‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 4 sur 25 · FI6. 38. — COURANTS DB CHADFFIIIBNT · texte numérisé non relu

FI6. 38. — COURANTS DB CHADFFIIIBNT

dien, tout en constatant avec le sujet les manifestations du magnétisme aux extrémités de la tige, changeons-là lentement de direction, en dirigeant l'extrémité N vers l'O et l'extrémité S vers l'E, tout en ayant soin de laisser le milieu dans la

source de chaleur, comme l'indique la flg. 28. En arrivant vers la direction EO, les courants changent de direction dçins la tige, de telle façon que Textrémité qui donnait le courant positif au nord, donne lo^égatif à Touest; et réciproque ment, que Tautre qui donnait le courant négatif au sud, donne le positif à Test. Dans cette situation, supprimons la source de chaleur, le refroidissement fait immédiatement changer la direction des courants . Les courants de chaufîement étaient négalifs à l'ouest, positifs à l'est; ceux du refroidissement sont au contraire positifs à l'ouest et négatifs à l'est.

III. — Continuons nos investigations. Notre tigti est orientée da Test à l'ouest. Remettons au milieu la source de chaleur qui nous redonnera le courant positif à l'est, le négatif à l'ouest, et tournons lentement pour revenir dans la direction du méridien. Pendant cette translation, les courants ne changent pas de direction dans la tige. L'extrémité, O qui est venue au S, donne le courant négatif, et l'extrémité E, qui est venue au N, le positif, comme dans Texpérience précédente. Re tirons encore la source de chaleur, le refroidissement fait encore changer les courants de direction.

IV. — Continuons encore la translation de notre tige afin de ramener chaque extrémité aux points où elle se trouvait pour l'expérience II.

Elle est dans la direction du méridien, mais Textrémitô qui se trouvait au nord est au sud, et réciproquement, l'autre qui était au sud est maintenant au nord. Remettons la source de chAleur au milieu, et tournons lentement, de façon à ramener chaque extrémité de la tige dans sa position primitive. Le courant positif est au nord, le négatif au sud. En avançant pour prendre la direction EO, on n'observe plus de changement de direction dans le sens des courants. Ils restent là, à chaque extrémité, comme ils se trouvaient dans la direction NE. Avançant jusqu'à cette dernière direction, ils gardent encore leurs directions respectives. Et, bien entendu, le refroidissement les fait, comme toujours, changer de direction.

La direction des courants dans la tige ne tient donc pas à la nature de celle-ci^ mais au courant magnétique de la terre qui les dirige. Dans la direction N S, les courants de chauffemont sont dirigés dans le même sens que ceux de la terre et les courants de refroidissement, en sens opposé. De l'E à rO, les courants de chaufïement sont positifs vers Test, négatifs vers l'ouest, et les courants de refroidissement sont en sens opposé. Ces derniers paraissent présenter certaines analogies avec les courants électriques qu'Ampère suppose circuler autour de la terre de l'est à l'ouest pouj expliquer le magnétisme terrestre.

V. — Si nous tenons la tige verticalement, en continuant à la chauffer par le milieu, en projetant la flamme au moyen d'un soufflet, le courant positif s'échappe par le haut et le négatif par le bas; en se refroidissant, le courant négatif, s'échappe, au contraire en haut et le positif en bas.

Dans une tige courbée en fer k cheval et chauffée au milieu, les phénomènes se compliquent d'une façon inouie. Les courants changent de direction dans les branches selon que celles-ci sont dirigées horizontalement, vers les différents points de l'horizon, ou verticalement, en haut ou en bas, dans les différentes positions qu'on peut leur faire prendre l'une par rapport à l'autre. Et, il reste bien entendu que pour une position quelle qu'elle soit, les courants de refroidissement sont toujours inverses des courants de chauf • fement.

Comme les applications de ces manifestations sont sans utilité pratique, je ne les décrirai pas en détail. D'ailleurs, ce que je viens d'en dire suffît pour guider celui qui voudrait étudier plus à fond ces manifestations physiques aussi curieuses qu'inattendues.

g IV. Dans des plaques chaufiféea aa milieu.

