‹ Traité forestier pratique manuel du propriétaire de boisChapitre 2 sur 106 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

la France est de 9.5 millions d'hectares ; mais dans rintervalle, leur répartition entre les trois grands propriétaires, TEtat, les communes et les particuliers, s*est modifiée.

Le domaine de l'Etat a diminué, celui des communes est resté stationnaire, mais celui des particuliers a augmenté dans des proportions considérables.

En 1813 comme en 1791, évaluée à 2 millions d'hectares, l'étendue des bois des particuliers a été successivement portée, depuis, à 3.1 millions en 1823, à 5.6 millions en 1837, à 5.8 millions en 1841, et à 6.1 en 1865. Elle est actuellement de 6.5 millions d'hectares et le boisement continue.

C'est que nous sommes tributaires de l'étranger pour 133 millions de francs de bois communs, de ceux que nous produisons, et l'application de la chimie à la matière ligneuse ouvre aux forêts des débouchés nouveaux.

L'infériorité de notre production forestière est plus apparente que réelle. Elle vient de l'incertitude des méthodes forestières, qui a donné lieu à des mécomptes, et de la prime accordée aux bois étrangers par suite d'une erreur économique et sous prétexte de libre-échange.

Il faut 100 ans et plus pour produire les arbres de futaie. Que l'on admette par exemple, comme on l'a fait pendant bien des années, que l'on ne produise

PRÉFACE YII

les arbres de futaie qu'avec des sacrifices de temps et d'argent, et que cette culture ne soit pas rémunératrice, il n'en faut pas davantage pour déterminer des réalisations, avec cette pensée que le prix qu'on peut obtenir de la vente des futaies sera plus utilement employé ailleurs que dans la culture forestière.

Il est vrai qu'une fois coupées, les futaies ne se reproduisent qu'au bout d'un nombre d'années assez considérable, mais on ne peut en conclure l'infériorité de la culture forestière. En réalisant les futaies, on a fait, comme cela n'est arrivé que trop souvent, une fausse spéculation, et il est facile de le com^prendre.

Pour avoir à couper chaque année des bois exploitables de 100 à 150 ans, il faut entretenir dans la forêt toutes les classes d'âges intermédiaires entre le plant qui naît et l'arbre exploitable. Si Ton considère le jeune plant, faible et obscur la première année, il triple, quadruple et souvent même quintuple de volume pendant la deuxième année, c'est-à-dire qu'il s'est accru de 200, 300 et même 400 Vo. Le taux de l'accroissement diminue de la deuxième à la troisième année, et ainsi d'année en année, et ne sera plus que de 3 et même de 2 **/« quand l'arbre sera parvenu au terme de son exploitabilité. Mais l'infériorité de ce taux n'est qu'illusoire, et c'est là le point sur lequel il est essentiel 4*iûsister.

On sait, en effet, qu'en raison delà solidité dvi^W

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