I. Circuit fermé. — II. Circuit, ouvert
La théorie du magnétisme humain, comme elle est exposée jusqu'à présent dans le cours de cet ouvrage, paraît tenir exclusivement à la polarité du corps. 11 semble démontré que les applications isonomas excitent, tandis que les actions hétéronomes calment. Ces principes sont vrais, mais ils sont encore subordonnés à certaines conditions que nous n'avons pas encore étudiées. Je vais en donner des exemples.
Etant placé devant le sujet, si on lui présente la main droite au front, les doigts dirigés en haut, comme l'indique la flg. 34, le sujet est repoussé et endormi; mais, si on se place en position convenable pour présenter la même main, les doigte
dirigés en bas, à la même partie du front, fîg.35, le snjtt est au contraire attiré et paralysé.
FiG. 34
FiG. 35
Si l'opérateur place sa main gauche sur le bras droit du sujet, comme dans la fig. 36, le bras se paralyse; s'il place la même main gauche en sen^ inverse, sur le même bras droit, fig. 37, on observe au contraire de la contracture. ' •
Fig. 3Q
^Lfts mêmfîs eS«ts s^e^ produisent dans des conditions analogues à la nuque, sur les deux bras,
les deux jambes et les côtés latéraux du corps.
Dans les dieux premières expériences, en présentant la main droite au front, nous agissions pourtant en position isonome ; comme nous agissions en hétéronome dans les dernières.
D'où vient cette différence dans les effets observés? La polarité n'existerait-elle pas, ou seraitelle soumise à des lois que nous n'avons pas encore observées ?
FiD. 37
— La polarité existe bien; elle est incontestable: le corps humain est polarisé. Mais^ autour des pôles de chaque axe, comme dans un circuit, il circule des courants qui présentent la plus grande analogie avec les courants de la pile. C'est sur ces courants magnétiques,- que Ton pourrait appeler les courants de la polarité, que l'on agit, et non pas sut la polarité elle-nïème. Pendaat le cours de notre longue expérimieiiitation, si nous nous éti'o^n s placés dans les conditions su&-énoncées', nous aurions remarqué cette particularifeé ; mais pour ne pas tn>p compliquer cette étudey je n'ai pas jugé à propos -de la faire observer.
Pour bien faire comprendre le mécanisme des courants magnétiques du corps humain, je dois donner quelques explications tecliniques.
En électricité dynamique, on nomme courant la transmission électrique qui a lieu d'un pôle à l'autre de la pile lorsque ceux-ci communiquent entre eux au moyen d'électrodes ou d'un conducteur quelconque.
Fio. 38, — La couBAWT ùlectruiub dans la pilb
Dans l'ancienne théorie de l'émission, on admettait l'existence de deux courants : l'un potitif, allant du pôle positif au négatif dans les conduoteurs et du négatif au positif à l'intérieur de la pile ; l'autre négatif, allant en sens contraire ; mais on ne tenait compte que du premier qui marque seul son passage sur le galvanomètre. Dans la théorie dynamique, le courant n'a lieu que dans un sens , du pôle positif au négatif dans les conducteurs et du négatif au positif dans
la pile, comme le montre la fig.38. C'est un flux de réther allant de la partie condensée à la partie raréfiée, sous la forme d'ondes successives.
Cette théorie, qui suffit à peu près à l'explication des phénomènes électriques, est bien loin d'être suffisante pour expliquer tous les phénomènes magnétiques. Au chapitre traitant du Magnétisme de P électricité , t. I, nous avons constaté dans la pile l'existence des deux courants, anciennement admis ; et cela même quand le circuit de la pile est ouvert, c'est-à-dire quand il n'y a pas de courant électrique.
L'ancienne théorie expliquerait bien mieux les phénomènes électriques et magnétiques que la nouvelle. Mais, les théories passent et les faits restent, de plus en plus nombreux, de plus eu plus compliqués. Ne discutons donc pas les premières, qui n'ont que peu d'importance, pour observer plus attentivement les faits et les comparer entre eux.
