I. Polai-ilé des végétaux. ~ Il Action mi'dica
« Les plantes etlas animaas, dit A. Boscowitz, dans l'A Jrte et la l'Lante, ont intérieurement le sentiment de leur existence, et ils ont aussi leur peine et leur bonheur. » En effet, si l'on examine attentivement les véRélaux, on est surpris du changement de posilion des tiges, des feuilles et des fleurs, des émotions de ces êtres qui perçoivent dos sensations, souffrent ou jouissent comme nous-mêmes.
Les plantes font partie du cycle sans fin de l'univers et participent h la vie universelle. Elles ont certainemeot leur personnalité. Ce sont daa individus vivants, sensitifs, pensants peut-être. Elles possèdent leur système ner\'eox et vasculaire, leure organes de respiration et de nutrition '
analogues à ceux des animaux. Peut-être, évoluent-elles comme eux. Dans tous les cas, il est impossible de leur refuser la sensation, le discernement et un certain degré d'intelligence. En voici quelques exemples :
— Il y a deux ans, le Journal illustré du Jardin d'acclimatation reproduisait, d'après une revue hispano-américaine, le fait très surprenant d'un arbre « qui se transplante de lui-même. » 11 s'agit d'un érable qui s'anémie au milieu des ruines de New-Abbey, ne trouvant pas là une alimentation suffisante. Chaque jour il s'étiole davantage et menace de périr ; mais, comme tout être vivant, il tient à la vie ; et pour la conserver, il engage une lutte des plus curieuses. A trois mètres de distance, un sol fertile s'offre à lui ; que fait alors notre érable ? Quelque chose à la fois de bien simple et de bien extraordinaire pour un arbre. A la recherche persévérante et ingénieuse de la nourriture qui lui permettra de vivre plus copieusement, il étend ses branches vers le bon terrain, les incline vers le bas, et quand la plus longue, la plus forte de ses branches dociles est parvenue h toucher le sol, il l'enfonce dans la terre assez profondément pour qu elle prenne racine. Ce résultat obtenu l'érable se redresse peu à peu sur cette tige supplémentaire ; et, quand elle est assez forte pour le soutenir, il se sépare de l'ancienne tige dont il
n'a plus besoin. Au bout de quelques années, ce prodige de végétation est accompli, et tous les habitants du pays ont pu le constater.
Des exemples de ce genre ne sont pas rares. Dans son remarquable ouvrage, Boscowitz en cite un certain nombre. Ici, c'est encore un érable, desséchant sur un mur qui ne saurait lui procurer une nourriture convenable. Le malade se ravise, il envoie des racines dans la terre arable du voisinage, s'y installe, si enfonce ; puis peu à peu l'arbre détache ses racines du mur stérile où il a si mal vécu jusqu'alors, s*en sépare entièrement, se redresse, pour vivre désormais dans le sol fécond ou il s'est transplanté par ses propres efforts. Là, sur les hauteurs rocheuses et escarpées des bords du lac de Gôme, vivent des arbres qui ne trouvent souvent qu'une alimentation insuffisante. Alors, le long des rochers, ils font descendre une racine qui se dirige au loin vers la bonne terre, y pénétre, y développe de nouvelles tiges et laisse bientôt mourir les anciennes.
Certaines plantes possèdent des facultés instinctives qui, dans une certaine mesure, leur permettent de préserver les fleurs ou les jeunes pousses du danger. Tout le monde connaît la mimosa-pudica , surnommée la sensUive, h cause de son irritabilité, qui ferme ses folioles au moindre bruit. Les fleurs de sureau se comportent
d'une façon analogue. Quand le temps est beau, elles se tiennent droites, la surface de TinflOf^cence étant k peu près horizontale, comme pour recueillir la plus grande part possible des rayons du soleil ; mais quand le temps devient froid ou pluvieux, le pédoncule se courbe et Tinilore»* cence se place, autant que le permet le feuillage qui l'entoure, dans un plan presque vertical, de telle façon que les gouttes de pluie ne peuvent atteindre les organes générateurs de la fleur.
Les plantes dorment comme les animaux. Ce phénomène a été observé pour la première fois par Garcias de Horto en 1567 ; mais ce fut Linné qui le démontra, après l'avoir observé dans le jardia d'Upsal.Un matin, il avait vu un lotus daas tout l'épanouissement de sa beauté ; et repassant aa milieu de la nuit, il s'aperçut que les fleurs avaient disparu, Il crut d'abord à un larcin ; mais en s'approchant, il vit que c'était la plante qui avait caché ses fleura. Bientôt il remarqua que chaque soir les feuilles voisines de la fleur, se rapprochaient, se refermaient pour envelopper celle-ci et la dérober aux regards .
