‹ Traité expérimental de magnétisme, avec portrait de l'auteur et figures dansChapitre 5 sur 25 · I. Le Soleil et la Lune. — II. Les Couleurs · texte numérisé non relu

I. Le Soleil et la Lune. — II. Les Couleurs

La lumière est l'agent qui, par son action sur la rétine produit en nous le phénomène de la vision. La partie de la physique qui explique les manifestations de la lumière est désignée sous le nom à^ optique,

La théorie de Vémission et celle des ondulations ont servi successivement pour expliquer les phénomènes lumineux, comme les phénomènes calorifiques, magnétiques et électriques. Dans cette dernière, qui est seule admise aujourd'hui, les molécules des corps lumineux sont animées d'un mouvement vibratoire extrêmement rapide qui se communique à l'éther. Ce mouvement pénètre les milieux transparents de l'œil, vient frapper la rétine, et le nerf optique transmet au cerveau la sensation lumineuse .

Les ondulations donnant naissance à la lumière ne diffèrent guère des ondulations qui produisent la chaleur que par la fréquence et la rapi-

dite. Un corps Qhaud vibra et les ondulations qu'il transmet à l'éther sont animées d'une certaine vitesse, vitesse insuffisante pour ébranler la rétine et la chaleur reste invisible. Mais quand la température de ce corps est élevée à ui/certaîn degré, les vibrations, qui sont plus fréquentes et plus rapides, communiquent à Téther des ondulations visibles, car le mouvement calorifique s'est en partie transformé en mouvement lumineux.

On nomme corps lumineux ceux qui émettent de la lumière, comme le soleil, les étoiles et les corps en ignition. Les corps non lumineux sont visibles, mais k la condition d'être éclairés^ c'està-dire de recevoir de la lumière d'une source quelconque, lumière qu'ils renvoient dans toutes les directions par un effet de réflexion qui nous les fait voir.

Les corps qui se laissent facilement traverser par la lumière et au travers desquels on voit les objets, comme l'eau, le verre poli, sont dits corps diaphanes ou transparents. Ceux au travers desquels on perçoit encore les objets, mais sans pouvoir en distinguer exactement les contours, comme le verre dépoli, sont translucides^ et les corps opaques sont ceux qui ne se laissent pas traverser par la lumière, camme la pierre, le bois, les métaux. Cette opacité n'est que relative ; et l'an sait aujourd'hui qu'il y a dans les rayons lumineux qui impressionnent la rétine des rayons

obscurs qui ont néanmoins la propriété de traverser les corps dits opaques.

On nomrae- milieu y Tespace plein ou vide dans lequel se produit un phénomène. L'air, les gaz, Teau, le verre sont des milieux dans lesquels la lumière se propage. On dit qu'un milieu est homogène quand toutes les parties de sa composition et de sa densité sont les mêmes.

Dans un milieu homogène la lumière se propage en ligne droite. Elle change de direction lorsqu'elle rencontre un corps qu'elle ne peut traverser, ou quand elle pénètre d'un milieu dans un autre. Dans le premier cas, elle est réfléchie ; dans le second, elle est réfractée.

D'après les travaux de Rœmer, Struve, Foucault, la vitesse de la lumière est d'environ 108.000 kilomètres par seconde.

On nomme rayon lumineux la direction suivant laquelle les ondulations de l'éther transmettent la lumière, et faisceaUy un ensemble de rayons.

Lorsqu'un rayon lumineux tombe sur une surface polie qu'il ne peut traverser, une glace par exemple, il change de direction et ce changement prend le nom de réflexion Ce phénomène est soumis aux deux lois suivantes qui régissent également la réflexion des rayons calorifiques : 1" V angle de réflexion est égal à Vangle d'incidence ; 2* le rayon incident et le rayon réfléchi sont dans

un même plan perpendiculaire à la surface réfléchissante.

Lorsqu'un rayon lumineux pénètre obliquement d'un milieu dans un autre, de Tair dans l'eau, par exemple, il subit une déviation qui prend le nom de réfraction.

Dans l'air, le verre ordinaire, les liquides, le rayon lumineux, simple à l'incidence, reste simple après la réfraction : c'est la réfraction simple \ mais dans certains corps cristallisés, comme le spath d'Islande, le gypse, le rayon incident donne naissance èi deux rayons réfractés : c'est la double réfraction. Dans les études qui vont suivre, n'étudiant pas ce dernier phénomène, je ne donnerai que les notions du premier.

