathe arrêtait les hémorragies, Paméthyste dégageait le cerveau, Témeraude combattait Taction du venin et calmait les crises d*épilepsie, l'escarboucle et la turquoise augmentaient la force vitale et la chaleur du corps, le jade exerçait une puissante action sur les fonctions des reins et guérissait la sciatique, l'opale prévenait les maux de cœur^ les syncopes et les infections malignes, le rubis apaisait la fièvre, le saphir facilitait Técoulement des humeurs, la chrysolite rendait la raison aux aliénés, etc., etc.

Qu*y a-t-il de vrai dans cette croyance des temps passés ? — Je n*en sais rien ! Mais il ne me paraît pas impossible que les corps, surtout (piand ils sont arrivés à rôtat de cristallisation qui en fait des corps quasi-animés, possèdent, en dehors de leurs propriétés purement magnétiques, des propriétés médicinales spéciales, s'exerçant, sinon sur tous les malades affectés d'une môme maladie, du moins sur un certain nombre d'entre eux. C'est un problème que je ne chercherai pas à résoudre.

D'autre part, on sait que l'électricité se développe facilement dans les cristaux sous l'influence de certaines actions mécaniques ou autres, et qu'on la constate avec l'aiguille d'Haûy. Presque tous s'électrisent par ïe frottement ; les tourmalines, la boracite, la topaze, quand on les chauffe ; le spath d'Islande, quand on le presse. Mais on

n'observe jamais la moindre trace d'électricité si Ton n'a pas préalablement soumis le cristal à Tune de ces actions. Il n'en est pas de même du magnétisme ; car celui-ci s'y trouve toujours, et à un degré très élevé.

Il est facile de s'en rendre compte par expérience, en procédant comme nous l'avons fait pour étudier les différents corps ou agents de la nattiTe. Prenons donc un cristal quelconque, soit j de gypse, de quartz, de sulfate de baryte ou au- j tre, aussi volumineux que possible, et. voyons ce qu'un sensitif éprouvera à son approche.

I. — Mettons le cristal sur une table, de telle façon que son axe longitudinal soit parallèle à la surface de la table ; et pour éviter l'action du courant magnétique de la terre, plaçons cet axe dans la direction de l'est à l'ouest. Prions maintenant le sensitif de se placer près de la table, en position convenable pour qu'il puisse approclier ses deux mains vers le cristal, l'une vers la partie supérieure, l'autre vers la base, c'est-à-dire vers la partie sur laquelle il s'est développé, et nous constaterons des effets- aussi remarquables qu'inattendus.

Si la main droite est dirigée vers la partie supérieure et la gauche vers la base, une vloleiifte répulsion se fait sentir aux deux mains, même à une distance de 40 à 50 centimètres, le sujet accuse une sensation de chaleur, des mouvements

de contraction se produisent dans les bras, et ceux-ci sont bientôt oontra,cturé«. Si, au contraire, la main droite est dirigée vers la base et la gauçjie vers la partie supérieure, c'est de Tattractiosn, le sujet accuse une impression de fraîch^eur agréable; tout en étant attirés par le cristal, les mains et les bras se paralysent; et si on les laisse sous cette action, la paralysie envahit bientôt tout Torganisme .

IJ, — Plaçons, le Qristal sur la table dans une position analogue à .celle où il s'est développé, c'est-à-dire la base sur la table et la p^,rtie supérieure,. ).a poiute, dirigée vers le haut et prions le sujet dje placer l'une de ses mains au-dess-vis.

,Si c'est la raM.n drpite, elle est repoussée et contracturôe ; si c'est la gauche, elle est attirée et paralysée. . ^

En retournant le cristal pour que la base soit dirigée en haut et la pointe en bas, les effets sont de même nature, mais inverses à chaque mîain; la gauche est repoussôe ôt eontracturée ; la droite, attirée et paralysée. '

III. — Prenons le leristal àlpi nwn et présentons-l-e «tu front di;i sujet pUcé 4ebout.

Si nous présentons la partie supérieure) le sujet est repoussé et endormi ; si nous présentons la base, il est attiré et paralysé.