Lorsque deux fils métalliques voisins sont traversés par un courant électrique, il se produit dans chacun d'eux des attractions ou des répulsions analogues à celles qui s'exercent entre les pôles des aimants. Les lois qui régissent ces actions présentent différents cas, suivant que les courants sont parallèles ou angulaires, rectilignes ou sinueux. La loi des courants parallèles, qui va servir de base à la démonstration des courants magnétiques du corps humain, est ainsi formulée :
t* Deux courants parallèles diriijéi dans le même sens s'attirent; S' deux courants parallèles diri'jàs en sens eonlraire se repoussent.
Dans l'aimant, quoique les traités de physique n'en fassent guère mention, on admet un courant comme dans la pile. Ce courant circule h l'intérieur de l'aimant, comme l'électricité dans la pila.
lombre de branches, <
Biiondaires, qui s'é- J
directions; et cha- jl
le, pour reformer le J
c'est-à-dire qu'il sedirige du pôle boréal ou néga tif au pôle austral ou positif. En sortant de c pôle, il se divis^en un grand nombre débranches, on pourrait dire en courants s panouissent dans différentes directions cun d'eux revient à l'autre pôle, i oourantà l'intérieur, comme l'indique la fig.
Le fantôme magnétique, lig. 10, que l'on obtient avec de la Limaille de fer tamisée sur un carton au-dossus de l'aimant, montre parfaitement que les courants secondaires, qui constituent les ligues de force dans le champ magnélique, commu/niquent d'un pôle à l'autre. La direction du cou-
ant intérieur et des ramifications de ce courant à l'extérieur, est donc la même que celle du courant électrique.
Gomme la théorie de l'électricité, celle de l'ai-
FlC. 4.0. — Lb FANTOME M*GNÉII()UE
matit n'est pas suffisante jiour expliquer tous les phénomènes que l'on observe sur le corps humain, . et nous sommes encore obligés d'admettre ici la présence de deux courants se dirigeant en sens contraire. Mais, comme arec l'électricilé, restons avec le courant unique des physiciens, qui noîns
permet néanmoins d'expliquer le plus grand nombre des phénomènes.
Arrivons aux courants du corps humain.
Quand on présente la main h 10 ou 15 centimètres d'une partie quelconque d'une personne sensitive, -celle-ci est gépéralement attirée ou repoussée si elle est debout, et elle perçoit la sensation d'une sorte de souffle frais ou tiède qui la pénètre, selon que la main agit eh position hétéronome ou isonome. Ce souffle est précisément le courant qui s'échappe de la main du magnétiseur. Ce fait n'a pas échappé à de Reichenbach qui l'explique ainsi : « Le mouvement odique appelé courant^ dit-il, part principalement du cerveau, descend le long des faisceaux nerveux et les suit jusqu'à leurs dernières ramifications. Finalement, il s'exhale dans l'air, se rend sensible par l'impression de chaud ou de froid qu'il occasionne aux sensitifs, et devient visible en plein jour sous forme d'effluves, de lueurs dans l'obscurité. » {Le Fluide des magnétiseurs),
n n'y a pas que les sensitifs qui perçoivent ce courant : le plus grand nombre des malades et même des personnes dont la santé est équilibrée, peuvent également le percevoir sous l'action d'un Jbon magnétiseur. Que celui-ci se place devant une personne convenablement assise, le dos appuyé à la chaise et les jambes allongées, et qu'il pratique de la tête aux pieds, sur les côtés du corps, des passes dites à grands courants . Après avoir
pratiqué un certain nombre de ces passes, le sujet de Texpérience ressent presque toujours, plu> ou moins distinctement, Vimpressiondedeuxcou rants qui s'établissent de haut en bas. Ces* comme un souffle frais qui circule, non pas à la surface de la peau, mais dans les profondeurs de l'organisme ; et, chose remarquable, ce courant va plus vite que le mouvement des mains qui semble lui donner naissance. Ainsi, le sujet perçoit la sensation à l'instant où le magnétiseur commen^îe ses passes; or les courants deviennent appréciables et cheminent asse^ vite pour que la sensation qu'ils déterminent soit perçue à l'extrémité des pieds, quand les mains ne sont encore qu'à la hauteur des genoux. Et le sujet sent fort bien que ces courants le traversent, à l'impression de fourmillement, de picotement qui se fait sentir à l'extrémité des pieds.