La réfraction simple est soumise aux deux lois suivantes : 1° Quelle que soit l'obliquité du rayon incident, le sinus de l'angle d'incidence et le sinus de l^angle de réfraction sont dans un rapport constant pour deux mêmes milieua), niais variables si les milieux changent) ^ le rayon incident et le rayon réfracté sont dans un mêmeplan perpendiculaire à la surface qui sépare les deux milieux.

Les instruments les plus employés en optique pour étudier la réfraction senties lentilles et les prismes. Us sont ordinairement en verre additionné d'une certaine quantité de plomb (crown-glass, f lint-glass) .

Les lentilles sont des milieux transparents qui,

vers la courbure de leurs surfaces, ont la propriété de faire converger ou diverger lès rayons qui les traversent. Celle qui reçoit le plus grand noml>re d'applications pratiques est la lentille bi" convexe. Les centres des deux surfaces de cette lentille sont dits centres' de courbure et la droite menée par ces deux centres est l'axe principal. On nomme foyers les points où vont se rassembler les rayons réfractés. Ils se divisent en foyer principal^ foyer conjugué et foyer virtuel. Quelques mots seulement au, sujet du foyer principal. — Les rayons d'un foyer lumineux placé à grande distance tombent sur la lentille parallèlement à son axe principal. En pénétrant dans la lentille, un rayon subit une déviation en se rapprochant de l'axe principal : puis, au sortir de la lentille, il subit encore une Seconde déviation et vient couper l'axe en un point. Tous les rayons subissant la même déviation, vont couper l'axe principal au même point. Ce point constitue le foyer principal de la lentille et la distance de celle- ci est dite distance focale.

JJn prisme est un milieu transparent compris entre deux faces planes inclinées l'une sur l'autre. La ligne droite formée par l'intersection de ces deux faces est l'arête du prisme et l'angle que font les deux faces est Vangle réfringent. Toute section perpendiculaire à l'arête est dite section principale. Les prismes employés en opti-

que sont des prismes triangulaires droits et leur section principale est un triangle.

Quand un rayon lumineux traverse un prisme, il se réfracte deux fois, dans le même sens : d'abord au point d'incidence en pénétrant dans le prisme, puis au point d'émergence en en sortant.

Quand la lumière du soleil pénètre d'un milieu dans un autre, on observe non seulemçnt la déviation, mais aussi la décomposition en plusieurs couleurs, c'est-à-dire en plusieurs espèces de lumières. Ce phénomène %st désigné sous le nom de dispersion. La décomposition de la lumière s'obtient facilement dans une chambre obscure en faisant passer un faisceau de rayons solaires à travers un prisme et en projetant les rayons réfractés sur le mur ou sur un écran. On reçoit alors une image colorée des belles teintes de Parc-en-ciel à laquelle on a donné le nom de spectre solaire. On remarque dans le spectre une grande quantité de teintes divisées en sept principales qui sont disposées dans Tordre suivant, à partir de la plus réfrangible : violet, indigo, bleu, vert, Jaune, orangé, rouge.

Si l'on fait repasser à travers un prisme l'une des couleurs du spectre en isolant les autres, on obtient encore la déviation, mais la lumière ne se décompose pas à nouveau ; c'est-à-dire que si l'on a laissé passer les rayons bleus on ne reçoit que des rayons bleus, ce qui démontre que les couleurs

du spectre sont simples, ou tout au moins indécomposables par 1© prisme.

La disposition des couleurs du» spectre montre également que celles-ci sont inégalement réfrangibles.

C'est Newton qui a découvert le spectre solaire, mais il n'a connu que la partie colorée tombant sous le sens de la vue. Le spectre possède des rayons obscurs et une étendue beaucoup plus grande. Il se divise en trois parties : i« les rayons lumineux qui composent le spectre à proprement dit; 2* r infra-rouge qui possède des rayons calorifiques plus puissants que ceux de la partie colorée ; 3o l'uUra-vioteé, aved des rayons presque dépourvus de chaleur, mais doués d'une très grande énergie chimique. Ce sont les rayons chimiques qui nous donnent les merveilles de la photographie.

On nomme polarisation une modification particulière des rayons lumineux, en vertu de laquelle, une fois réfléchis ou réfractés, ils ne peuvent plus se réfléchir ou se réfracter à nouveau dans certaines conditions.

