‹ Traité forestier pratique manuel du propriétaire de boisChapitre 28 sur 106 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

47. Par définition, la futaie est Tarbre de fortes dimensions, et la futaie pleine^ la forêt destinée plus particulièrement à produire de tels arbres et à se régénérer par la semence.

48. La futaie feuillue s'exploite d'après les mêmes principes que la sapinière, et Ton y rencontre les deux types décrits précédemment, la forêt d'âge gradué et la forêt d!âge mêlé ou jardinée,

49. Dans la forêt feuillue à' âge gradué, les coupes de régénération réussissent, le plus souvent, mieux que dans la sapinière. Mais dans le repeuplement naturel, outre les végétations adventices, les rejets de souche s'ajoutent aux brins de semence.

Les rejets de souche sont extraits et Ton regarnit avec des plantations auxquelles on emploie souvent et avec profit les essences résineuses.

Par les coupes de nettoiement on fait disparaître les essences adventices, ainsi que les rejets qui peuvent

survivre aux arrachis, et il ne reste plus que les essences précieuses pour le moment des coupes d*éclaircie.

Dans la forêt d'âge gradué, la conservation à Tétat complet des peuplements en bois de même âge, afin de prévenir la production des rejets de souche, des essences adventices et même des semis naturels jusqu'à l'époque des coupes de régénération, a pour eflet de ralentir l'accroissement. Le terrain devient sujet à la sécheresse quand le couvert s'élève, et ce mode de traitement est peu rémimérateur.

50. Il en est tout autrement avec la forêt jardinée. Le sol n'est jamais découvert, le semis naturel se produit partout, et dans le sous-bois les rejets de souche, aussi bien que les brins de semence, concourent à la fertilité et à la production. Des sujets d'élite se dégagent peu à peu et prennent place naturellement dans la futaie dès qu'ils atteignent un minimum de grosseur fixé.

La coupe principale, immédiatement suivie de la coupe de nettoiement avec préparation de quelques-uns des meilleurs brins, se renouvelle périodiquement, et enlevant dans chaque classe le matériel en excès, ramène chaque fois le peuplement à l'état normal.

51. La forêt est partagée en divisions égales. Elles servent à l'assiette des coupes qui se succèdent de proche en proche et suppriment en même temps, dans le sous-bois et dans la futaie, tout ce qu'il n'est pas utile de réserver.

En exploitant une division par an, les coupes annuelles seront d'égale contenance. Mais le produit de la futaie étant réglé pour chaque division en raison de sou

accroissement, qui varie avec la fertilité, les coupes d'égale contenance seront d'inégal volume.

Les coupes annuelles, pour être d'égal volume, chaque division ne fournissant qu'en proportion de son accroissement, devront comprendre une ou plusieurs divisions, et leur contenance totale sera inversement proportionnelle à la fertilité.

52. Les coupes reviennent toujours dans le même ordre, et leur périodicité détermine dans le sous-bois la gradation des âges de proche en proche.

Dans chaque division, le sous-bois est surmonté d'une réserve formant un étage supérieur de végétation dans lequel les arbres de futaie diffèrent entre eux d'une ou de plusieurs révolutions. Ils sont d'âge mêlé, non confusément, mais avec un certain art qui est de les choisir de bonne qualité, d'essences propres à la futaie, ni trop nombreux ni groupés de manière à se nuire et à préjudicier à Taccroissement.

53. La périodicité des coupes de taillis est d'une durée très variable. Avec les longues révolutions, vingt à vingtcinq ans et quelquefois davantage, la futaie ne peut être nombreuse, le taillis a beaucoup d'importance, et la forêt prend le nom de taillis sous futaie ou taillis composé.

Elle le conserve encore avec les courtes révolutions, bien que leur effet soit d'enlever la prépondérance du taillis et de la faire passer à la futaie, qu'il devient possible d'augmenter dans de très grandes proportions.

