Au printemps qui suit la coupe, les souches de
taillis se couronnent d'une très grande quantité de rejets dont beaucoup sèchent dès les premières années. Les plus vigoureux parmi ceux qui persistent s'élancent et forment pour la coupe suivante la meilleure partie du taillis. Les rejets de moindre vigueur poussent obliquement, et sur les souches d'essences vivaces, dans les taillis non éclaircis, on trouve encore, au moment de la coupe, des rejets qui traînent sur le sol. On remarque que les rejets droits sont les plus gros et les plus longs, que les autres rejets sont d'autant moins forts qu'ils sont plus inclinés et que les traînants restent petits. Les principes de la fertilité sont ainsi répartis entre des sujets qui ne les utilisent pas tous d'nne manière également profitable.
Dans l'intervalle des cépées, même dans les taillis où l'on ne conserve pas de futaies, il se produit des semis naturels provenant de graines apportées sans le concours de l'homme.
29. Dans les taillis non éclaircis, les cépées vigoureuses s'étalent le plus. Elles étouffent les brins de semence et même les cépées faibles.
30. Les rejets d'essences à bois tendre, qui poussent d'abord très rapidement, sèchent, les saules et les coudriers surtout, avant que les bois durs puissent être coupés.
31. Dans les bois durs couper : V les rejets traînants ; 2° parmi les rejets penchés ceux qui ne sont pas capables de venir à bien et ceux qui nuisent aux sujets droits, brins et rejets, et parmi ceux-ci quelques-uns des moins beaux lorsqu'ils sont trop nombreux. — Dans
les bois tendres et dans les essences secondaires, telles que les saules et les coudriers, couper tous les rejets lorsqu'il ne doit pas en résulter d'inconvénients, et dans ce cas n'en laisser que le nombre suffisant pour ne pas trop dégarnir, telle est Véelaircie.
32. L'utilité de cette opération est facile à comprendre : 1*^ en conservant les semis naturels qui auraient disparu et en donnant de la force à ceux qui se seraient étiolés, elle favorise le recnitement de la futaie dans les taillis composés et le remplacement des souches dans le taillis simple; T en dirigeant toute la sève sur les meilleures tiges, le taillis devient plus fort dans le même temps, ou, ce qui revient au même, le terme auquel il peut être exploité est avancé ; 3' en supprimant les sujets faibles et superflus, elle prévient le bois sec, qui attire les délinquants et est une perte de produit.
33. La lutte qui s'établit entre les rejets de souche n'est pas très sensible pendant les premières années qui suivent la coupe. C'est vers l'âge de huit ou neuf ans dans les taillis exploités de quinze à dix-huit ans, et de dix à douze ans dans les taillis exploités de vingt à vingt-cinq ans, que les peuplements commencent à souffrir de l'état serré et qu'on doit mettre en pratique les éclaircies.
Vers le même âge le taillis atteint son maximum d'accroissement, de telle sorte que deux hectares de taillis exploités de huit à neuf ans donnent autant de matière qu'un hectare de seize à dix^huit ans, et deux hectares de taillis de dix à dou26 ans autant qu'un hectare de vingt à vingt-quatre ani.
Pour abaisser à dix ans les révolutions de taillis, qui sont le plus souvent de quinze, vingt, vingt-cinq ans et quelquefois plus, et diminuer la charge de l'intérêt, il suffit de réserver glus de baliveaux de Tâge qu'il n'en faut pour le recrutement de la futaie, et de couper l'excès à la révolution suivante.
L'abaissement de la révolution des coupes de taillis peut dispenser de Téclaircie, mais il sera toujours avantageux de feire la préparation de baliveaux dont il est question au chapitre IV.