Le grand botaniste pensa que ce singulier phé* nomènç ne devait pas se borner à une «eule plante ; et un flambeau k la main, avec la pas»* sion du savant, il se mit à passer les nuits dans son jardin pour s*en assurer. Il reconnut bientôt que, pendant la nuit, le plus grand nombre des
végétaux se livrent an socuneil, dans une attitude particulière.
En éclairant les plantes pendant la nuit et en les laissant dans l'ombre durant le jour, ce som- .raeil nocturne des plantes peut être interverti ; elles s'endorment dans la lumière rodge, se réveillent dans ia lumière bleue, ce qui nous demoûtre que les végétaux, comme nous-mêmes, modifient leur condition d'existence selon Tilifluence du milieu dans lequel ils sont placés.
Sans parler des arbres anthropophages qui, dit-on, croissent en certaines contrées de TAsie, tout le monde a «ntendu parler des dianées. Ce sont réellement des plantes carnivores vivant d«s mouches et des insectes qu'elles attrappent. Dewx lobes demi-ovales munis de piquants, véritar blés suçoirs, qui ne sont pas sans analogie avec ceux du poulpe, sont réunis par un organe faisant fonction de charnière et forment la feuille. Quand un insecte vient se reposer sur cette feuille, celle-ci se referme rapidement et emprisoiiae la victime qui est bientôt percée de toutes parts. Au bout de quelques instants la feuille se rouvre et laisse tomber le corps desséché de rimprudent insecte. Toutes les parties molles ont été sucées : la plante a dévoré Tanimal .
Dans tous les règnes de la nature, la vie appelle la vie. Si une plante volubile se trouve placée à égale distance de deux supports : une
tige morte et une tige vivante, la plante, s'éloignant de la première, grimpe de préférence sur la seconde. La tige vivante a exercé sur la tige frêle et délicate de la plante grirapsuite une attraction qui n'est pas sans analogie avec celle de la lumière.
Il y a des plantes électriques comme il y a des poissons électriques ; il y en a même de magnétiques, car leurs feuilles sont toujours orientées dans la direction du méridien, comme l'aiguille aimantée.
L'instinct de reproduction s'observe chez les végétaux, comme à tous les degrés de l'échelle ontologique. Il est remarquable dans la classe des dioïques où les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur des pieds différents. On voit celles-ci se rechercher, s'approcher l'une de l'autre pour accomplir l'acte de la fécondation. Dans certaines espèces, c'est la fleur mâle qui se porte vers la fleur femelle ; dans d'autres, c'est le contraire. Le nymphéa blanc, surnommé le Us d'étang à cause de sa blancheur, est particulièrement remarquable sous ce rapport. La fleur femelle, placée à l'extrémité d'un long pédoncule enroulé en spirale, se déroule et avance vers la fleur mâle pour recevoir le pollen fécondant ; puis, les spirales se reforment, la tige se raccourcit et la graine vient mûrir au fond de l'eau.
En étudiant la physiologie de la plante, ses be-
soins, ses désirs, ses aspirations, ses mouvements, sa respiration si curieuse et si compliquée, sa transpiration abondante, ses malaises, ses maux, ses infirmités, ses maladies, les excès qui la tuent, les moyens qui la soulagent, on est surpris de la saisissante ressemblance qui existe entre le végétal et l'animal. Gomme nous, la plante naît, grandit, s'embellit des parures de la jeunesse, arrive à la vieillesse et descend rapidement le chemin de la vie, souvent avec son cortège de hideurs et d'infirmités, puis, c'est la décrépitude et la mort.
Ainsi s'accomplit le cycle de toute existence ici-bas, cercle fatal dans lequel nous tournons les uns et les autres, le parcourant en tout ou en partie, pour, après des efforts fructueux ou stériles, rentrer dans le silence apparent de la mort qui transforme nos corps en d'autres corps qui vivront eux-mêmes comme ont vécu ceux qui leur auront fourni la matière dont ils seront formés.
Puisque nous observons une si grande analogie entre le règne végétal et le règne animal, nous devons, comme dans ce dernier, y observer la présence de l'agent magnétique. C'est ce que l'expérience va nous démontrer.
§ I. •— Polarité des végétaux.