■ A -la nuque, les- effets sont de même natutpe

mais inverses ; la base repousse et endort, la partie supérieure attire et paralyse.

En confirmant une fois encore la polarité du corps du sujet, ces expériences nous démontrent que le cristal est polarisé, et quUl agit à la façon d'un aimant. Par les effets observés, on comprend sans peine que le pôle positif est à la partie supérieure, tandis que le négatif est à la base.

En comparant l'énergie des actions d'un aimant naturel avec celle d'un bon cristal du môme poids, on peut se rendre compte qu'elle est à peu près la même. Un cristal du poids de 2 à 3 kilog. agit encore d'une façon très appréciable sur un bon sensitif à une distance de 8 à 10 mètres. A 2 ou 3 mètres, on peut très facilement observer les différents états du sommeil magnétique, ce qui est difficile à 30 ou 40 centimètres, car l'action étant trop énergique, ces états se succèdent trop rapidement.

Quand le cristal est placé sur la table, la partie supérieure en haut, la main du sujet perçoit une action, une sorte de courant parfaitement déterminé qui s'échappe de chacune des aspérités ; et tout en fermant les yeux, il pourrait facilement compter celles-ci.

Sur n'importe quelle partie du corps du sujet, on peut se rendre compte que le pôle positif

exerce une action plus énergique que le négatif. C'est ce que Ton peut également observer avec le magnétisme humain, l'aimant, l'électricité et les divers agents de la nature.

Il y aurait bien des observations intéressantes à consigner ici ; mais pour ne pas trop allonger ce chapitre, je reviens sur le terrain de l'expérience, pour démontrer d'autres analogies plus remarquables que présente le magnétisme des cristaux avec celui des divers corps ou agents que nous avons étudiés.

IV. — Si nous mettons le cristal dans la position de la première expérience et que nous placions un verre d'eau dans son axe longitudinal, à une distance de 15 ou 20 centimètres de chaque pôle, et qu'au bout de 10 à 15 minutes nons donnions l'eau à un sensitif pour la déguster, il nous dira que celle du pôle positif est acidulée, fraîche, très agréable, tandis que celle du pôle négatif est alcaline, tiède, fade, très désagréable. L'eau est donc fortement magnétisée . Il est inutile d'ajouter que l'on peut répéter avec cette eau toutes les expériences que nous avons faites précédemment avec l'eau ou les divers liquides magnétisés.

V. — L'agent qui rayonne de chaque pôle du cristal se laisse conduire à distance sur un fll, comme celui que nous avons observé dans tous les corps ou agents de la nature. Pour le démon-

trer, prenons deux fils métalliques, plaçons ui>e extrémité de chaque fil sur les pôles du cristal, ou même à ime distance de quelques centimètres, et prions le sujet de prendre dans ses mains l'extrémité libre des fils. S'il prend le fil du pôle positif dans la main droite et celui du pôle négatif dans la gauche, il s'endort rapidement; s'il prend au contraire le fil du pôle positif dans la main gauche et celui du pôle négatif dans la droite, il se paralyse.

Des effets analogues ont lieu avec un seul fil, mais avec moins de rapidité; ils se produisent également sur toutes les parties du corps, soit que le fil se trouve en coplact direct avec ces parties, soit qu'on l'en éloigne de quelques centimètres .

Ces résultats démontrent jusqu'à l'évidence que l'agent magnétique est partout de même nature et qu'il se transmet en vertu des mêmes lois. Cette analogie me dispense de multii)lier davantage les expériences.

Une polarité plus ou moins appréciable existe encore dans quelques roches ; puis, descendant les degrés du règne minéral pour étudier les métaux, les métalloïdes et les corps amorphes, nous ne trouvons plus que des corps, unipolaires, c'est" à-dire des corps qui sont négatifs ou positifs.

