‹ Traité forestier pratique manuel du propriétaire de boisChapitre 26 sur 106 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

34. Le mot sapinière n*a pas partout la même signification. Dans les régions montagneuses où dominent le sapin et Tépicéa, il s'applique aux forêts composées de ces deux essences résineuses, lors même qu'elles renferment une certaine proportion de bois feuillus ou d'autres résineux.

Les forêts de pins ou pinières sont appelées sapinières dans certaines contrées.

35. En étudiant la section de la tige des arbres, on reconnaît que les couches concentriques dont elle est formée, représentant chacune l'accroissement d'une année, sont d'inégale épaisseur, et groupées par zones de couches minces alternant avec des zones de couches épaisses. L'accroissement était lent pendant les années correspondantes aux zones de couches minces, et rapide pendant les années correspondantes aux zones de couches épaisses. Ces zones, qui alternent quelquefois au

nombre de cinq ou six, correspondent à des périodes variables, d'une durée de dix à quarante ans et quelquefois plus. Elles ne sont pas toujours nettement séparées. On passe de Tune à l'autre par des transitions. Ainsi, d'une zone de couches minces on passe à une zone de couches épaisses par des couches qui augmentent d'épaisseur progressivement et en général très rapidement. On passe ensuite d'une manière semblable aux zones de couches minces par des couches qui diminuent d'épaisseur progressivement, généralement assez vite, mais moins cependant que dans l'alternative précédente.

Celte alternative de croissance rapide et lente a pour effet de ralentir l'accroissement et de diminuer l'homogénéité ligneuse. On évite ces inconvénients en renouvelant les coupes à des périodes égales et de courte durée, et en proportionnant le volume des bois exploités à l'accroissement qui se produit dans l'intervalle des coupes.

L'existence d'arbres qui ont échappé à ces alternatives de végétation et suivi une marche régulière confirme cette indication. Ils prennent de plus belles proportions et arrivent plus rapidement que les autres aux grandes dimensions. Les différences d'âge entre les arbres de même dimension varient quelquefois du simple au double et même davantage, de telle sorte qu'il y a dans les mêmes conditions de fertilité des arbres de soixante ans, par exemple, dont le cube et la valeur marchande sont égaux à. ceux d'arbres de cent vingt ans et plus, sans qu'il soit possible d'assigner à ces différences d'autres causes que celles des alternatives de végétation

Les périojdes de croissance lente commencent, pour un arbre, lorsque ses voisins plus vigoureux ont pris assez 4e développement pour le gêner et lui soustraire une partie de sa nourriture. Cet état de gêne est quelquefois si grand que le même arbre qui présente sur cer,taines zones des couches de 5 millimètres, en a dans d'autres zoi;ies qui oi;t moins d'un millimètre d'épaisseur, et que Ton ne peut quelquefois apprécier qu'à la loupe et après avoir fait, avec un instrument bien tran- . chant, ijine section indinée sur la tige.

36. Les particuliers ne font en général que deux sortes de coupes dans les sapinières : la coupe jardinatoire et la coupe rase. Il y en a une troisième, la coupe de régénération.

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