Un hypnotiseur ne verrait dans cette sensation qu'un effet de l'imagination du sujet, s'il est plus ou moins suggestible, du déplacement de l'air s'il ne l'est pas. Il n'en est rien. On peut éviter Tauto-suggestion et la sensation qui pourrait être déterminée par le déplacement de l'air, en exécutant les passes- au travers d'une toile, d'une porte même ; et les effets, bien qu'atténués par la distance à laquelle on serait obligé d'agir, n'en seraient guère moins appréciables.
La magnétisation, sous la forme de ces passes, détermine-t-elle ces courants chez le sujet ? —
Certainement non J Ils circulent constammant en ttdfiSL» sfans que nos» en ayons conseieneo; la magifïétisation n& fatt que detles renforceF asse» peiar le» rendre perceptibles.
Quelle €fsi Ja [nètmre des courants magnétiques qui e?îrculent dans- le corps humain ? Y a4^i^ un fif^ul courant, allant d'un pôle à l'autre à rintéïieur dfiHis chaque axe polaire et qui, après être si^rti ée» Tntï rentre dans Tautre, en exéentanft atnsi tfâ' «ïoirrement continuel comme dane vaw sorte de elrcfa*t ? Y a-t-il deux courants, Tun positif, Férutre négatif cheminant l*utt sur Tautr» eit sen« OOTïtraîre? G'esf ce qu'il est impossible de dénvonlfer.
Au point de vue magnétique, en comparant îe éorps humain à la pile électriquo dont le circuit est fermé, et en se plaçant dans des conditions d'expérimentation analogues, on ne constate qu'un seul courant. Mais en se plaçant dans les conditions de la pile dont le circuit est oovwt (V. le Magnétisme de Véleclricité, c. VII), on conrifetate d'Une façon irréfutable Texistenee de deux courants.
Au point de vacthéorîque, il vaudrai! cortaine- Ihent mieux admettre la réalité de ces deux- coitfants dans la pile, dans l'aimant et dans le corps humain, courants cheminant l'un sur l'aftttm en I sens inverse. Ces deux courants ne posséderaient pas la même énergie. C'est d'ailleurs ce qui se
démontre à l'expérience, aussi bien dans le coirps h'imain que dans la pile et dans raimant : le courant positif agit toujoiars^ plus énergiquement que le négatif. Le plus-^ faible agirait sur le plus fort ccymm© un eonlre-eonrant, e« diminuant l'énergie de celui-ci d'une- somme égale à la sienne. Ainsi, en représentant l'énergie da courant positif par 5, celle du négatif par 3^ ; Ténergie appréciable du premier serait représentée par 5 — 3 = 2.
Les courants du corps humain paraissent bien passer d'un pôle à l'autre. Quand on magnétise un malade depuis quelque temps par application des mains sur la poitrine, l'estomac ou l'intestin, il éprouve beaucoup plus d'action quand les mains sont éloignées l'une de l'autre que lorsqu'elles se touchent. Ce simple phénomène semble bien nous indiquer que lorsque les mains ne se touchent pas, les courants qu'elles émettent pénètrent complètement le corps du malade, tandis que si elles se touchent, ces courants rentrent en partie chez le magnétiseur, en passant d'une main dans l'autre sans traverser le malade et sans produire les effets que l'on attendait.
Dès 1881, j'avais entrevu Fexistence de ces courants magnétiques du corps humain ; mais û*y attachant alors qu'une importance relative, je n'avais pas cherché à connaître les lois qui le» ré* gissent. Dans les cours que je faisais à cette époques *en parlais sans m'y arrêter, Ghazarain et Dècle >
qui ont suivi mes cours, le premier en 1885, le second en 1884 et 1885, ont appris de mon enseignement tout ce que je connaissais alors du magnétisme. Ils ont été frappés, plus que je ne l'étais moi-même, de ces courants, comme du parti que l'on pourrait en tirer en thérapeutique ; et en auteurs dont la probité scientifique est aussi inconnue que la plus élémentaire notion du savoirvivre, ils ont publié en 1887 un petit ouvrage ayant pour titre îles Courants de la polarité, dans lequel on ne peut observer qu'une erreur deux cents fois répétée.