§ II. — Métaux et BfétaUoIdes, Métallothéra^ie..

Jetons maintenant un rapide coup-^'œil sur les métaux et les métalloïdes les plus connus .

Les magnétiseurs ont souvent observé Faction •^ agréable ou désagréable — de certains métaux sur leurs somnambules ou sur leurs malades.» Mesmer employait des tiges de fer pour conduire l'action de ses baquets, et il tenait à la main une tige de verre ou d'un métal quelconque pour la régulariser; mais il ne parait pas avoir étudié l'action des métaux au point de vue purement magnétique. Le fluide universel suffisait à sa théorie; et s'il se servait de certains métaux, il considérait seulement ceux-ci comme des conducteurs.

A ma connaissance, la plus ancienne observation méritant de fixer notre attention date de 1805. Elle est insérée dans le t. VI des Archives de physiologie du docteur Johnohrist Reil, de Hall, sous ce titre : Observation sur le magnétisme animal et sur le somnambulisme, par F. Fischer. Le sujet de cette observation est un jeune homm« qui, à la suite d'émotions violentes, tombait, dans des attaques de nerfs présentant de grandes analogies avec les attaques d'épilepsie — on dirait aujourd'hui des attaques d'hystérie —, à qui tous les métaux étaient désagréables. Le fer et le

soufre Taffectaient peu; mais le cuivre et l'or le faisaient horriblement souffrir.

Vers 1820, Despine père, médecin des eaux d'Aix-en-Savoie, observa plus méthodiquement l'action des métaux sur les malades qu'il magnétisait, n remarqua que ces malades avaient « une appétence singulière pourTorle plus pur», appétence manifestée par des applications de ce métal qu'ils se plaisaient à faire d'eux-mêmes, soit avec des pièces de monnaie, soit avec des montres ou des bijoux divers. L'or lés attirait, d'autres métaux les repoussaient. L'observateur interroge les malades sur ces attractions et sur ces répulsions. Ils sont unanimes à déclarer (( que les applications d'or les soulagent; tandis que les autres, celles de cuivre, en particulier, les enraidissent et leur font mal. »

Voici comment Despine s'exprime au sujet de l'action des métaux :

« Dès le début de mes recherches sur les phénomènes nerveux, tout particuliers, que présentent les malades atteints de catalepsie, c'est-à-dire depuis des années 1820, 1821 et 1822 (voyez notes n" 19), je m'étais aperçu de la singulière appétence que ces malades montraient pour l'or, et surtout pour l'or le plus pur. Je m'étais aperçu également de l'influence manifestement différente qu'avaient sur eux le zinc, le cuivre jaune et le fer aimanté. Avant d'interroger ces malades sur

les sensations que ces métaux leur faisaient éprouver, je voulus en faire maints essais, pour reconnaître le plus ou moins de constance qu'ils pouvaient offrir dans la production et le développement de ces phénomènes remarquables, afin d'en déduire la conséquence : ou quHls dépendaient de quelque loi naturelle et positive qu'on n'avait pas encore eu Voooasion d*observer^ ou qu'ils n'étaient que le produit du hasard^ du caprice ou de V astuce des malades . Par cette exploration réitérée, dont je n'avais fait confidence à personne, ayant trouvé que ces faits se représen* talent constamment les mêmes, chez les mêmes malades et lorsqu'ils étaient placés dans des cir* constances identiques, je dus en conclure que ces phénomènes appartenaient à un ordre naturel, soumis à des lois positives^ non étudiées encore, mais qui devaient être aussi immuables que les

grandes lois qui régissent V Univers Il fallait

donc les étudier, et c'est ce que j'entrepris. » {Observations de médecine pratique^ p. 124.)