La polarisation s'obtient par réflexion et par réfraction en faisant tomber un faisceau de rayons lumineux sur une surface plane et unie, sous un angle donné. C'est Vangle de polarisation j qui est de 32o28, pour le quartz,' 35*25, pour le verre, 37^15, pour Teau. Il est soumis à la loi suivante ; Vangle de polarisation est Vangle d'incidence

pour lequel le rayon réfléchi est perpendiculaire au rayon réfracté. On nomme plan de polarisation le plan de réflexion dans lequel la lumière se polarise. Ce plan coïncide avec le plan d'incidence, et contient conséquemment Tangle de polarisation. C'est dans ce plan qu'un rayon déjà polarisé ne peut se réfléchir sous l'angle de polarisation dans un second plan perpendiculaire au premier.

Pour obtenir la polarisation par réflexion^ on fait tomber un faisceau de rayons lumineux sur une glace de verre noir, sous l'angle de 35o25 ; la polarisation par réfr^aclion s'obtient en faisant tomber un faisceau de rayons sous le même angle sur une ou plusieurs feuilles de verre. Dans ce dernier cas, une partie des rayons sont réfléchis ; les autres traversent en se réfractant et la lumière est polarisée dans un plan perpendiculaire au plan de réflexion.

Après avoir exposé ces notions de physique classique, passons à la physique magnétique.

§ I. — Le Soleil et la Lane.

La lumière naturelle nous vient directement des étoiles et du soleil. Sans elle, la vie ne saurait exister à la surface de la terre ; et dans les cas où elle se manifesterait encore, tout y serait triste.

morne et désolé. Le soleil est Tastre bienfaisant par excellence ; et les longues nuits des régions polaires contribuent plus que le froid à la dégénérescence de Tespèce humaine et à la mort lente et progressive de la nature.

Les rayons de soleil pénètrent notre organisation tout entière pour y porter la chaleur, le moumentet la vie. La lumière nous stimule et nous excite. C'est sous son action que nous accomplissons le plus facilement la somme de travail que nous produisons, tandis que Tobscurité nous plonge dans Tinaction et dans le sommeil qui est rimage de la mort. G*est le soleil qui permet à la chlorophyle (matière verte) des végétaux de se régénérer en puisant dans le milieu ambiant la substance organique que nous y trouvons. A l^ombre, une plante verte s*étiole. Elle cesse d*emmaganiser du carbone et devient semblable à Panimal qui meurt d'inanition, c'est-à-dire qu'elle consomme son propre tissu.

Un proverbe italien dit que Les maladies viennent à l'ombre et se guérissent au soleiLhes Américains, gens pratiques entre tous, ont, depuis longtemps déjà, mis cette vérité en pratique pour le traitement de certaines maladies, surtout celles qui résultent d'un épuisement prématuré du système nerveux. Ils emploient V héliothérapie^ sous forme de bains de soleil \ et, paraît-il, les malades retrouvent rapidement les forces qu'ils ont perdues.

La lumière de la lune nous vient du soleil par réflexion, et son action sur l'organisme est différenle. Si les rayons deTastre du jour sont stimulants, vilaliâàteurs, reconstituants, ceux de Tastre des nuits invitent au repos, portent à la rêverie, à la mélancolie ; en un mot, les premiers sont excitants^ les seconds sont calmants.

Puisque la lumière exerce sur tout ce qui vit une aussi grande influence, elle doit posséder une action magnétique régie par les lois que nous connaissons déjà. Pour nous en rendre compte, suivons donc la voie qui nous est tracée par Tétude du magnétisme humain, du magnétisme propre à Taimant et au globe terrestre, à l'électricité comme à la chaleur, et étudions-là méthodiquement sous ces principaux aspects, en commençant par celle du soleil.

I. — Pendant que le soleil darde ses rayons bienfaisants, plaçons un sujet sensitif à Tombre, soit derrière un mur, soit dans une chambre près d'une fenêtre éclairée; et, le côté droit restant dans Tombre, prions-le de placer son côté gauche dans la partie éclairée et de nous rendre compte des sensations qu'il éprouve. Ceux qui n'ont aucune idée des effets du magnétisme seri»nt très surpris d'entendre le sujet affirmer que, dans la chaleur produite par Taction directe des rayons claires, il éprouve des sensations assez indéfinis-

sables dans lesquelles domine une sensation de fraîcheur agréable qui se répand dans tout son être. Prions-le de faire demi-tour sur lui-même afin de présenter son côté droit à la lumière, et la sensation de fraîcheur cessera immédiatement pour faire place à d'une tiédeur désagréable.