Je ne veux pas les réfuter, moins encore les rectifier; toutefois, je dois dire quelques mots de leur système.
Ils prennent pour base de leur démonstration la théorie des courants de la pile. C'est parfait. En plaçant sur les deux côtés de la poitrine du sujet un fil métallique traversé par un courant, ils obtiennent des effets de « contracture » et de « décontracture », suivant que les courants de la pile et ceux du sujet sont dirigés en sens contraire ou dans le même sens. Mais ils ont déjà polarisé le corps humain à Tinvoïse de ce qu'il est, de telle façon que pour expliquer leurs premières expériences — qui sont très démonstratives — , ils sont obligés de faire circuler le courant du f)ôle positif au négatif à l'intérieur du corps, tandis qu'il circule dans la pile du négatif au positif. Voilà une première erreur, qui toutefois est sans
conséquence sur le résultat des expériences, puis qu'ils ont inversé la polarité du corps. Mais avec l'aimant, l'erreur est plus impardonnable. Ils emploient un fer à cheval appliqué sur la poitrine comme le courant électrique ; et dans l'aimant, ils font circuler le courant du pôle positif au né* gatif, de telle façon que le résultat de leurs expériences devait être inverse des précédentes, tandis qu'ils le donnent comme absolument conforme. Pour le magnétisme humain, ils se servent de l'application des mains qu'ils ont polarisées comme elles le sont réellement ; mais, — erreur aussi grossière que les précédentes, — ils placent la direction du courant des bras et des mains à l'inverse de ce qu'il est, c'est-à-dire à l'intérieur, du pôle positif au négatif.
En présence de semblables erreurs, on doit juger les auteurs au point de vue scientifique comme ils méritent de l'être sous le rapport de la probité, et ne retenir que l'idée qu'ils ont voulu développer. C'est ce que je vais faire le plus simplement possible.
Par ce qui précède, on peut admettre que le corps humain est sillonné par des courants, véritables flux de fluide magnétique, qui circulent comme dans des circuits, sous forme d'ondes successives.
En effet, on reconnait à l'expérience que chaque axe polaire est parcouru par un courant qui va, à
l'nitérieur du corps, du pôle négatif au positif, et à l'extérieur, du positif au négatif, comme le courant de la pile. Il y a donc des courants principanx, qui sont ceux de la polarité d'ensemble, etdes courants secondaires, qui sont comme autant de sous-courants ou de contre-courants, modifiant plus ou moins les premiers.
Les courants sont plus appréciables aux pôles que sur toute autre partie de leur trajet ; et comme je dis qu'ils vont d'un pôle à l'autre, c'est à l'un deux que je vais les prendre pour suivre leur direction approximative, d'abord à l'intérieur du corpsj ensuite à l'extérieur.
Le courant de l'axe latéral, qui est le plus im portant, monte par le côté gauche, jambe, cuisse, bras, cou, et arrive au cerveau, où il est à peine appréciable, pour descendre sur le côté droit. A l'épaule, il se ramifie ; une partie passe par le bras et l'autre suit le flanc, la cuisse, la jambe, jusqu'au pied. Là, il sort, décrit une courbe et va rejoindre le pied gauche pour continuer son perpétuel mouvement, comme l'indique la fig. 41.
On voit qu'à l'intérieur du corps le courwit se dirige du pôle négatif au positif ; et à rextérieur, en positif au négatif, comme le courant de la pile. Le courant des bras n'est qu'une ramification du courant latéral. Quand les bras sont allongés le long des jambes, il passe par celles-ci; quand les
mains sont rapprochées l'une de l'autre il passe directement de la main droite dans la gauche.