Cette affirmation est suivie d'observations méthodiques montrant qu'il y a dans les métaux une action particulière qui n'est pas due « au hasard, au caprice, ou à Vastuce des malades. »

Quelques années plus tard, Ghardel observe également l'action de l'or sur une de ses malades qui était affectée d'une grande faiblesse des bras . Un jour, elle le pria de lui mettre une vingtaine de

pièces d'or dans chaqme main. Les mains se^coiitracturèrent si fortement que les ongles lurent marqués dans la peau. {Esquisse de la nalwre humaine, p. 206.)

Les métaux n-agis&ent pas identiquement de la même façon sur tous les sensitifs.Les uns aiment t«l métal qui déplaît à d'autres et réciproquement . En général, Tor, le cuivre, le mercuf e sont plus ou moins désagréables, tandis que le fer, le plomb, le zinc sont généralement agréables. Sur le plus grand nombre, Tor produit une impression de brûlure, môme à une distance de 10 ou 15 centimètres; et je connais des personnes qui ne peuvent pas garder d'or dans leur poche, surtout à gauche, car il leur produit une impression désagréable et même douloureuse. Ces personnes là ont toujours des malaises quand elles portent un bracelet de môme métal. Le mercure dans un flacon ou même dans la boule du baromètre, détermine, comme- l'or, une impression de brûlure, qui est presque toujours suivie de contracture. Dans ses Leitres odiques, de RelchenbcLch cite des exemples de sensitifs qui ne mangeaient qu'avec la plus grande répugnance les mets préparés dans des casseroles de cuivre. Au contraire, le contact du plomb est agréable au plus grand nombre des sensitifs, chez lesquels il détermine trr'îs souvent le contentement, là satisfaction, et môme l-a gaîté qui se traduit parfois par une douce hilarité.

Paracelse, que Ton a surnommé le père du mugnétisme, a observé raction curative des métaux sur le corps humain. Astrologue convaincu, il était persuadé que chacun de nous est sounois à l'action directe d'une planète, et l'action dtes métaux lui indiq^rait Tastre qui influence chaifue individu .

« Ce qui guérit, dit-il, indique la nature et la cause du mal ; et comme chaque planète est représentée par un métal ; le Soleil par Tor, Mars par le fer, Vénas par le cuivre, la Lune parTar*gent, Saturne par le plomb, il s'en suit que l'action thérapeutique de chaque métal donne Tinfluence morbiflque particulière à Tastre correspondant. »

Ne cherchons pas à remonter à la cause première des maladies, et à savoir si cette cause tient à l'influence morbiflque des astres qui gravitent silencieusement autour de nous . Contentons-nous d'observer l'état des organes et>d'employer, pour rétablir Téquilibre de la santé, les moyens que la nature met partout à notre disposition .

11 est évident qu'il n*y a dans l'action des métaux qu'une action qui leur est propre, action pu-> riment magnétique, comme Burq Ta parfaitement reconnu . ^

Je viens de citer le nom de Burq, l'inventeur de la métallolhérapie, c'est-à-dire l'art de traiter le»i

maladies par l'application des métaux, art qui est encore pratiqué avec succès par Moricourt sur les hystériques. Ce sont des observations analogues à celles de Fischer, Despine et Chardel qui l'ont mis sur la voie de cette application. Etant interne, il s'intéressait beaucoup aux phénomènes du magnétisme. Ayant assisté à une séance du célèbre somnambule Alexis, il fut témoin de faits qui attirèrent particulièrement son attention. Il chercha alors des somnambules dans le but de les observer. En 1847, il en trouva une dans le service de Robert à Beaujon. « Un jour, dit-il, dans les Origines de la métallo thérapie^ que Clémentine, en état de somnambulisme, avait à ouvrir la porte de sa chambre, nous la vîmes s'en approcher avec précaution, s'isoler la main droite avec son jupon, la porter avec crainte sur le bouton de la serrure, tourner ce bouton prestement, puis frotter sa main après elle comme si elle avait touché un corps chaud. Or ce bouton était en cuivre. »

Très frappé de ce fait, l'observateur en demande immédiatement l'explication au sujet. Celui-ci répond que le contact du cuivre lui fait mal, qu'il la brûle comme du feu. Il essaie le contact de l'or et de l'argent, et ce contact lui fait du bien.