I. — Si un sensitif met successivement la paume de l'une de ses mains à quelque distance au-dessus d'un chou, d'une giroflée, d'une touffe de gro-
seiller, d'une plante ou d'un arbre quelconque, il perçoit des sensations qui ne sont pas le« mômes aux deux mains. A la droite, c'est de la chaleur qui augmente l'activité organique,pepousse et contracture ; tandis qu'à la gauche, c'est de la fraîcheur qui diminue l'activité organique, attire et paralyse .
Les mêmes effets se produisent à l'extrémité de chaque branche, de chaque feuille et de chaque fleur, ce qui nous démontre que le sommet des plantes est positif.
II. — Détachons une branche de n'importe quel arbre, arbuste, plante ligneuse ou herbacée ; et, avec un bon sensitif, tâchons de constater la polarité de ce fragment du végétal. Si nous ne «onnaissions pas les expériences faites avec le squelette humain et des membres d'animaux morts, nous serions très étonnés de constater que la branche s'est polarisée. Restée positive à la par-
tie supérieure, elle est devenue négative à la partie qui a été séparée du tronc.
Coupons la branche en deux, chaque tronçon se polarise à nouveau. Coupons ces deux tronçons en deux, quatre, vingt, cent parties, chaque fragment se polarise el nous représente un aimant complet, ayant sa ligne neutre et ses pôles opposés, comme chaque parcelle d'un aimant.
On peut diviser les tiges, les feuilles presque à l'infini, un très bon sensitif reconnaît toujours
deux pôles opposés dans le plus petit des fragments.
Si, au lieu d'une branche on prend une radne, les effets sont identiquement les mêmes. Chaque tronçon est positif du côté de. la tige, négatif du côté qui s'enfonce dans la terre ; de telle îaçoii qu'une plante, un arbuste, un arbre, est positlï par le sommet de toutes les branches, et négatît à l'extrémité de toutes les racines.
m. — Prenons une petite poignée de feuilles, de fleurs, de petits rameaux ou de racines placés les uns sur les autres de telle façon que les mêmes extrémités soient ensemble. Le sensitif constate une polarité nettement déterminée, positive à une extrémité, négative à l'autre. On a formé un faisceau de barreaux aimantés. Mais si nous mêlons ensemble les feuilles, les fleurs, ou les fragments de rameaux et de racines, soit dans un petit sac, soit dans un flacon de verre, nous constatons qiiô les fleurs, les feuilles, les rameaux sont positifs, tandis que les racines sont négatives.
Cette expérience nous démontre que la polarité positive domine à la partie supérieure du végétal tandis que la polarité négative domine dans les racines. L'action négative des feuilles, des fleurs, et des ramaux diminue Tintensité de l'action positive, mais ne l'annule pas. C'est comme un contrecourant qui, dans la pile, vient diminuer l'intensité du courant principal. Il en est de même, mais inversement pour les racines.
IV. — Prenons un chou, une romaine, une betterave, une botte de carottes ou d'asperges, un bouquet de fleurs que nous allons placer dans la direction de Test à l'ouest pour éviter l'action du courant magnétique de la terre, et mettons un verre d*eau à chaque extrémité. Au bout de 8 à 10 minutes, prions un sensitif de déguster l'eau. Il trouvera celle qui a été exposée à la partie supérieure légèrement acidulée, fraîche, agréable; tandis que celle de la partie inférieure sera alcaline, tiède, fade, désagréable.
Avec cette eau on pourra répéter toutes les expériences que nous avons déjà faites avec Teau magnétisée, soit par Faction du corps humain, par celle de Taimant ou de tout autre agent.
V. — Considérés dans leur ensemble, tous les fruits sont positifs ; tous les tubercules sont négatifs. On peut s'en rendre compte en priant un sensitif de les tenir à la main. Mais si on étudie chaque extrémité d'un fruit, d'un bulbe ou d'un tubercule, on reconnaît qu'il présent deux pôles opposés. Une poire, une pomme, une pêche, une prune, une grenade est positive du côté de la fleur, négative du côté du pédoncule. Une pomme de terre est positive par la partie qui la rattachait èi la racine où elle a pris naissance, négative à l'autre extrémité.
Ces expériences nous démontrent jusqu'à l'évidence que les végétaux sont polarisés à la façon
d*un aimant, et que cette polarité n'est pas sans analogie avec celle que Ton observe chez les ani maux.
§ II. — Action médicamenteuse.