I. — Prenons une plaque carrée, quelle que soit sa grandeur — pour faciliter les observations, il

est préférable qu'elle ait de 30 à 40 centimètres de côté — dirigeons les angles vers les quatre points cardinaux, et chauffant au milieu, nous observons bientôt un courant s'échappant par cha-

FIU. S9.

que angle, comme l'indique la fig. 29. Les courants sont positifs au nord et à Test, négatifs au sud et à Touest. En retirant la source de chaleur le refroidissement commence et les courants chan-

gent de direction : ils deviennent négatifs au nord et à l'est, positifs au sud et à l'ouest. Si on tourne lentement la plaque pour changer la direction respective des angles par rapport aux pointsde rhorizon, les mêrpes courants s'échappent par les mômes angles jusqu'à ce que ceux-ci aient parcouru 50 degrés, puis ils changent dans chaque angle de telle façon que l'angle dirigé vers le nord, par exemple, qui, pendant le chaufïement, donnait un courant positif, donna un courant négatif à l'ouest. Il en est de môme pour les autres. Les courants ont donc une tendance à s'écliapper par les angles comme l'électricité statique parles pointes; mais ils semblent être dirigés parle courant magnétique de la terre.

II. — Si, au lieu d'une plaque carrée, nous prenons une plaque ronde, dentée, comme une roue d'engrenage, nous observons autant de courants qu'il y a de dents autour de la plaque. Les dents qui regardent le nord et l'est donnent des courants positifs pendant le chaufïement et celles qui regardent le sud et l'ouest, des courants négatifs ; et pendant le refroidissement, ces courants sont inverses : vers le nord et vers l'est ils deviennent négatifs ; vers le sud et vers l'ouest, positifs.

Il est bien entendu que l'énergie de chaque courant n'est pas la même que dans la plaque carrée. Les quatre courants de celle-ci sont divisés et

d'autant plus faibles qu'ils sont plus nombreux dans la plaque dentée, toutefois ceux qui se dirigent vers certains points sont les plus énergiyies.

in. — Fhrenons maintenant une plaque ronde dont la circonférence soit bien polie, chauffonslà au centre comme les deux premières, et nous observerons des phénomènes analogues aux précédents. Pendant le chauffement, mais avec des intensités différentes, les divers points de circonférence, seront positifs vers le nord et vers Test, négatifs vers le sud et vers Touest ; et pendant le refroidissementles couranis deviendront inverses.

Si, à l'aide du fil de cuivre placé sur les différents points delà circonférence pour conduire l'action à distance, on étudie attentivement la nature des courants de chacun de ces points, on constate que dans la région du nord-ouest le chauffement donne naissance à un courant mixte qui détermine chez le sujet des alternatives de sommeil et de réveil, de contracture et de paralysie, comme l'action des deux courants réunis du corps humain, de l'aimant, de l'électricité, etc. Cette particularité sera étudiée au chapitre traitant de la Lumière magnétique.

Si nous disposons ces plaques verticalement,

toujours en les chauffant au milieu, en projetant la

f^mme, scuice de chakur au moyen d'un soufflet,

les phénomènes se compliquent encore beaucoup plus que dans la tige courbée en forme de fer à cheval; et comme on ne trouve aucune application pratique dans ces manifestations, je renonce a les décrire.

§ V. — Propriétés physiques du Magnétisme

de la chaleur.

Le magnétisme de la chaleur, ou plutôt Tagent qui prend naissance dans la combustion, à côté de la chaleur possède toutes les propriétés physiques que nous avons déjà observées dans le magnétisme du corps humain, dans celui de Taimant, do la terre, de Télectricité, et que nous observerons successivement dans le magnétisme de la lumière, des décompositions chimiques, des ondes sonores, etc., etc.

Pour ne pas trop répéter ce que j'ai déjà démontré, je me contenterai de dire que les rayons magnétiques de la chaleur sont réfléchis par les glaces, réfractés par les lentilles qui les réunissent e n un faisceau au foyer, décomposés, et plus ou moins réfractés par les prismes et recomposés au sortir d'une lentille bi-convexe comme les rayons lumineux; qu'ils se laissent conduire à distance sous forme de courants, dans un fil, comme l'électricité, et donnent lieu à certainsphénomènes d'ip

duclion; qu'ils saturent les substances exposées à leur action, peuvent ainsi être accumulés et transportés ; et par conséquent, qu'ils sont absor bés par certains corps, tandis que d'autres les laissent traverser.

On a pu se rendre compte que les effets que nous avons observés ne peuvent pas être attribués à la chaleur, pas plus qu'à Télectricité.En effet, dans une tige chauffée à une extrémité, si une main perçoit à l'autre extrémité une impression de tiédeur, l'autre y perçoit au contraire une impression de fraîcheur; et ces impressions sont inverses pendant le refroidissement, alors que la chaleur se propage dans la tige. Dans unetige chauffée par le milieu, la chaleur se propage avec la même vitesse vers les deux extrémités ; et malgré cela, la main perçoit de la tiédeur à l'une et de la fraicheur à l'autre. Ces impressions changent de nature avec le refroidissement, quand la chaleur continue à se propager vers les deux extrémités pour s'équilibrer dans la tige. En faisant tourner la tige de façon à présenter successivement chacune de ses extrémités vers les différents point de l'horizon, la chaleur reste la même aux extrémités ; et pourtant, la modalité de l'agent qui circule dedans change d'une extrémité à l'autre sous l'action du courant magnétique de la terre, qui est sans action sur la propagation de la chaleur.