Cette première observation fut le point de départ de la métallothérapie.

Je n'entrerai pas dans de grands détails au sujet de cette application, renvoyant le lecteur aux

ouvrages suivants : Burq, La Métallothérapie à Vichy, Paris, 1881 ; Burq, Des Origines de la méiallothérapie, Paris, 1883; Burq, Du Cuivre contre le choléra, Paris, 1884; Moricourt, Manuel de métallothérapie et de métalloscopie, Paris, 1888, qui résument suffisamment la question.

Voici néanmoins quelques principes indispensables :

Chaque individu est sensible à un ou même à plusieurs métaux. Cette sensibilité constitue Vapéitude métallique , que Ton reconnaît à Texamen métalloscopique.

Tout métal exerce une action dynamique analogue à celle de Taimant (Burq.) C'est son action magnétique.

Cette action, qui paraît agir sur le système nerveux, s'exerce en raison directe de la sensitivité des malades.

Quand un métal agit convenablement, il fait cesser l'anesthésie, calme les douleurs, guérit les paralysies nerveuses et fait disparaître les contractures hystériques. Appliqué selon les régies de la polarité, il calme à gauche et excite à droite s'il est positif, calme à droite et excite à gauche s'il est négatif.

Quand deux métaux de polarité différente agissent, le cuivre et le zinc, par exemple, on obtient de leur application sur les deux côtés opposés du corps humain des effets de calme où d'excitation plus grands, plus profonds qu'avec un seul.

L'application se fait à nu sur la peau ; mais avec les malades très sensitifs, on peut la faire par dessus les vêtements.

La métallothérapie a aussi ses applications internes.

Le métal qui agit extérieurement est celui qui doit être administré à Tintérieur ; et réciproquement, lorsqu'un malade se trouve bien de l'administration interne d'uu métal, ce métal est celui qui doit être employé extérieurement (Moricourt).

On emploie les métaux en poudre, leurs sels ou leurs oxydes, en pilules ou en gouttes. On peut également faire usage des eaux minérales naturelles (eaux ferrugineuses, sulfureuses, arsenicales).

Du principe de la métallothérapie interne, on peut tirer plusieurs conséquences d'une très grande importance au point de vue thérapeutique.

On sait que le fer est la panacée universelle de la chlorose et de l'anémie, et l'usage interne de ce métal guérit fort bien quelques malades, tandis qu'il est nul ou même nuisible au plus grand nombre des autres. Gela tient certainement à ce que les malades sont ou ne sont pas sensibles à ce métal. Ge n'est certainement pas le far qui régénère le sang directement comme on le pense généralemBUt ; mais quand il agit favora-

— aai -

bkanent sur le système narveux, la nutrition et rassimilation se font mieux et l'équilibre des fooroes se rétablit. Il ne serait même pas indispensable de le prendra à Uintôrieur, ceux qui en éprouvent ainsi de bons effets pourraient se conr tenter da la porter à l'extérieur sous forme de plaques.

Il en est de même des médicaments qui ne sont pas tirés du règne minéral, car on sait assez que tel médicament qui guérit une maladie bien caractérisée chez un certain nombre de malades, est sans effet sur d'autres. Il résulterait de cette conséquence que si chaque individu possède \me aptitude métaUiqvJe^ il possède également une aptitude médicamenUwse consistant en ce qnBj dans un groupe de médicaments déterminant à pau.prôs les mêmes effets, il y en aurait un ou deux qui conviendraient aux nxalades à Texclusion de tous les autres.