54. Dans les taillis, la réserve consiste en baliveaux, modernes et anciens.

FUTAIE FSUILLIJE. S

fi n'es^ pas iivfifféreiit de la cemposer en vieilles on en Jeunes futaies. Le coaArôle W doni^ le moyen de c^mr poser la réser^ 4e k &eon la pios «vantagettse^ de calculer le quamtum et le tmux de raooxmsemeQt de k âitaie, et âe rendre la coldire ibvefltière inleiraive ^ fé^ Hnmâratrice; c'e^ par Téâttcaticm de k fatâe qaeToit y parvient, et k fc»iBali(ai de k lésrare ^t rafiâve k plus importante de k gestion d^ taillis.

On doit toigiiars kii« nue résa:Te abondante «i baliyeanx de Fâge. Le surplus de oe qu^il k^ponr te pecror tement de k fataie à k réyoMîon sairamle s'expioilia •et donne te gros rondin et te menn bois d'industrie. On te peid dans te taillis par Tabaissem^it de k névolution ées coupes, lorsqu'on se propose d'arrÎT^ à k cnltore intenâve, mais Texcès de baliveanx à exploiter à k révolution suivante le donne par surcroît.

55. Dans nn taillis de d^ne de vingt ans, où tes baliveaux de rige vatent en moyenne ^ centimes, on ren^ contre ées snjets qui valent 50 et mteie 00 centimes pièce. Et il est digne de remarquer que ces sujets d'âite sont aicore ceui: qui, pendant la révolution suivante, prennCTt raccroiœCTi^it te ptns avantageux.

56. Si Ton étudie k c<Miformation des baliveaux d'âite et tes c(»iditions dans lesqndles ils se produisent, on reconnaît qu'ils ont cru sans être gê»és par te taillis^ et qae tenr tige est droite, ékiM^ée et d^urvne de branches basses. Le moyen de tes multiptter est donc de dégager ^ d'émonder quelqaes-uns des sujets les

(1) V. n- partie-

meilleurs et les mieux placés pour le recrutement de la futaie. C'est la préparation de futaie.

Cette opération peut commencer trois ou quatre ans après la coupe du taillis. Il suffit de cinquante ou mieux de cent brins, si on les trouve. En même temps on dégagera, s'il y a lieu, les plantations de forts plants qu'il est toujours avantageux de faire après la coupe W.

57. L'émondage se fait avec la serpette ou mieux au sécateur. Il suffît de le pratiquer sur les branches principales, celles qui tendent à troubler l'équilibre de la sève. Au lieu de les supprimer on peut se borner à les raccourcir.

. Ainsi pratiqué, il est peu dispendieux et s'appliquera utilement à quelques-uns des meilleurs rejets. — Il simplifie la taille des futaies pour plus tard et en dispense souvent.

58. Les vieilles futaies diminuent la production du taillis par leur couvert. Les branches basses sont les plus nuisibles. Elles peuvent déformer la tige et déprécier le bois de service.

Il est d'ailleurs bien connu que la futaie prend plus d'accroissement et s'élance davantage quand la tête et le fût sont entre eux dans une bonne proportion et que, par sa disposition régulière autour de l'arbre, le branchage assure l'équilibre de la sève.

Par la taille on peut rectifier l'arbre, diminuer son couvert et augmenter sa longueur de fût.

Utile aux arbres jeunes, celte opération est dangereuse

(1) V. Traitement et aménagement.

sur les vieilles futaies. On ne doit ni suprimer ni raccourcir de branches, mais seulement diminuer celles qui sont trop fortes. A cet effet on enlève une ou plusieurs de leurs ramifications, travail qui n'exige pas les mêmes soins que la taille.

59. L*élagage n'est utile qu'exceptionnellement dans la futaie pleine. Il se fait rez tronc sur les arbres résineux, lorsqu'ils ont atteint le minimum de grosseur à partir duquel ils comptent dans la futaie. S'il doit s'élever à plus de 3 mètres de hauteur, il convient de le faire en deux fois, avec un intervalle de six ans au moins entre les deux opérations. Jamais il ne doit s'élever à plus du quart de la hauteur de l'arbre.

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