On sait que le voisinage de certains arbres est salutaire, tandis que d'autres essences exercent une influence délétère. Les voyageurs citent le mancenillier, un arbre du genre des euphorbiacées, qui croît dans l'Amérique tropicale, pour être particulièrement dangereux. Le poison que con tiennent les fruits, les feuilles et les diverses parties de l'arbre rayonne autour- de celui-ci et forme une atmosphère empoisonnée capable de tuer l'imprudent qui s'endoitsous son ombrage. Quelques hygiénistes affirment même que les platanes de nos boulevards sont malsains ; tandis que tous sont d'accord pour vanter les qualités bienfaisantes de l'eucalyptus globulus de Tasmanie que Ton essaie d'acclimater en Algérie et dans le midi de la France. Tout le monde sait que les phtisiques respirent plus à leur aise et que leur état s'améliore presque toujours dans le voisinage des forêts de pins ou de sapins, en raison de la satuturation de l'atmosphère par la résine ou autre chose qui émane de ces arbres.
Les végétaux, respirent. Cette fonction, assez compliquée, consiste surtout à absorber de l'acide carbonique et à rejeter de Toxygène durant le
/ jour ; tandis que pendant la nuit, elles aibsorbent ' au contraire Poxygène pour rejeter l'acide carbonique. C'est ce qui fait que, pendant la nuit, dans une chambre close, les plantes nous sont aussi . nuisibles qu'elles nous sont utiles durant le jour. Mais la respiration des plantes est un phénomène physico-chimique, et l'action salutaire ou nuisible que certaines essences exercent constamment dans leur voisinage est toute différente. Cette dernière diffère également de l'action purement magnétique étudiée dans le § précédent ; et nous allons voir qu'elle tient réellement à un autre ordre de phénomènes que l'on peut désigner sous le nom d'action médicamenteuse à distance.
Le docteur Charpignon s'était déjà aperçu qu'en appliquant certaines substances sur le corps humain et en magnétisant le malade au travers de ces substances, on obtenait quelquefois des effets analogues à ceux qui auraient été déterminés si la substance avait été absorbée. Mais il pensait que le fluide du magnétiseur était le véhicule de cette action ; et que sans lui, nul effet ne se serait produit. Nous allons voir qu'il en est autrement et que l'action médicamenteuse se produit seala» en dehors de toute action de l'expérimentateur.
C'est le hasard qui m'a fait observer la propriété médicamenteuse des végétaux. — Un jour, dans le courant de l'année 1884, j'étudiais la polarrité des végétaux. Pour cela, j'avais mis un cer-
taîn nombre de plantes — fleurs, feuilles, rameaux, t
racines — dans des flacons en verre de même !
grandeur, et enveloppés dans du papier de même couleur, afin que je ne puisse pas les reconnaître moi-môme, dans la crainte d'agir sur le sujet par suggestion mentale. Le sujet prenait à la main successivement cîiaque flacon pour s'assurer de la polarité du contenu, puis rangeait d'un côté les flacons qu'il croyait positifs ; d'un autre côté, ceux qu'il croyait négatifs. L'opération terminée, je développais les flacons pour faire la vérification. Presque toujours, les fleurs, les graines, les feuilles et les rameaux, qui sont positifs, étaient ensemble d'un côté; et les racines, qui sont négatives, étaient réunies de l'autre.
Or, à l'une de ces expériences, au contact d'un flacon, le sujet fat subitement pris de coliques assez violentes et éprouva le besoin de suspendre la séance pour aller là où l'appelait un certain besoin. Je ne fis pas attention à cette particularité; et pendant l'absence du sujet, je remêlai ensemble tous les flacons pour recommencer l'expérience de polarité. Le sujet revient, reprend à nouveau tous les flacons et les range comme précédemment. Au contact de l'un d'eux, il fut encore pris de coliques, posa là le flacon et retourna précipitamment où il était allé déjà quelques instants auparavant. Seul devant mes flacons enveloppés, l'idée me vint que ce pourrait bien être l'un d'eux qui aurait déterminé cet effet aussi
surprenant pour moi que désagréable pour le sujet, et je développai celui qui le sujet venait de laisser, afin de m' assurer de son contenu. Ma surprise fut très grande en voyant qu'il contenait des feuilles de séné. Pour vérifier s'il était bien la cause des effets purgatifs que je venais d'observer, je le réenveloppai à la hâte dans un autre papier et le posai sur la cheminée. Le sujet revient, tout étonné d'éprouver des besoins aussi pressants auxquels il n'est nullement habitué. Je lui dis que, pour apporter une petite diversion, nous allions varier les expériences ; et pour cela je le priai de prendre avec l'une ou l'autre main le flacon déposé sur la cheminée. 11 le prend dans la main droite, dit qu'il éprouve de la chaleur et que son bras tend à se contracturer, ce qui lui indique que le contenu est positif ; mais il accuse à l'instant même de légères coliques. Je le prie de prendre le flacon dans la main gauche, en lui disant que cet effet allait probablement cesser. Dans la main gauche, le sujet accuse de la fraicheur, mais aussi des coliques plus grandes. Je veux le dissuader en attirant son attention sur la polarité du contenu du flacon et tâche de le retenir. Mais le résultat fut bientôt aussi complet que possible : Le sujet se tord dans une violente colique, pousse un gémissement, et en même temps j'entends un certain bruit nettement caractérisé qui me fait comprendre que les suites naturelles de la colique s'étaient passées dans ses jupons.