Si cette hypothèse était vérifiée, le médecin n'jaurait qu'à reconnaître cette aptitude, en se serv.ant de procédés analogues à ceux de la métalloscopie. Ses ordonnances cesseraient d'être rédigées au hasard,la thérap3utique entrerait dans une voie véritablement scientifique, et la plupart des maladies que le médecin est trop souvent incapable da soulager, se guériraient facilement.

Mais, ne voulant pas faire de médecine ici, je reviens, aux métaux.

J*ai dit à la fin du § précédent que les deux modalités de l'agent magnétique ne se trouvaient pas dans les métaux et les métalloïdes, et que les uns sont positifs, tandis que les autres sont négatifs.

Cette affirmation n'est pas rigoureusement exacte. Avec un métal ayant une forme allongée, une barre, par exemple, on observe les deux modalités. G*est ce que Texpérience va nous démontrer.

I, — Pour cela, prêtions deux barres, longues de 50 à, 80 centimètres. Tune en fer, l'autre en cuivre ; à rextrémité de chacune d'elles, la main d'un bon sensitif n'éprouvera pas toujours les mêmes effets : les barres se sont polarisées sous une influence quelconque.

n. — Procédons méthodiquement pour trouver la cause de cette polarisation. Plaçons les deux barres à quelque distance l'une de l'autre dans la direction du méridien; au bout de 2 à 3 heures, après le» avoir placées dans la direction de l'est à l'ouest, pour éviter sur le sujet l'action du magnétisme terrestre, nous constaterons que dans les deux barres, l'extrémité qui se trouvait vers le nord est positive, tandis que celle qui était vers le sud est négative.

Cette vérification faite, replaçons les deux barres dans le méridien, en observant que les extrémités qui étaient au nord soient au sud, et récipro-

quement. Au bout de 4 à 5 heures, la modalité changera d'extrémité, et Ton pourra constater que le pôle positif que l'on avait mis au sud, se trouve au nord, et réciproquement. Il est inutile d'ajouter qu'il n'y a pas trace d'aimantation, pas plus dans une barre que dans l'autre. On peut s'en assurer avec l'aiguille aimantée. Néanmoins ce changement parait donc tenir àTaction magnétique delà terré.

On remarque également que l'intensité des actions exercées à chaque extrémité des deux barres est loin d'être la même. Dans le fer, l'extrémité qui était au nord repousse fortement et contracture rapidement la main droite, tandis que la gauche, à peine repoussée à l'extrémité qui était au sud, ne se contracture que très lentement. C'est l'inverse qui a lieu avec la barre de cuivre : l'extrémité qui était au sud repousse et contracture rapidement la main gauche, tandis que la droite est à peine repoussée à l'autre extrémité .

On observe un phénomène analogue quand les barres sont placées verticalement : la partie supérieure prend la modalité positive ; l'inférieure, la négative.

Gela tient à ce que les deux métaux sont de polarité différente : le fer est positif, le cuivre est négatif ; et comme dans toutes les actions magnétiques il y a des rayons tenant des deux modalités, ces rayons ont été dissociés et polarisés sous l'action du courant magnétique de la terre.

m. — Si on étudie la polarité des métaux et des métalloïdes avec une plaque de chacun d'eux, un ou plusieurs fragments, une boule, etc., il n'y a plus de polarisation et Ton reconnait que les uns sont enHèrement positifs, tandis que les autres sont eqtièremçnt négatifs.

En étudiant de cette façon l'action de tous les corps, on peut assez facilement les ranger en deux séries : les positifs d'une part, les négatifs de l'autre . On remarquera aussi que dan» chaque série il y en a de très actifs, tandis que d'autres n'exercent qu'une action très faible. En rangeant les corps de chaque série dans l'ordre de lenr énergie on reconnait que l'oxygène et le potassium occupent le premier rang : le premier parmi les corps positifs, le second parmi les négatifs.

Il serait trop long d'étudier ici chaque corps et de le classer à la place qu'il doit occuper dans chaque série sous le rapport de son énergie comparée à celle des autres; je me contente de classer les plus connus par ordre alphabétique.

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