Le courant de Taxe antéro-postérieur descend le long delà colonne vertébrale, passe par le périnée, et remonte sur le devant du corps en suivant la ligne du nombril, le sternum, le milieu du cou, la pointe du menton, la ligne du nez et le milieu du front. Là, il suit, en dehors des pôles, la partie supérieure du crâne, qu'il contourne de Pavant à l'arrière, pour rentrer par le pôle négatif, qui se trouve au-dessus du cervelet.
FiG. 42. — Courant des bras
Jetons maintenant un rapide coup-d'œil sur les axes de la polarité secondaire ; et pour cela, prenons un bras allongé dans sa position normale. Le courant monte du côté du pouee, contourne l'articulation de l'épaule et descend par la ligne du petit doigt. A l'extrémité de la main, il sort par le pouce et l'index, fîg. 42, pour continuer son perpétuel mouvement. Le courant suit la même direction (à l'intérieur, du pôle négatif au positif ; à l'extérieur, du positif au négatif) dans les deux bras comme dans les deux jambes.
Dans les doigts, la direction du courant est la même. Il monte du côté du pouce, contourne Tarticulationmétacarpo-phalangienne, et descend du côté du petit doigt^ fig. 43.
Expérimentalement, les courants dirigés dans le même sens sont dits courants héléronomes ; dirigés ensens contraire, coi^ra«^5 isonowcs.Lespre-
FiG. 43. — Courant des doigts
miers attirent et calment, les seconds repoussent et excitent. Ils sont donc soumis aux lois qui régissent les courants électriques. C'est ce qu'il s'agit de démontrer, d'abord en employant les courants de lapile, quisont bien connus, ceux de Taimant, qui le sont moins, et ensuite ceux du corps humain, qui ne le sont pas du tout. Etudions d'abord ces manifestations à circuit fermé.
[§ I. — Circuit fermé.
I. — Prenons une pile quelconque, et fermons le circuit au moyen d'un fil métallique long de 7 è8mètres, dans lequel nous placerons uninyerseur du courant. Suspendons ce conducteur au plafond, ^r le milieu, de telle façon que les deux brancjies allant à la pile soient verticales et éloignées Tune de l'autre de 20 à 25 centimètres. Qu'un . sujet sen&itîf debout s'approche de face près des deux parties du fil, et mettons la pile ea activité. Si le courant monte en face du côté droit et descend en face du gauche, le sujet est repoussé et endormi avec d'autant plus d'énergie que le courant est plus intense ; si au contraire le courant monte à gauche et descend à droite, il est attiré et paralysé.
Que le sujet présente l'un de ses côtés à l'un des fils . S'il présente le côté droit au fil dans lequel monte le courant, il est repoussé ; s'il y présente le côte gauche, il est attiré. Les phénomènes inverses ont lieu s'il présente les mêmes côtés au fil qui reconduit le courant à la pile.
Avec l'inverseur du courant, on peut changer le sens de celui-ci, et, avec la plus grand facilité, vérifler ces actions sans que le sujet s'en doute, aussi bien sur la face antérieure du corps que sur la face postérieure. '
Or, comme nous savons que les actions iso-
iKwneB excitent et que les actions hétéronomes calment, nous comprenons déjà qxte les phénomènes que nous Tenons d'ol9(server ne peuvent être dûs qu*à la présence d'un courant qui .traverse le corps du sujet, que ce courant va à Tintérieur de -son corps du pôle négatif au positi comme dans Lapile, et que le courant de celle-ci agit Jiur lui comme sur un autre courant éléc-
IL — Prions le sujet de s^asseorr, plaçoiïs le -fil sur sa tête et sur les côtés latéraux du corps jusqu'au bout des pieds. Si le courant monte par le côté droit et descend par le gawjhe, le sujet s'endort ; i^il monte à gauche et descerHl à droite, il se paralyse.
En exceptant les phénomènes d'attraction ot de répulsion qui ne peuvent pas se produire «n raison de la position du sujet, les résultats de œtte expérience, que l'on peut également varier, sent identiques à ceux de la précédente ; et nous avons la certitude expérimentale qu'un courant parcourt l'axe latéral de la polarité du corps humain.