En effet, le sujet se confond en excuses, serre ses cuisses dans ses jupons ; et, honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, s'en va se débarbouiller.
Il est inutile d'ajouter que, malgré l'immense intérêt que je portais à ce résultat, la séance fut terminée et que le sujet ne consentit plus à ce genre d'expériences.
Cet effet que rien ne me faisait prévoir me fit comprendre qu'à côté de l'action purement magnétique consistant à calmer ou à exciter l'activité organique, il existait dans les végétaux une autre action que Ton pouvait nommer à juste titre Vac* lion médicamenteuse; et pour me le démontrer, je continuai les expériences avec d'autres sujets. Après avoir vérifié l'action de certains végétaux purgatifs ; jalap, nerprun, coloquinte, ellébore, j'essayai les extraits — huile de ricin, gommegutte, scamonée, euphorbe — ; et les effets, ne variant que du plus au moins, furent toujours analogues à ceux du séné. Mais, ces effets n'ayant rien d'agréable pour les sujets, j'abandonnai bientôt les pur'gatifs pour étudier d'autres médicaments, en employant, soi t les végétaux eux-mêmes, soit des extraits.
La méthode d'application fut variée. Tantôt le sujet tenait le flacon successivement dans l'une ou l'autre main; tantôt je le présentais au front, à la nu<îue, à l'épigastre ou vers les côtés latéraux du corps, soit en contact avec la peau ou les vête-
EDfeiits, soit à une distance de quelques centimètres, et les résultats furent presque toujours analogues à ceux qui se produisent quand la substance est absorbée.
En général, tous les narcotiques font dormir, ies vcmitifs font vomir, l'alcool grise, et cette iTresse diffère selon la qualité de la substance. L'aloool de vin ettoutes les bonnes eaux-de-vie détermin^il une ivresse gaie; Talcool de grain et les mauvaises earUK-de-vie, une ivresse furieuse. Indépendamment d'une ivresse dans laquelle le sujet est abruti, l'absintbe détermine la paralysie des jambes. Le camphre et Tammoniaque font cesser rivresse.
Chez les meilleurs sensîtifs, quelques substance* donnent lieu à des effets aussi surprenants qu^inattendus.
L'eau de laurier- cerise détermine une extase religieuse qui dure 10 à 15 minutes. Quelques iî)stants après l'application, le sujet lève les yeux et tend les mains vers le ciel; sa figure respire la béatitude. Il a des visions; sa position et S(m expression se modifient et restent en rapport avec l'objet invisible qu'il ne quitte pas des yeux. Ses mouvements sont lents. Il tombe à genoux dans l'attitude de la prière, la tête baissée, et les mains jointes et rapprochées des lèvres. Plus tard, la vision change de nature. Il se renverse en arriére, s'étend à terre, les bras ramenés sur la tête dans l'attitude de la défense, puis des mouvements
convulsifs survieipent. L'expression de la figure est alors celle de la crainte, de la douleur même; puis il ferme les yeux et tombe en somnambulisme- Dans cet état, on peut faire raconter au sujet tout ce qu'il vient de voir; mais il faut se hâter, car le souvenir disparaît bientôt, et on ne peut le rappeler qu'à la suite d'une autre ciie© d'extase .