Maintenant, debout, s'il présente le dos à la lumière, il éprouve de la fraîcheur comme au côté gauche et sera attiré vers le soleil ; s'il y présente le devant du corps, ce sera, au contraire, de la tiédeur domme au côté droit et il sera repoussé.

Ce simple phénomène semble déjà, nous faire comprendre qu'il y a ici un agent quelconque qui ne saurait être la lumière telle qu'elle tombe sous nos sens, car son action serait la même sur toutes les parties du cort>s.

Poursuivons nos investigations sur ce domaine inconnu.

n. — Si deux agents différents exercent leur action sur le sujet dans l'expérience précédente, ils doivent se contrarier; dans tous les cas, il esi "difficile de faire la part de chacun. Tâchons donc de les isoler l'un de Tautre pour étudier plus facilement celui que nous supposons déjà être l'agent magnétique.

Pour cela, prenons une tige quelconque de 50 centimètres de longueur, soit de bois, de verre, de fer ; le sujet étant dans l'ombre, prions-le de tenir cette tige par un bout dans la main gauche

en plaçant l'autre dans les rayons du soleil. Il éprouvera presque immédiatement une sensation de fraîcheur agréable bien plus nettement caractérisée que dans Texpérience précédente, car la chaleur propre à la lumière n'est plus Ih pour contrebalancer cette action ; et si l'expérience se prolonge au-delà de quelques minutes, l'activité organique diminue dans la main et dans le bras et la paralysie ne tarde pas à se déclarer. N'attendons pas qu'elle ait envahi tout l'organisme. Plaçons la tige dans la main droite et la paralysie du bras gauche cessera peu à peu. L'activité étant revenue à son état normal, si on continue l'expérience, il se manifeste bientôt une sensation de chaleur, l'activité organique augmente et l'on observe dans le bras des contractions plus ou moins vives bientôt suivies de contracture. En continuant l'expérience, le sujet s'endort en passant par tous les états du sommeil magnétique.

Si nous plaçons le sujet debout, toujours dans l'ombre, et que nous dirigions une des extrémités de la tige vers son front sans le toucher, pendant que l'autre sera dans les rayons du soleil, la tête dusujet s'allourdira; il sera repoussé, et, en continuant l'expérience, il s'endormira en passant comme toujours partons les états du sommeil. Faisons lui faire demi-tour pour présenter Textrémité de la tige à la nuque ou même à n'importe quelle partie de la colonne vertébrale, des effets inverses se produiront : il se réveillera en repas-

sant parles mômes états, accusera une sensation de fraîcheur agréable et sera attiré vers la lumière. Entièrement réveillé, si on continue Texpérience, l'activité organique diminue de nouveau au-des sons de la normale, et Ton voit bientôt la paralysie complète se déclarer.

III. — Au lieu d'une tige, prenons un fil métallique de 10, 20, 50, 100, 1000 mètres de longueur, dont une extrémité plonge dans les rayons solaires, tandis que Tautre extrémité aboutit dans une pièce éloignée. L'agent magnétique versé dans le fil par ragent lumineux se transmettra à distance et Ton pourra reproduire, et cela avec beaucoup plus de précision, toutes les expériences précédentes. Gomme avec les agents que nous avons étudiés, on endort le sujet au front pour le réveiller à la nuque ; on le contracture adroite, le paralyse à gauche, et l'on transfère la contracture ou la paralysie d'un bras à l'autre et réciproquement.

Il est bien évident qu'il est impossible d'invoquer ici l'action des rayons calorifiques de la lumière qui ne transmet pas à cette distance,pas plus que celle des rayons chimiques. Et comme l'action qu© nous avons observée produit des elïets inverses sur les parties du corps de pol arité opposée, la présence de l'agent magnétique, comme dans le corps humain, dans l'aimant, le magnétismîei terrestre, l'électricité et la chaleur, nous est suffisamment démontrée.

rV. — Procédons d'une autre façon pour compléter encore cette démonstration. — Le sujet étant dans l'ombre, prions-le de regarder la lumière du soleil sur une surface quelconque, un mur par exemple, avec l'œil gauche en fermant le droit. Cette lumière lui paraîtra claire, belle, agréable ; tandis qu'en la regardant de l'œil droit, elle lui semblera moins claire et moins belle ; la tête s'alourdira, la vue se troublera, et, en prolongeant Texpôrience, il passera successivement par les états suggestif, cataleptique, somnambulique et léthargique.