Vérifions de la môme lapon Taxe antéro-pos térieur.
in. — Replaçons le fil au pirfoud comme dans la première expérience, en évitant qu'il descende jusqu'à ierre, pour ne pas agir sur les jambes. Que le sujet se place face à l'un des fils, de telle façon que celui-ci soit placé aussi exactement
que possible sur le milieu du corps, et mettons la pile en activité. Si le courant monte le long du corps, le sujet est attiré et paralysé ; si au contraire il y descend, c*est la répulsion et le sommeil. Ces phénomènes sont inverses quand on applique le fil sur la colonne vertébrale.
On peut faire asseoir le sujet, placer le 111 sur le sommet de la tête, la colonne vertébrale et le milieu de la face antérieure du corps, les résultats sont identiques aux précédents, à Texception de l'attraction et de la répulsion, qui ne peuvent pas se produire.
L'existence du courant de l'axe antéro-postérieur nous est donc démontrée, et nous comprenons qu'il monte sur le devant du corps pour descendre le long de la colonne vertébrale.
Passons à la polarité secondaire, en employant une pile moins énergique que pour les expériences précédentes,
IV. — Agissons sur un bras allongé, le sujet étant debout ou assis. Plaçons le fil sur l'épaule, de telle façon qu'il retombe d'un côté sur la ligne du petit doigt, de l'autre sur celle du pouce, et mettons la pile en activité. Si le courant monte du côté du petit doigt et descend du côté du pouce, la contracture se déclare, s'il jnonte au contraire du côté du petit doigt, c'est de la paralysie.
Les mêmes effets se produisent sur les deux bras et sur les deux jambes.
On peut contracturer ou paralyser les deux bras en même temps en plaçant le fîl par dessus les épaules, de telle façon qu'il retombe d*un côté sur la ligne du petit doigt, de l'autre sur celle du pouce. Si le courant monte du côté du petit doigt, il y a contracture dans les deux bras ; s'il monte au contraire par celui du pouce, il y à paralysie.
V. — En modifiant des dispositions précédentes, on peut contracturer un bras ou une jambe en paralysant l'autre et réciproquement, et transférer ces effets d'un côté à l'autre .
En employant une pile moins énergique encore, on obtient les mêmes résultats sur les doigts, et l'on constate ainsi que chaque axe polaire est parcouru par un courant secondaire qui suit la même direction que les courants de la polarité d'ensemble, c'est-à-dire du pôle négatif au positif à l'intérieur comme dans la pile.
Reprenons les mômes expériences avec l'aimant. Prenons pour cela un fer à cheval ou un fort barreau, peu importe, et fixons sur chaque pôle une extrémité du fil qui servait à conduire le courant électrique des expériences précédentes.
VI. — Remettons ce conducteur au plafond^ comme dans la l^e expérience, et prions le suje de s'approcher de face vers les deux fils. Si le côté droit est placé près de la branche qui touche le pôle positif, et le gauche près de celle qui touche
le négatif, il est repoussé et endarmi, d'autant plus rapidement que l'action de l'aimant se transmet avee plus d'énergie. Si au contraire le côté gauche est devant le fil touchant le pôle positif et la droit devant celui qui touche le négatif, il est £^ré et paralysé.
ÂXL moyen de l'inverseur que l'on aura. laissé, dans le circuit, on peut à volonté changer sur chaque côté la nature des effets sans que le sujet s^en doute, répéter toutes les expériences que Ton a faites avec le courant électrique et bien d'autre» encore que je n'ai pas décrites, tant sur les axes d6 la polarité d'ensemble que sur ceux de la polarité secondaire, et acquérir bientôt la certitude la plus absolue que l'imagination du sujet n'est pour rien dans la production des phénomènes observés^ qu'il y a dans l'aimant un véritable courant de magnétisme physiologique déterminant sur l'organisme humain les mêmes effets que le courant de la pile, que la direction de ces courants est la même, c'est-à-dire du négatif au positif à l'iatérieur de l'aimant et du positif au négatif à l'extérieur, et qu'ils sont soumis aux mêmes lois^
Pour ne pas trop allonger cette description, je ne dirai plus rien de l'action du courant de Taimant et je passe à l'étude du courant latéral du corps humain.