Dans une tige chauffée au milieu, les deux extrémités qui donnent à la même main des impresions opposées, sont à la même température, comme on peut s'en rendre compte avec.un thermomètre délicatyD'autre part, ce que les sensitifs éprouvent n'est à proprement dit ni du chaud ni du froid, mais une action quelconque qui leur donnne la sensation de la tiédeur ou de la fraîcheur, ou tout au moins des sensations telles et qui déterminent chez eux une augmentation ou une diminution de la température du corps. D'ailleurs, il n'y a pas que la combustion qui produit de la chaleur; rélectricité, le mouvement mécanique, les décompositions chimiques en produisent. Il n'y a pas de lumière blanche sans rayons calorifiques; la pression, le choc, etc., donnent naissance à la chaleur et ne soçt pas de la chaleur. Enfin, la vitesse de la chaleur danaun conducteur est très faible, tandis que celle du magnétisme est beaucoup plus rapide.

La chaleur dégage de Télectricité, mais seulement dans certaines conditions indispensables pour la recueillir. Les piles thermo-électriques sont construites de telle façon que chaque couple est composé de deux môtaiix soudés l'un à l'autre et disposés d'une certaine façon. Un fil conducteur qui relie les extrémités libres de chaque élément, en passant par un galvanomètre, ferma lo circuit de la pile. Quand un rayon de chaleur tombe sur la soudure de façon à chauffer les deux

métaux, un courant se produit dans le circuit, et quand Faction calorifique cesse, un courant se produit iraméàiatement en sens inverse. Il y a dans ce phénomène de grandes analogies avec ce que nous avons observé dans la tige chauffée au milieu; mais dans celle-ci il n'y avait pas d'électricité, comme on pouvait s'en rendre compte en fermant le circuit de l'appareil sur un galvanomètre. En effet, les conditions nécessaires au développement de l'électricité n'étaient pas remplies, car notre tige était d'une seule pièce et d'un seul métal. De plus y aurait-il un courant électrique appréciable dans une tige métallique d'une seule pièce qu'il n'y en aurait pas dans une tige de bois, dans une corde, dans un tube de verre vide ou rempli d'eau et dans tous les corps que l'on peut employer. ^

Si ce n'est ni la chaleur ni l'électricité qui agissent dans les phénomènes que nous venons d'observer, il reste bien évident que c'est un agent inconnu qui prend naissance à côté ; et, puisque ses manifestations sont analogues à celles que l'on observe sous l'action du corps humain, de l'aimant, du magnétisme terrestre et de l'électricité, nous sommes obligés de reconnaître que c'est la même force qui agit ici. C'est donc un mode vibratoire de l'éther, une manifestation inconnue de l'énergie qui ne saurait être quels Magnétisme physiologique.

§ VI. — Lois du Magnétisme de la chaleur.

Gomme on Ta vu daas les § précédents, les lois qui régissent les manifestations du Magnélisme de la chaleur sont nombreuses et assez compliquées. En ne considérant que les principales et en les réduisant à leur plus simple expression, on peut les formuler de la façon suivante :

Première loi. —• Tout foyer de chaleur dégage une action positive qui se communique au milieu ambiant dans toutes les. directions.

2* LOI. — (Uintensité de cette action décroît au fur et à mesure que Ton s'éloigne de la source de chaleur, mais cette décroissance n'est pas en raison inverse du carré des distances, comme celle de lachaleur. Je n'ai pas cherché à calculer mathématiquement la loi qui préside à cette décroissance, mais son intensité me paraît se rapprocher de la formule dite du cube des distances . )

3« LOI. — Dans une tige chaiiffée à une de ses extrémités, le magnétittné est positif; il devient négatif pendant le refroidissement.

4e LOI. — Dans une tige ou dans une plaque quelconque chauffée au milieu, le magnétisme dégagé est positif vers le nord, vers Test et vers le zénith; il est négatif vers le sud, vers l'ouest et vers le

nadir. Cette modalité eitinTsrie psodant le rofroidissement.

5* LOI. ~ Appliquées sar le corps humain las actions magnétique R îBonomea de la cbalenr excitent ; tes actions bétéronomee calment.

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MAGIVÉTISIIIE DE L.A LUMIÈRE

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