La valériane, dite herbe aux chais, soit en nature, doit en extrait, détermine des effets non moins curieux, qui consistent à imiter les actions du chat. Le sujet se met à quatre pattes, prête Toreille, guette, gratte la terre avec ses doigts, renifle, miaule; et si on le taquine il essaie de griffer et même de mordre
Le jaborandi et la pilocarpine déterminent la transpiration et la salivation; la vératrine, l'enchifrénement
Les alcaloïdes et certains poisons exercent,niôme à une distance de 6 à 10 centimètres, des actions très énergiques qui ne sont peut-être pas sans danger. On voit apparaître de véritables symptômes d'empoisonnement. Dans tous les cas, s*ils sont employés purs, îls donnent toujours lieu à des actions brutales qui doivent être évitées, en employant des solutions étendues ; car, avec les effets médicamenteux, on observe toujours de l'ivresse qui vient amoindrir ou dénaturer les effets qu'on veut étudier.
L'expérience est difficile et compliquée, en raison de la polarité du corps humain et surtout des courants magnétiques qui parcourent l'organisme. Ainsi, les effets ne se produisent pas avec la même rapidité et ne présentent pas identiquement les mêmes caractères, si le sujet tient le flacon dans la main droite ou dans la main gauche, si on le place près de la jambe droite ou de la jambe gauche, au front ou à la nuque. L'action est considérablement plus rapide et mieux caractérisée quand la substance est appliquée .à Pun des pôles ou aussi , presque possible; et ce pôle est le négatif chez les droitiers, le positif chez les gauchers. Nous en • la raison au chapitre traitant des courants magnétiques du corps humain.
En 1885, les docteurs Bourru et Burot, à Rochefort, ont étudié ces phénomènes et communiqué les résultats de leurs observations au congrès pour Tavancement des sciences tenu à Grenoble en août de la même année. Depuis, d'autres observateurs et particulièrement le docteur Luys les ont également étudiés. Ce dernier fit une démonstration à l'Académie de médecine, en employant des substances enfermées dans des tubes de verre fermés à la lampe; mais les résultats ne furent . pas considérés comme suffisamment concluants, probablement, comme le dit Pauteur, « faute d'une expérience suffisante et d'une compétence spéciale de la part des personnes chargées de les con-
trôler ». Mais, l'action médicamenteuse à distance est un fait que chacun peut observer, en se donnant la peine dp chercher des sujets suffisamment sensitifs; et ces sujets sont relativement nombreux, non seulement parmi les malades des hôpitaux, mais dans toutes les classes de la société, chez les individus des deux sexes dont la santé est à peu près équilibrée.
Gomme ces faits ont peu d'importance au point de vue de la pratique du magnétisme et du massage, je ne les étudierai que très sommairement, renvoyant ceux qui désiraient les étudier davantage aux ouvrages spéciaux qui, d'ailleurs, sont fort peu nombreux. Voici les deux plus importants r Les Emotions dans Vètat hynoptique et l'action à distance des substances toxiques et médicamenteuses, avec fîg., par le docteur Luys ; la Suggfistcon mentale et Vaction à distance des substances toxiques et médicamenteuses, avec fîg., par les docteurs Bourru et Burot.
La vignette placée en tête de ce chapitre, tirée des expériences de Bourru et Burot, représente un sujet sous Faction de la valériane. Les quatre figures, ci-contre sont tirées des Emotions dans l'état hypnotique et faction à distance, etc. de Luys. Elles représentent le même sujet, Esther, sous l'action de trois substances différentes : poivre présenté au côté gauche du cerveau, puis au côté droit ; sulfate de spartéïne et sulfate d*atro^ pine présentés au côté droit.
Tout en admettant l'extrêma mobilité de l'espression du sujet, il est impossible de ne paa reconnaîtra que les substances contenues dans des tubes fermés exercent des actions réelles qui ne peuvent pas être attribuées à i'imaginalion,
quand on sait que les effets sont toujours les mêmes sous l'action de la môme substance, et que l'on peut expérimenter sans connaître à l'avance la nature de cette substance.
- ycw -
Hest donc bien évident qu'ily adansles plantes at dans les extraila que l'on en tire deux agents diflôreals, constitués par deux modes de vibr». tions différents qui se communiquent à distance pai ondulations : io Vageni magnétique à. propre-
ment dît, comme je l'ai démontré dans le premier §■; 2'Vagenl médicamenteux, commeon peut s'en rendre corapte dane celui'Ci- Comment ces deux agents, cf^ deux modes vi.
bratoires de l'éther se comportent-ils en présence l'un de l'autre? — C'est là une question très compliquée que je ne chercherai pas à résoudre. Quoiqu'il en soit, voici quelques observations
FIQ. 33. — ACTION DU 8ULFATB DE SPABTÉIHE
personnelles qui permetlronl aux magnétistes futurs de diriger plus sûrement leurs recherches.
j L'action médicamenteuse paraît être en