Par les deux séries d'expériences qui précèdent, nous avons déjà la preuve que le corps hu-
main est intérieurement traversé par de» courants. Mais comment se comportent-ils èi Texférieur? Dans l'électricité, il n*y a courant appréciable au galvanomètre que lorsque le cirooit est fermé,' c'est-à-dire que les deux pôles de la pile sont réunis par un conducteur ; dans l'aimant, sans armature, on a une idée d'une infinité de courants qui vont d'un pôle à l'autre en jetant un coup d'œil sur le fantôme magnétique, et nous venons de constater qu'un courant inapprécLabla au galvanomètre s'établit dans un ûl qui relie las deux pôles . En serait-il de même des courants magnétiques du corps humain. Sortiraient-ila réellement de l'orjjjanisme par un pôle pour y rentrer par le pôle opposé . Se laisseraient-ils diriger dans un fil conducteur et produiraient-ilachez le sujet des effets analogues à ceux dé la pile et de l'aimant ? C'est ce que l'expérience va nous démontrer.
VII. — Pour cela, suspendons une fois encore notre fil au plafond comme dans la première expérience, qu'une personne quelconque prenne une extrémité du fil dans chaque main, et que le sujet s'avance vers les deux parties du fil, comme précédemment. Si son côté droit se trouve en face de l'extrémité du fil tenue dans la main droite, et conséquemment, le gauche vers celle de la main gauche, il y a répulsion et sommeil ; dans le cas contraire, attraction et paralysie.
.Au lieu de tenir le fil dans les mains, on peut le. fixer aux pieds, et les effets sont les mêmes sur le sujet, non seulement sur l'axe latéral, mais aussi sur l'axe antéro-postérieur et sur tous les axes de la polarité secondaire.
A l'aide de l'inverseur, que l'on aura encore laissé dans ce circuit d'un nouveau genre, on pourra changer à volonté le sens du courant et se rendre compte, une fois encore, que l'imagination du sujet n'est pour rien dans la production des phénomènes observés, mais que ceux-ci sont dûs à l'action d'un véritable courant qui suit le fil, comme avec la pile et l'aimant, que sa direction est la même, c'est-à-dire du pôle négatif au positif à l'intérieur du corps, du positif au négatif à l'extérieur, et qu'il obéit aux mêmes loi s physiques .
Ces résultats semblent confirmer la théorie dynamique qui admet un seul courant dans la pile , mais elle est insuffisante pour expliquer les résultats obtenus quand le circuit est ouvert.
§ II. — Circuit ouvert.
En parlant de courant électrique sans que le circuit de la pile soit fermé, on commet une véritable hérésie scientifique. Si cette hérésie est réelle pour l'électricité felle-même, elle ne Test plus pour le magnétisme de V électricité. Tant que
— celles deux éléments de la pile plongent dans le liquide corrosif, il y a décomposition chimique, et cette décomposition donne lieu à un flux de fluide magnétique, véritable courant'qui s'échappe de chaque pôle et qui peut être conduit à distance sur un fil, où il produit sur le sujet des effets analogues à ceux que nous venons d'observer dans un circuit fermé. Ces mêmes effets sont obtenus avec Taimant, en fixant un fil à l'un des pôles et avec le corps humain et le tenant dans une main. Je dirai plus, Taction de tous les corps et de tous les agents de la nature se laisse conduire à distance dans un fil, sous la forme d'un véritable courant, qui produit les mêmes effets si on se place dans lesconditions voulues. Cette particularité est très évidente dans l'étude des actions médicamen* teuses à distance.
Mais ici les phénomènes se compliquent ; et comme ils n'ajoutent rien à la démonstration des courants magnétiques du corps humain, je n'en ferai aucune description, me contentant seulement d'indiquer la voie aux chercheurs de l'avenir.
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ecOLB PRATIQUE DB MAGNÉTlSn ET DB SASSAGS