Nous avons remarqué que le magnétisme de la lumière solaire produit des effets d'attraction, de fraîcheur, de calme sur toutes les parties négatives du corps : tandis qu'il détermine des effets de répulsion, de chaleur, d'excitation sur les parties positives. Gomme Tappli cation des pôles de même nom (application isonome) excite, tandis que Inapplication des pôles de noms contraires (application hétéronome) calme, il est évident que la modalité de l'agent magnétique qu'il nous envoie est positive.

V. — Quoique positive dans son action direptè, la lumière solaire contient des rayons né- ' 1gati!s. Pour le démontrer, polarisons par réfraction un faisceau de rayons lumineux en le faisant 'omber sous l'angle de polarisation sur deux ou

trois feuilles de verre ; et par les effets déterminés sur le sujet, nous pourrons constater que les ra- I yons réfléchis sont positifs, tandis que ceux qui i «ont réfractés sont négatifs.

Plaçons un fil métallique par une de ses extrémités dans les rayons réfléchis, et un autre dans les rayons réfractés pour les réunir en les tordant"^ ensemble, afin d'en faire un seul conducteur, nous observons que les rayons magnétiques décomposés par la polarisation ne se recomposent pas, car leur action sur le sujet détermine alternativement la contracture et le sommeil, le réveil et la paralysie.

L'agent magnétique se manifeste partout avec deux modalités opposées : positive d'une part, négative de Tautre. Nous venons de constater la première dans les quatre premières séries d'expériences ; où, dans la nature, peut se trouver la seconde ? Après avoir observé la lumière de Tastre du jour, observons de la même façon celle de Tastre des nuits.

VI. — Le sujet étant à l'ombre dans les conditions de la première expérience, prions-le de placer son côté droit dans les rayons lunaires, il éprouvera une sensation de fraîcheur agréable ; tandis qu*à gauche, ce sera, au contraire, de la tiédeur désagréable.

Le sujet étant à l'ombre comme dans la seconde

expérience, piions-le de tenir dans la main droite la tige de cette expérience et de placer Textrémité libre dans la lumière, tandis qu'il reste lui-même à Tombre ; il ne tarde pas d'éprouver une fraîcheur agréable ; mais bientôt l'activité de la main ôt du bras diminue ; et si l'expérience se prolonge, le bras se paralyse. Dans la main gauche, les effets sont inverses : la paralysie cesse, de la chaleur se fait sentir en même temps que l'activité organique augmentait; il y a bientôt de la contracture dans le bras, et le sujet s'endort en passant encore par tous les états du sommeil magnétique.

Sur un fil à grande distance, les effets sont analogues.

Etant dans l'ombre, si le sujet regarde la lumière de la lune avec l'œil droit, elle lui paraît claire, belle, agréable ; tandis qu'avec le gauche, elle lui semble moins claire, moins belle, et le laisse bientôt sous une impression de rêverie désagréable.

Vn. — Si nous prenons deux verres de la même eau et que nous exposions l'un pendant quelques instants dans la lumière du soleil, et l'autre pendant le même temps dans celle de la lune, dans les mêmes conditions de température et autres, l'eau du premier verre aura acquis une saveur acidulée qui la rendra fraîche et agréable ; tandis

que Tautre, au contraire, paraîtra alcaline, tiède, fade, nauséeuse.

Il y aurait donc intérêt surtout pour les personnes faibles et débiles à exposer aux rayons vivifiants du soleil, non seulement leurs aliments et leurs boissons, mais aussi leurs vêtements. L'habitude d'y exposer les objets de literie repose certainement sur des observations de cette nature.

Avec Veau de ces deux verres, on peut reproduire toutes les expériences déjà faites avec l'eau ou le s substances ' magnétisées par les divers agents étudiés précédemm^ent.

Le mag nétisme du soleil et de la lune agit donc sur les sensitifs d'une façon analogue mais polairement i nverse ; ce qui permet de reconnaître que le magnétisme solaire étant positif, le magnétisme lunaire est négatif.

Comme conséquence pratique, puisque l'on e mploie avantageusement la lumière du soleil dang le traitement des affections nerveuses caractérisées par de l'épuisement, on pourrait certainem ent employer la lumière de la lune pour combattre les affections caractérisées par un excès d'activité ou par la perversion de cette activité. L'agitation dans ses diverses formes, Thystérie et peut-être Tépilepsie pourraient bien trouver là un très puissant moyen de guérison.

Page 1